ANGLE DE TORSION
Prançai» 164*
Nègres 144®
GoriUe liflî)
Chicnptnsé 128*08
Oranit 1 20«25
Gibbon il2»
Semnopithèque 110"
Magot 106*33
Mandrill 08»33
Alèle 98*
Alouate 100*
Maki 95*
Carnassiers 94*9
On voit, tout d'abord, que, même chez l'homme, l'angle de la torsion n'atteint pas deux angles droits. L'inversion de 180* subie par le coude est, en effet, la donnée de deux termes, dont l'un est le degré de torsion de l'humérus et
i08 PR£CIS D'ANTHROPOLOGIE.
Taulre le degré d'inclioaison de Tomoplate qui en est le supplément; or, ce n'est que très exceptionnellement que la cavité glénoîde de l'homme est tournée directement en dehors, presque toujours elle regarde un peu en avant. On voit encore que la torsion de l'humérus atteint son maximum dans l'espèce humaine, et qu'une torsion approchant de deux angles droits doit être considérée comme un caractère de bipède. Par là, les anthropoïdes se rattachent manifestement à ce type. Il existe une transition insensible entre leur angle de torsion et celui de l'homme, transition ménagée par les races humaines inférieures. L'humérus du gorille présente une torsion moyenne à peu près aussi considérable que celle des humérus humains inférieurs, et si l'on considère les limites extrêmes de variation, on voit qu'il peut y avoir empiétement d'un groupe sur l'autre (minimum de l'homme : lld"", maximum du gorille : 471'). Enfin, tandis que les anthropoïdes se séparent par ce caractère des singes inférieurs, la transition entre ces derniers et les quadrupèdes francs se fait d'une manière insensible.
Os de Vavant'bras. — Ils sont plus incurvés chez les anthropoïdes, d'où une plus grande largeur de l'espace interosseux. Le cubitus notamment présente chez le gorille une forte courbure à concavité antérieure, qui s'étend à son quart supérieur. Ce caractère se retrouve sur quelques cubitus humains préhistoriques.
Ch. Martins a montré que l'olécrâne fournit un excellent caractère de différenciation entre les Primates : chez les singes ordinaires, cette saillie est aplatie transversalement comme chez tous les mammifères quadrupèdes, chez lesquels le tiraillement continuel exercé par le triceps sur le coude fléchi allonge l'olécrâne aux dépens de sa largeur, tandis que, chez l'homme et les anthropoïdes, elle est plus large qu'épaisse et aplatie d'avant en arrière.
Main. — Le squelette de la main est semblable, pour la structure, chez tous les Primates. Longtemps on a pu croire que les singes pithéciens et cébiens, ainsi que le gibbon et Torang, ont au carpe un os de plus, que l'homme ne possède pas : c'est l'os décrit en anatomie comparée sous le nom à'os inteimédiaire (Blainville), d'os central dû carpe; il est situé entre le scaphoïde, le trapèze et le grand os. Mais le chimpanzé et le gorille ne l'ont pas plus que l'homme, du moins à l'état indépendant^; et si, chez ce dernier, il a disparu sur le squelette développé, il fait partie du plan primitif de la main. Des travaux récents (Henke et Reyher, Rosenberg, Leboucq) ont montré, en effet, que cette pièce se trouve représentée chez l'embryon par un nodule cartilagineux compris entre le scaphoïde et les trois premiers carpiens de la rangée inférieure. Ce nodule, qui apparaît vers la cinquième semaine, disparaît bientôt par fusion avec le scaphoïde. La soudure commence vers la (in du deuxième mois; elle est généralement complète déjà avant la fm du troisième*. On possède toutefois un certain nombre d'observations de cas anormaux, dans lesquels le central a persisté distinct toute la vie (W. Grùber, Friedlowsky , Turner, Leboucq), et, d'après Leboucq, il existerait dans la majorité des cas, à la face dorsale du scaphoïde de Tadulte, au-dessus de la facette trapézoïdienne, un vestige évident de cet os, sous la forme soit d'un tubercule, soit d'un sillon plus ou moins profond *•
1. LVxamen du carpe du chimpanzé, comparé à celui de l'orang, montre que ^ scaphoïde du premier représente le scaphoïde soudé au central du second. Cette soudure peut également s'observer quelquefois, par anomalie^ chez Torang, ainsi que Tout vu Camper {De VOrang^utang, in Œuvres, trad. franc., t. I, p. liM43) et Leboucq.
