Ibid.f t. I, p
HOTELACQUE et G. HERVÉ. — Aothropologie. 13
iU PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.
n'hésitait pas à admettre que la couleur noire de leur peau était due à l'action des rayons solaires sur ces dernières. On oubliait que, du Nil et du Maghreb, les races arabe et berbère se sont répandues dans le Soudan, depuis FÂbyssinie jusqu'au Sénégal, et qu'elles s'y sont croisées avec les races noires. De même pour les races duKordofan, de TAbyssinie', de la Nubie, qui associent souvent des traits non nigritiques à une peau plus ou moins noire : on n'ignore pas qu'en ces diverses régions se rencontrent de nombreuses populations métissées, issues du croisement des Nègres avec des Sémites et avec la race rouge ou cuivrée africaine. On sait aussi que, par le métissage, un seul caractère peut être modifié, et que la couleur de la peau est justement un de ceux qui gardent avec le plus de persistance les traces de cette influence : c'est ainsi que les Maures du Sénégal ont donné avec les Nègres de nombreux métis, qui joignent à une peau noire toutes les formes caractéristiques du Maure (Simonot). En réalité, les monogénistes n'ont jamais fait valoir à l'appui de leur opinion sur Faction des milieux que des observations inexactes ou susceptibles de recevoir une autre interpréta* tion. Le hâle des Européens sous les tropiques est une modification limitée et passagère; les teintes qui en résultent n'ont, d'ailleurs, aucune analogie avec celle des Nègres. La décoloration de ces derniers, dans les climats septentrionaux, est un simple changement de ton de la couleur cutanée, qui dépend probablement de l'altération de leur santé ^. Rien n'autorise à admettre que le milieu puisse déterminer un changement réel de couleur : les générations successives des Nègres ne produisent pas plus des blancs, aux États- Unis, que celles des créoles n'ont produit des Nègres aux