Bull, de la Soc. d'Anthropologie, 1885, p
PARALLÈLE DE L'flOMM E ET DES SINGES. 61
Pilhéciens ont, en effet, vingt dents de lait et trente-deux dents permanentes, réparties delà même façon. Les Cébiens ont à chaque mâchoire deux prémolaires en plus, soit vingtquatre dents de lait et trente-six dents permanentes.
La Forme des diverses sortes de dents est fort semblable de part et d'autre. N'était le volume absolument plus fort des dents du singe, on serait assez embarrassé, en présence d'incisives, de canines, ou de prémolaires isolées, de décider si elles proviennent d'un pithécien ou d'un homme. Ce ne sont pas les très légères différences dans la constitution des vraies molaires qui infirmeraient ce fait général. La forme de la couronne de ces dents peut être ramenée, chez l'homme et chez les antliropoïdes, à un même type, qui se retrouve également chez les alouates et les atèles, savoir : aux molaires supérieures, deux tubercules externes et deux internes, l'antéro-inteme uni au postéro-externe par une colline oblique; — aux molaires inférieures, trois tubercules externes, deux internes, avec une colline entre les deux antérieurs et une autre entre les deux postérieurs. La présence de tubercules accessoires ou l'absence d'un des tubercules principaux constituent des différences secondaires, qui souvent sont purement individuelles : ainsi, le cinquième tubercule postéroexterne manque assez fréquemment à la deuxième molaire chez l'homme de race blanche S tandis qu'il existe dans les races inférieures actuelles (Webb, Magitot) et préhistoriques (Broca), comme chez les anthropoïdes ; mais il manque aussi à la dernière molaire inférieure chez le chimpanzé noir, et, au-dessous des anthropoïdes, la forme tétracuspidée des molaires inférieures est la règle presque générale. Les faits ne permettent donc pas d'accepter, avec Priîner-Bey, que la disposition pentacuspidée est constante chez les singes, et, le fût-elle, l'homme la partagerait avec ceux-ci.