Broca, op, cit., p. lit
rences, en général peu importâmes, laissent toujours persister un type commun.
§ 6. — Appareil de la respiration et de la phonation
Le poumon droit dés mammifères quadrupèdes se distingue du gauche par l'existence constante d'un lobe supplémentaire, le lobe azygos ou lobtis impar. Profondément situé à la partie interne de la base de ce poumon, le lobe azygos remplit l'intervalle qui reste entre le péricarde et le diaphragme par suite des rapports du péricarde et du cœur avec le sternum, c La présence du lobe azygos est donc la conséquence et l'indice de l'altitude horizontale du tronc. Aussi ce lobe manque-t-il entièrement chez l'homme, dont l'attitude est verticale, tandis qu'il existe dans toute la série des mammifères, depuis les marsupisfux jusqu'aux carnassiers > (Broca). Bien développé chez les Cébiens, le lobe azygos est déjà plus petit chez les Pithéciens, et devient presque nul chez le gibbon. Il n'y en a plus trace, ni chez l'orang, ni chez le chimpanzé, ni chez le gorille. Les anthropoïdes supérieurs di(i%rent donc là des autres Primates et ressemblent à l'homme par un caractère essentiel, qui distingue absolument l'attitude bipède de l'attitude quadrupède.
L'appareil de la phonation ne présente à signaler qu'un seul caractère différentiel, résultant de l'existence chez certains Primates de ces poches aériennes en communication avec le larynx, connues sous le nom de sacs laryngers. Mais la différence, ici, n'est pas entre l'homme et les anthropoïdes; elle est entre le gorille, le chimpanzé et l'orang, dont les sacs, pairs et latéraux, s'ouvrent dans les ventricules du larynx, et les autres singes, chez lesquels il n'existe qu'un seul sac larynger, s'ouvrantsur la ligne médiane antérieure, généralement un peu au-dessous de la base de l'épiglotte
150 PRÉCIS D*ANTHROPOLOGIC.
(alouate, Pithéciens, gibbon-siamang). C'est là une différence anatomique. Celle, au premier abord beaucoup plus considérable, que l'énorme développement des sacs ventriculaires, chez les grands Anthropoïdes mâles, semble établir entre ces animaux et l'homme, n'a qu'une valeur purement morphologique. L'étude du mode de formation de ces organes a montré, en effet, qu'ils sont dus à la dilatation et à l'expansion progressives de V arrière-cavité des ventricules du larynx^ ; que, par conséquent, ils ne constituent qu'un degré plus avancé, une forme plus compliquée d'une disposition anatomique qui se retrouve chez l'homme sous sa forme la plus simple.
§ 7. — Appareil de la génération
Le canal déférent du mâle, le ligament rond de la femelle sont, chez tous les mammifères quadrupèdes, enveloppés dans le trajet inguinal d'un prolongement du péritoine qui leur forme une sorte de gaine, faisant communiquer chez le mâle la séreuse péritesticulaire avec la séreuse abdominale (conduit vagino-péritonéal ; canal deNuck). Perméable toute la vie chez ces animaux, cette communication s'oblitère chez l'homme, sauf exception, dès avant la naissance. Or, tandis qu'elle reste ouverte chez les singes inférieurs, on la ¥oit, comme chez l'homme, se fermer chez les anthropoïdes. Tyson avait déjà signalé l'oblitération du conduit vaginopéritonéal sur son pygmée (chimpanzé), et il en concluait que ttet animal devait marcher verticalement'.
La forme du j)6nts offre de très nombreuses variétés chez les Primates ; mais, entre le pénis de certains macaques