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Descendance et DarwinUme, p

de la série et le mode de réparlition des êtres qui la composent, conduit naturellement à concevoir Tidée de. révolution des formes organisées. L'existence d'un type anatomique commun à tous les Primates, la similitude de structure des anthropoïdes et de l'homme sont dans ce sens une première indication. Lorsqu'on étudie , d'autre part, dans ce groupe des Primates, les analogies et les diflërences des espèces qui en font partie, on est conduit à y reconnaître trois catégories de caractères organiques : les caractères de perfectionnementj les caractères simplement sériaires et les caractères indifférents^ pour employer les désignations créées par Broca '. — Les caractères de perfectionnement sont ceux qui entraînent avec eux une certaine supériorité ou au moins un avantage pour l'espèce, et qui, dès lors, non seulement déposent en faveur du transformisme, mais sont susceptibles d'être expliqués par la sélection naturelle, c Ainsi l'homme doit une partie notable de ses avantages à la station verticale; et tous les caractères ostéologiques, myologiques ou splanchnologiques qui le distinguent du type des quadrupèdes peuvent être considérés, par rapport à eux, comme des caractères de perfectionnement. Nous pouvons en dire autant, à un autre point de vue, de l'accroissement de volume du cerveau et du nombre de ses circonvolutions primaires ou secondaires » (Broca). — La catégorie des caractères simplement sériaires comprend des caractères qui ne paraissent pas de nature à conférer aux espèces qui les présentent quelque avantage dans la lutte pour l'existence. Par suite, ils ne sauraient servir de preuves à l'appui de la théorie darwinienne cTe la sélection, dont le principe est l'utilité des caractères sélectifs; mais, se développant de degré en degré dans la série, ils s'accordent très bien, par le fait même de leur répartition, analogue

i. Jfém. d^Antkropologie, t. III, p. 191, 225.

à celle des caractères de perfectionnement, avec Tidée d'une évolution graduelle des espèces : tel l'appendice caecal, dont nous avons vu la dégradation progressive de l'homme aux singes pithéciens.

Les caractères de perfectionnement et les caractères sériaires méritent d'être réunis sous le nom de caractères d'évolution : les uns sont favorables au transformisme darwinien, les autres ne peuvent être déclarés incompatibles avec lui. Le plus grand nombre des caractères anatomiques de l'homme rentrent dans Tune ou l'autre de ces deux catégories. Quant aux caractères que Broca a appelés indifférents, parce que, par l'irrégularité de leur distribution, ils semblent échappera toute loi d'évolution, à toute loi sériaire, et qu'à leur apparition ne se peut rattacher théoriquement aucun avantage non plus qu'aucun désavantage fonctionnel, s'ils ne paraissent pas s'interpréter par la sélection naturelle, ils ne prouvent rien, du moins, contre l'idée du transformisme* Aussi bien, ces caractères que nous jugeons indifférents par rapport à la question de la descendance, ne sont probablement qu'inexpliqués. Pour beaucoup d'entre eux, sinon pour tous, il est à présumer qu'une étude plus complète de leur état embryonnaire et une analyse plus minutieuse de leurs conditions de formation permettront quelque jour d'y reconnaître des caractères évolutifs, modifiés sous l'influence d'adaptations spéciales. C'est ainsi déjà que l'absence de queue dans les deux premières familles des Primates, considérée tout d'abord par Broca comme un fait indifférent, lui est apparue ensuite avec la signification d'un caractère de perfectionnement au premier chef.

La doctrine de l'évolution emprunte à l'anatomie normale une autre série de preuves, tirées de l'existence des organes rudimentaires. On désigne sous ce nom des parties imparfaites, réduites et inutiles, qui, en raison de leur développe-

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ment insuflisaiit ou de leur mode de connexion avec les autres parties, ne sont aptes à jouer aucun rôle dans l'organisme, et parfois même peuvent y devenir dangereuses ^ Citons Tappendice vermiculaire du caecum, qui ne sert à rien, si ce n'est à produire des accidents pathologiques. La raison d'être des organes en question échappe absolument dans l'hypothèse créationiste. c Âttribuera*t-on , demande Broca, ces complications inutiles, ces organes manques aux tâtonnements d'un ouvrier inexpérimenté qui se propose un but sans savoir l'atteindre, ou qui, mécontent de son ébauche, essaie de la corriger d'un coup de pouce sans réussir à enlever complètement ce qu*il y avait mis de trop ? » Vestiges d'un état de choses antérieur où elles étaient plus développées et remplissaient une fonction dans l'organisme, ces parties imparfaites s'expliquent, au contraire, de la manière la plus satisfaisante par l'évolution. Des organes rudimentaires existent chez l'homme comme chez presque tous les animaux. Nous avons eu l'occasion d'en mentionner plusieurs dans le précédent chapitre : rappelons les apophyses styloïdes du rachis, le peaucier et les muscles auriculaires, le palmaire et le plantaire grêles, le petit psoas si développé chez les mammifères sauteurs; et encore : les épines du pubis et les muscles pyramidaux de l'abdomen, vestiges de Tos et du muscle de l'os marsupial des mammifères aplacentaires * ; le squelette caudal avec ses muscles sacro- coccygien et extenseur du coccyx (Theile); les poils courts et rudimentaires qui recouvrent la plus grande partie du corps ; le pli semi-lunaire de la conjonctive, représentant atrophié de la troisième paupière ou membrane clignotante des sauropsidés, des monotrèmes et des marsupiaux ; les

1. Cf. Ch. llartins, Inirod. à la Philosophie wologique de Lamarck, t. I, p. 64.

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