‹ Précis d'anthropologieChapitre 79 sur 319 · BuU. de la Soe. éT Anthropologie^ 1870, p. S · texte numérisé non relu

BuU. de la Soe. éT Anthropologie^ 1870, p. S

ORIGIHE DE L*HOMME. 171

l'adaptation directe ou indirecte au milieu S etc. C'est Thomme que nous avons en vue ; c'est à lui que nous devons borner notre exposé^ en recherchant dans quelle mesure l'étude de son histoire naturelle contribue à fortifier la doctrine en cause. Il est vrai que certains esprits, forcés par l'évidence à accepter le transformisme, se sont refusés à en étendre les conséquences à l'homme. Sans doute, on jugera que le juste*milieu n'a que faire ici. Il faut être transformiste complètement ou ne pas l'être : s'arrêter à la dernière étape, c'est commettre contre la logique la plus évidente une lourde faute. Darwin, un instant hésitant, non par doute, mais par scrupule, a su l'éviter. Étant donnée une solution générale du problème de l'organisation, établir une exception en faveur de l'homme, cela ne se concevrait que si celui-ci c n'avait pas un corps matériel et un squelette qui l'obligent à accepter une place dans la classe des mammifères » (Broca). C'est cependant ce que l'on a vu. L'anatomie comparée de l'homme et des grands singes à forme humaine date de longtemps, puisqu'elle remonte à Tyson, en 1699. Personne n'avait trouvé à redire à ces comparaisons, jusqu'au jour où elles ont paru dangereuses, parce qu'on les a invoquées en faveur du transformisme. Les naturalistes avaient pu rapprocher l'homme et les singes dans le même groupe ou dans des groupes voisins sana que l'on s'en inquiét&t , tant qu'on put ne voir.là qu'un classement artificiel, n'exprimant que des affinités idéales. La question changea entièrement de face, quand, avec Lamarck et Darwin, sur la notion d'affinité sériaire vint se greffer celle de parenté et de descendance, qui établissait entre l'homme et le reste de l'animalité une communauté de nature et d'origine. En même

1. Nous renroyons plus particulièrement aux ouvrages suivants : A. de Quatrefages, Ch. Darwin et ses précur$eurt françaii; — J.-L. de Lanessan, Le Trunifarmiime; — MaUiiat Duval, Le Darwinisme,

temps que les fails anatomiques et zoologiques recevaient une signitication nouvelle, il devenait impossible d'en méconnaiti*e la haute valeur démonstrative dans le débat qui s'engageait. Le public, qui s'est pris i discuter le transfor* misme avec une ardeur d*autant pins vive que les éléments d'appréciation lui manquaient plus complètement, ne s'y est pas trompé : poussant tout de suite jusqu'aux conséquences dernières de la doctrine, il en a fait à l'homme une application qui s'imposait. C'est ainsi que la généalogie humaine et la parenté des Primates se trouvèrent devenir, suivant l'expression de 0. Schmidt, t l'alpha et l'oméga de la théorie de la descendance^ >. C'est ainsi qu'il y a lieu de poser la question. Nous aurons à examiner successivement quelles preuves l'anthropologie fournit au transformisme; de quelle souche probable s'est détaché le genre Homme, et par quelles formes intermédiaires il en provient; en quels points du globe, enfin, il est permis de placer sa patrie primitive.

Les arguments que l'on peut invoquer à l'appui de l'origine animale de l'homme, sont, en premier lieu, des arguments indirects, dus à l'induction et au raisonnement. Ces raisons, d'ordre philosophique, reposent sur des faits d'observation qui trouvent dans le transformisme leur explication naturelle, tandis qu'ils ne s'expliquent aucunement dans l'hypothèse opposée de la création indépendante et de la permanence des espèces. C'est, en effet, comme l'a dit Broca, l'impuissance scientifique de la doctrine avec laquelle il est en lutte qui fait par excellence la force du transformisme. L'anatomie comparée, l'embryologie, l'anatomie anormale, la paléontologie, constituent à cet égard la plus éclatante des démonstrations.

1"* L'anatomie comparée, qui met en lumière l'existence

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