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BOTELACQOB et 6. HIHVÂ. — Anthropologie. 6
%t PR&CiS D'ANTHROPOLOGIE.
On a invoqué la plus grande complexité des racines des prémolaires chez les anthropoïdes^ mais nous verrons que si c'est là un caractère animal, Thomme le montre parfois, et que ses prémolaires supérieures peuvent être pourvues d'une double racine.
Le volume absolu des dents ne fournit pas davantage un caractère distinctif. Entre les dents puissantes du gorille et celles du chimpanzé (qui est le gem*e dont le système dentaire se rapproche le plus de celui de Thomme), il y a autant de différence qu'entre les petites dents du Basque et celles de l'Australien ou du Néo-calédonien. Ce que Ton a appelé les défenses du gorille et de l'orang ne sont que des canines extrêmement longues et fortes; mais, chez les cynocéphales, ces dents sont proportionnellement beaucoup plus longues eocore. Les canines des anthropoïdes ne dépassent pas plus le niveau des dents voisines, par rapport à ce qui existe chez l'homme, que les canines du papion comparées à celles da semnopilhèque. Les canines peuvent, d'ailleurs, prendre un foi t développement dans les races inférieures et y dépasser 1(3 niveau des autres dents. En général, cependaot, celles du singe sont plus développées, et il en résulte sur la face antérieure du maxillaire une saillie marquée correspondant à leur alvéole (crête canine).
Divers observateurs, et notamment Pruner-Bey, ont beaucoup insisté sur une prétendue différence concernant le volume relatif des molaires. Le volume de ces dents s'accroîtrait suivant un ordre inverse chez l'homme et chez les i^inges : chez le premier, les molaires iraient constamment en diminuant de la première à la dernière; chez les seconds, l'ordre serait croissant dans le même sens. C'est beaucoup trop absolu. Prûner-Bey lui-même a signalé des exceptions chez le gorille, quant au volume supérieur de la dernière molaire par rapport à la seconde, et chez le chimpanzé, ainsi
que chez plusieurs autres singes, la gradation est, comme ordinairement chez l'homme, décroissante d'avant en arrière. L'ordre, d'ailleurs, n'est pas constant chez l'homme. Quelquefois, surtout dans les races inférieures, les trois molaires sont de volume égal. La progression décroissante, de la première à la dernière, est déjà moins marquée chez le Nègre que chez le blanc, et elle devient inverse, c'est-à-dire simienne, chez le Néo-Galédonien et TÂustralien, de même que sur certains crânes préhistoriques (exemple, la mâchoire delaNaulettc).
On a voulu, sans plus de succès, appliquer la même loi au volume des prémolaires. Elle s'est trouvée de même doublement démentie : sur le gorille, sur le gibbon fossile connu sous le nom de Dryopithuus Fontanœ^ souvent sur le chimpanzé, la seconde prémolaire est plus petite que la première. Dans les races humaines inférieures, l'inverse se voit parfois.
L'arrangement des dents sur l'arcade alvéolaire a été donné comme caractéristique chez Thomme. Les dents humaines forment, en effet, une série continue et régulière, sans interruption et sans saillie notable de l'une des dents au-dessus du niveau commun, particularité que n'offre aucun autre mammifère, sauf un pachyderme fossile, l'anoplotherinm. Sur la plupart des crânes de singes, on remarque, au contraire, une lacune on intervalle appelé diaslème^ situé : à la mâchoire supérieure, entre les canines et les incisives latérales; à la mâchoire inférieure, entre les canines et les premières molaires. Ces vides reçoivent à chaque mâchoire la partie saillante de la canine opposée. Ils sont considérables chez les singes à fortes canines comme le gorille et le mandrill, mais ils se montrent chez ceux-là mêmes qui, tels que le chimpanzé, ont les canines moins développées. Il ne s'agit pas là, toutefois, d'une interruption véritable de la série
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denlaire, mais d'un simple écartement mécanique. Gela est si vrai, que Ton observe parfois, surtout chez le gorille et chez Torang^ une déviation et une déformation notables de la première prémolaire inférieure. Le diastème n'existe pas, d'ailleurs, chez tous les singes, et il est fort peu marqué chez certains d'entre eux. Ajoutons enfin que la série dentaire n'est pas toujours continue chez l'homme. La canine dépasse souvent un peu le niveau des autres dents, et se loge dans un vide ménagé entre les sommets des dents opposées^; on rencontre même, rarement il est vrai, des crânes offrant le diastème simien (Broca). Celui-ci n'est, en résumé, qu'un caractère de médiocre valeur zoologique et subordonné au développement variable de la canine.
Nous n'attacherons pas beaucoup plus d'importance au prognathisme incisif; car, s'il caractérise la plupart des singes, il est très peu marqué chez le chimpanzé et chez le papion dont les incisives sont presque verticales, et il existe dans certaines races humaines.
A défaut des caractères tirés de la denture, dont aucun n'est suffisant pour légitimer la distinction de deux ordres, on a fait intervenir le caractère, plutôt physiologique qu'anatomique, de l'évolution dentaire. Là non plus, les faits n'ont répondu à ce qu'on en attendait. Il résulte de ceux qu'a réunis Magitot', que, pour les dents temporaires, l'ordre de succession est exactement le même chez les anthropoïdes et chez l'homme. Pour ce qui est des dents permanentes, Magilot n'a pas confirmé l'opinion d'Owen, fondée sur l'examen d'un cas individuel, et d'après laquelle, chez l'orang, les secondes molairessortiraient avantlesprémolaires. L'époque de lasortie de ces molaires se place, . à n'en pas douter, après celle des canines, chez les anthropoïdes comme chez les Hominiens.