Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1884, p
de mammifères, possèdent ces organes foliés, mais l'homme en présente également les rudiments (Krause).
§ 4. ~ Appareil de la digestion
Par la Torme de la langue, les anthropoïdes diffèrent peu de l'homme, tandis qu'ils diffèrent beaucoup des Cébiens dont la langue est longue, déliée et pointue.
Les glandes salivaires ne présentent d'autre particularité distinctive que la constitution des glandes de Nuhn ou de Blandin : ces glandes forment chez un grand nombre de singes une masse glandulaire unique, disposée en fer à cheval au-dessous du frein de la langue (Deville, Broca). Paires et latérales chez l'homme, elles peuvent toutefois, lorsqu'elles se développent davantage, se réunir en avant (glande de Deville) ; Deville considère même cette disposition comme la règle*. Broca, d'autre part, a constaté sur le chimpanzé l'existence de deux glandes distinctes.
Vestomac ne présente, des anthropoïdes à l'homme, que des variations de dimensions; les différences sont ici entre les semnopithèques et les colobes, d'un côté, qui ont l'estomac multiloculaire, et, de l'autre, le reste des Primates qui l'ont simple.
La longueur des intestinsy en rapport avec le régime alimentaire de l'animal, est de six à sept fois la longueur du corps chez l'homme : c'est à peu près la même que chez les anthropoïdes (sept à huit fois la longueur du corps) et les Pithéciens (cinq à huit fois la longueur du corps), un peu moindre cependant; l'homme, herbivore par sa nature originelle, est devenu omnivore, tandis que les singes
1. Med. Timet and Gautie, 1864, vol. I, p. 305; Bull, de la Sœ. malomique, 18 avril 1879.
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(quelques Gébiens exceptés) sont essentiellement herbivores et frugivores. Les valvules conniventes du duodénum ne sont pas exclusivement propres à l'homme, quoi qu'en ait dit Alix. Bien qu'elles manquent souvent chez Torang (Camper, Broca, Ghudzinski), elles ont parfois été observées chez cet anthi'opoide, de même que chez le gorille ^ Le cœcum^ réduit chez la plupart des singes à sa portion vestibulaire, montre cependant chez quelques Pithéciens un rudiment d'appendice'; mais cet appendice, vestige atrophié de l'immense cal-de-sac ou divorticule caecal des herbivores (Broca), se développe surtout chez les anthropoïdes, chez lesquels, le gibbon excepté, il est plus long que chez l'homme. Non seulement l'appendice vermiculaire n'est pas spécial à ce dernier, mais il réalise le même type morphologique chez tous les Primates supérieurs. La forme de celui de l'orang, qui est un peu différente, n'est que l'exagération de la dis* position présentée par le fœtus humain. Les anthropoïdes partagent avec l'homme une autre disposition, qui est la conséquence de leur attitude déjà presque bipède : le caecum est fixé sur la fosse iliaque par le péritoine, tandis qu'il est flottant chez les singes comme chez tous les quadrupèdes.
Le foiSy qui, chez les Pithéciens, se compose comme celui des quadrupèdes de quatre lobes flottants, profondément séparés par des incisures qui en comprennent toute l'épaisseur, ne forme chez l'homme qu'une seule masse, incomplètement divisée en deux segments par le sillon de la veine ombilicale, en tout deux lobes (avec le lobule de Spigel). Le foie du gibbon, de l'orang et du chimpanzé, est essentielle-
1. Hartmann, op. cit., trad. franc., p. 143. — Barkow, Compar. MorphoL, «•part., pi. LV, Âg. 4.
2. Cuvier, Leç. (tanat, eomp.t t. IV, 2* part., p. 2â9. — Broca, Mém, d'Antkrop., t. m, p. 96. — Hervé, BuU. de la Soc. dArUhrop., 1882, p. 792.
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ment constitué sur le type de celui de Thomme. Le gorille fait ici exception : la conformation de son foie est celle du foie des singes quadrupèdes S On a vu toutefois, sur cei*tains individus, la division poussée moins loin, et comme une indication déjà du type humain.
Le péritoine offre, dans l'agencement et les connexions de ses replis, des dispositions qui, dépendant de l'attitude, sont, au point de vue de la distribution des Primates, des plus caractéristiques. Dans l'attitude quadrupède, les intestins retombent par leur poids sur la paroi inférieure du ventre ; ils sont rattachés aux parois latérales et au rachis par des mésentères allongés qui permettent une grande mobilité de ces viscères. Dans l'attitude redressée, il était nécessaire que ceux-ci, du moins les plus lourds, fussent retenus et fixés à l'enceinte abdominale; le péritoine, au lieu de les embrasser complètement dans des replis pédicules et flottants, les applique directement contre les régions iléo* lombaires, sans en tapisser d'ordinaire la face postérieure. C'est ainsi que les replis péritonéaux ne varient pas sensiblement de l'homme aux anthropoïdes, tandis qu'ils diffèrent au contraire beaucoup des anthropoïdes aux singes pithéciens'. Chez ces derniers, il existe un ligament suspenseur de l'estomac ou mésoestomac ; le côlon, fixé seulement par son angle droit, est tout entier flottant dans le ventre; ses portions ascendante et descendante sont entourées chacune d'un mésocôlon, et le mésocôlon ascendant va ensuite envelopper l'intestin grêle en donnant le mésentère, lequel est, par suite, dirigé de droite à gauche; enfin le caecum, pourvu d'un mésocsecum continu avec le mésocôlon droit et le mésentère, est mobile. Chez l'homme, le mésoestomac est
1. Chudzinski, Bull, de la Soe. d'Anthropologie,, 18Si, p. 608. — Deniker, Ibid., p. 743.