2. Cf. Leboucq, DuU. de VAcad. roy. de Belgiqttey 3' série, t. IV, 1882.
3. De l'augmentation numérique deê on du carpe humain (Extr. des Ann. ^ 'a Soc. de Méd. de Gand, p. 3).
ilO PRÉCIS D'AHTHROPOLOGIE.
B. — HIVBRI8 PBLVtBNS
Fémur. — Le fémur est une des pièces du squelette qui offrent le plus de constrastes, des anthropoïdes à l'homine.
Le col fémoral des anthropoïdes est .peu incliné sur le corps de Tos, et les deux diaphyses sont presque parallèles : c'est encore la conformation du quadrupède. Chez l'homme, Tobliquité du col s* est accrue et Tangle qu'il fait avec le corps est devenu plus petit. 11 mesure de lâO" à 130"*, et peut être voisin de Tangle droit chez la femme. Mais, ici également, il existe des intermédiaires : l'angle est plus ouvert chez le fœtus et à la naissance que chez l'adulte, et les recherches de Kuhff {Rev, d'Anthrop.^iSlby p. 430) semblent établir que cet angle a diminué depuis les temps préhistoriques. De 1S5* sur les fémurs des cavernes de la Lozère, il n'est plus que de 122" à l'époque des dolmens, de 119'' à l'époque carlovingienne. Il y a donc là un caractère d'évolution, lié, semblet-il, au perfectionnement de l'attitude bipède. Ce caractère marche de pair avec celui de l'inclinaison de l'axe du corps fémoral, qui, vertical ou à peu près vertical chez l'anthropoïde, devient oblique en bas et en dedans chez l'homme, son extrémité inférieure faisant avec la perpendiculaire un angle ouvert en haut d'environ 15°. Les variations de l'obliquité du corps ont lieu en sens inverse de celles de l'angle du col ; elles donnent lieu, d'ailleurs, aux mêmes remarques, et la sériation, par rapport à ce caractère, s'établit suivant le même ordre : l'homme est en progrès sur l'anthropoïde, l'adulte sur l'enfant (chez le fœtus, les deux fémurs sont presque parallèles), les races supérieures sur les inférieures. L'angle de l'obliquité, qui mesurait 9*75 sur les fémurs des cavernes de la Lozère, s'élevait à 11' à l'époque des dolmens, à IS"" aux époques gallo-romaine et carlovingienne (Kuhff.
PARALLÈLE DE L*H0MI1E ET DBS SIHGES. 111
lùc. cit.). Il résulte de cette inclinaison du fémur humain que les deux condyles en sont inégaux, tandis que, chez les anthropoïdes, ils sont situés presque sur le même plan.
La diaphyse du fémur humain se distingue par l'existence de la ligne saillante dite ligne âpre, qui en longe la face postérieure. La saillie et l'épaisseur des lèvres de cette ligne peuvent s'exagérer beaucoup chez certains individus : soulevées en crêtes dont le relief est encore augmenté par l'ex-*cavation des faces voisines, et séparées par un large interstice rugueux, elles forment alors une sorte de colonne ou de mur-boutant, qui règne dans les trois cinquièmes moyens de la diaphyse et en augmente notablement les dimensions antéropostérieures (fémurs à colonne, à pilastre). Cette exagération de la ligne âpre est un des caractères les plus frappants de l'une des races qui ont peuplé l'Europe occidentale aux âges préhistoriques (race de Cro-Magnon). On l'observe sur presque tous les fémurs des troglodytes de la Vézère et de THomme-Mort, ainsi que sur ceux des anciens Guanches des Canaries. Sur deux cents fémurs parisiens du iv* au x* siècle, le fémur à colonne s'est encore trouvé dans la proportion de m pour 100. La ligne âpre est presque effacée ou manque absolument chez les singes, y compris les anthropoïdes, les muscles qui s'attachent à ce niveau n'intervenant plus que faiblement, en raison de la flexion habituelle de la cuisse sur le bassin. La forte saillie de cette ligne sur les fémurs préhistoriques est donc tout l'opposé d'un caractère simien; mais Teffacement de la ligne âpre a été observé sur le squelette de la femme bochimane connue sous le nom de Vénus hottentote, et, d'après DesmoulinsS cette particularité serait commune à tous les Bochimans.
L'existence de la ligne âpre fait que le fémur humain présente une coupe prismatique et triangulaire à arête posté-