‹ Précis d'anthropologieChapitre 86 sur 319 · R. Blanchard, Rev, (l'Anthropologie, 1885, p · texte numérisé non relu

R. Blanchard, Rev, (l'Anthropologie, 1885, p

ORIQINE DE L'HOMME. 181

dence des constatations de l'anatomie anormale. Il suffira de montrer ici, à titre d'exemples, la réapparition chez rhomme de quelques caractères simiens.

De ces exemples, les plus nombreux, sinon les plus probants, sont fournis par l'étude des muscles. Toutes les dispositions considérées comme caractéristiques des espèces simiennes ont, en effet, été retrouvées chez l'homme à l'état d'anomalies V L'anatomie anormale vient ainsi combler toutes les distances qui séparent, à l'état normal, l'homme des autres Primates ; et, dit Testut, c si nous avions à la fois le pouvoir de construire un corps humain et le loisir d'emprunter à un nombre de sujets indéterminé les divers matériaux de son système musculaire, nous arriverions à constituer un système musculaire simien avec des organes empruntés exclusivement à l'homme ». Soit qu'elles nous ramènent comme ici (et c'est la règle presque générale) à des dispositions caractéristiques d'un groupe zoologique Toisin ou éloigné, soit (ce qui est de beaucoup le cas le plus rare) qu'elles marquent une tendance vers un perfectionnement par rapport à notre organisation actuelle {anomalies progressives *)j les variations du système musculaire portent au plus haut degré le cachet de faits d'évolution. Progressives, elles protestent contre la théorie de l'espèce fixe et de l'immutabilité des types anatomiques ; régressives, elles acquièrent toute la signification des organes rudimentaires : ce sont de véritables organes rudimentaires accidentels, des parties que des adaptations nouvelles ont rendues inutiles chez nous et qui, dès lors, ont disparu chez la plupart des individus, mais qui, chez nos ancêtres animaux, avaient dans l'organisme des fonctions déterminées.

1. L. Testut, U$ anomal, muscul,, p. 808-815. ^ Poszi, A9ioe, franc, pour rwaneement des Sciences, 1874, p. 581.

1 Testut, op, cU,f p. 467, 541, et Préface.

Les vaisseaux et les viscères fournissent pareillement des exemples d'anomalies réversives ramenant chez l'homme des dispositions simiennes. Il n'est pas absolument rare, ainsi que Broca*, Duchesne* et Giacomini^ Font observé sur des Nègres, de voir les artères qui naissent de la crosse aortique affecter la formule qu'elles présentent chez les singes inférieurs, le gibbon et l'orang. — Cruveilhier* a rapporté un cas où le péritoine formait un mésentère au gros intestin, rendu ainsi libre et flottant ; et, sur un enfant microcéphale, Broca* a vu le caecum flottant, les côlons ascendant et descendant munis d'un mésocôlon, et le grand épiploon s'insérant sur toute la longueur du côlon ascendant. Sur ce même sujet, le foie présentait une division en lobes intermédiaire à celle des Anthropoïdes et des Pithéciens ®. — Le lobe azygos a, dans quelques cas très rares, élé rencontré sur le poumon droit : Broca l'a vu, chez un Nègre, rudimentaire comme chez le fœtus; Pozzi' et Duchesne* l'ont obsen^é à l'état de complet développement. Dans le cas de Duchesne, la veine cave inférieure offrait une portion intra-thoracique. — L'nrrière-cavité des veniricules du larynx remonte quelquefois jusqu'à la partie moyenne de la membrane thyro- hyoïdien ne ou jusqu'à l'os hyoïde, ce qui représente l'état de développement des sacs laryngcrs chez les jeunes Anthropoïdes* ; dans certains cas, beaucoup plus rares, elle atteint la base de la langue et s'étend sous la

1. Buil. de la Sac. d* Anthropologie, 1880, p. 233. 3. /M., 18Si, p. 334.

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