L. Testut, op. cit., p
différences musculaires de deux sortes : les unes en rapport avec l'attitude — celles-ci se montrent, non entre l'homme et les anthropoïdes, mais entre les anthropoïdes et les deux dernières familles simiennes ; — les autres, uniquement de 4étail, tenant à retendue de l'insertion de tel ou tel muscle, à son volume relatif, au degré d'indépendance de ses faisceaux : elles peuvent avoir une certaine importance physiologique, elles constituent rarement de véritables caractères anatomiques, et, d'ailleurs, elles sont généralement moindres entre l'homme et les anthropoïdes qu'entre ceux-ci et les autres sinip^es. En se bornant aux difTérences absolues, trois caractères seulement, caractères négatifs, séparent l'homme des autres Primates : Tabsenre de l'acromio-trachélien et du
scalène intermédiaire, l'absence de l'accessoire du grand dorsal, l'absence du sous-pectiné; et si Ton tient compte des cas individuels qui laissent revivre ces formations, on est autorisé à dire que l'appareil musculaire est constitué semblablenaent chez l'homme et chez les singes.
g 3. — Appareil cutané et organes des sens
La répartition du système pileux est la même chez tous les Primates, c'est-à-dire que toute la surface cutanée, à l'exception de parties très limitées, telles que la paume des mains et la plante des pieds, donne implantation à des poils, même chez les individus les plus glabres; mais ces poils sont bien moins développés chez l'homme que chez les singes. Le système pileux de l'homme est arrivé sur toute la surface du corps à une atrophie à peu près complète, sauf en certaines régions : la tête, les sourcils, les aisselles, le pubis, et, chez le mâle, les lèvres, le menton et les joues. Toutefois, il ne disparaît jamais entièrement; les poils restent simplement rudimentaires (poils de duvet). Les seules parties tout à fait
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glabres sonl, outre la paume des mains et la plante des pieds, la surface des paupières, le pénis et le prépuce. Mais, si Ton examine le fœtus vers le sixième mois, on le trouve uniformément recouvert d'un poil court et rudiraentaire (lanugo)y dont la direction est la même que chez les singes catarrhiniens. Ce revêtement laineux est destiné à tomber complètement après la naissance, pour faire place à d'autres poils (poils secondaires ou de remplacement), émis par des follicules de nouvelle formation ^ A part les différences de longueur et de grosseur des poils, l'homme adulte lui-même ne se distingue pas essentiellement des autres Primates, quant au développement relatif de ces formations aux diverses régions, à leur mode d'implantation et de distribution. Beaucoup de singes, appartenant aux trois familles simiennes, ont le visage orné de barbe, de favoris ou de moustaches, apanage du sexe masculin, ou la tète recouverte de cheveux pouvant atteindre une grande longueur '. La disposition en tourbillons se voit de part et d'autre, et si le tourbillon des poils de la tête est transporté à la nuque chez l'orang (Ecker), il est manifeste que, dans d'autres espèces (le bonnet-chinois, par exemple), les cheveux rayonnent comme chez l'homme d'un point du veriex qui correspond sensiblement à l'obélion. La convergence vers le coude des poils du bras et de l'avant-bras s'observe chez l'homme comme chez les anthropoïdes. On pourrait, il est vrai, invoquer comme difTérence la répartition inverse des poils, plus abondants sur la face dorsale du tronc et des membres chez les singes comme chez les mammifères, tandis que les poils de l'homme, lorsqu'ils atteignent à la surface du tronc le développement de poils véritables, sont plus abondants et plus longs sur la