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Cf. Broca, Ibid., 1860, p

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de leur valeur. Les races humaines, transplantées dans des milieux différenis de leurs milieux originels» ne s'y sont jamais transformées. Le t^-pe des Tsiganes'est resté identique sous les climats les plus divers, depuis Flnde jusqu'à TÉcosse et à l'Espagne. Le type allemand s'est maintenu intact au Paraguay, par les descendants des soldats deCharles-Quint qui, en 1535, essayèrent de fonder Buenos-Ayres avec don Pedro de Mendoza\ Les types espagnol et portugais ont persisté absolument inaltérés en Amérique, dans les familles restées pures de tout mélange. Les exemples abondent de races qui, placées dans des conditions de milieu semblables, sont néanmoins demeurées distinctes. Aux Antilles, blancs et noirs sont soumis depuis longtemps aux mêmes influences climalériques, sans que leurs couleurs se soient rapprochées. Au Sénégal, les Peuls sont restés cuivrés, avec les muqueuses violeites, et les Wolofs d'un noir d'ébène : toutes les couleurs et nuances intermédiaires se rencontrent, mais grâce au métissage et dans la très nombreuse population résultant du croisement de ces races entre elles et avec les Maures. Ce n'est pas une différence de milieu qui rend compte du teint clair et des yeux bleus des Irlandais dans les districts anglo-saxons, de leur peau brune et de leurs yeux noirs dans les autres districts. Les Touaregs, qui vivent dans des conditions de la plus complète uniformité, sont les uns bruns, les autres rouges, certains même noirs.

Pour chaque caractère anthropologique, il serait facile de montrer que le milieu géographique ne saurait aucunement en expliquer les variétés suivant les races*. Prenons, par exemple, la taille. Dans les régions hyperboréennes, à côté de races petites (Lapons), nous voyons dans la Sibérie nord-

i. Martin de Moiusy, Bull, de la Soc, d* Anthropologie, p. 204. 2. Cf. Bonté, /6td., t863, p. 388. — Broca, 3/em. d'anthropologie, t. III, p. 351 etsuiv.

orientale des races de très haute taille (Youkaghirs, Tchouktches). Au sud de l'Afrique habitent, dans les mêmes régions, les Cafres, de haute stature, et les Bochimans, qui atteignent à peine 4°", 40. Envisageons-nous la couleur de la peau, le résultat est le même. Des races basanées se rencontrent également à Textréme nord (Eskimaux) et à Textrême sud (Fuégiens). Rien n'est plus inexact que d'assigner d'une façon générale aux climats froids des races à teint clair et aux climats chauds des races à teint foncé. Les faits contredisent absolument cette assertion. Sous le même climat peuvent habiter des races de nuances et même de couleurs très opposées. Les Wolofs sont en même temps les plus septentrionaux et les plus noirs de tous les Nègres, tandis que les Mandingues, plus rapprochés de l'équatenr, ont le teint moins foncé. A côté des Noirs de l'Afrique centrale, habitent des populations berbères au teint parfaitement clair. L'influence du climat n'est pas davantage appréciable sur la nature et la couleur des cheveux. Ainsi, à la même latitude d'environ 15', nous voyons les cheveux laineux du Nègre sénégalien, les cheveux lisses et bouclants de l'Arabe du sud et du Dravidien de l'Inde australe, les cheveux lisses et raides des Indo-Cbinois. Les Mandans du Missouri, entourés de toutes parts de Sioux et autres peuplades aux cheveux noirs, les ont d'un blond extrêmement pâle. Au temps du périple de Scylax, il y avait déjà des Libyens blonds sur les bords de la grande Syrte. Procope, au Yi* siècle de notre ère, signalait leurs descendants dans cette région, et aujourd'hui encore ils se retrouvent depuis l'Aurès jusqu'au Maroc : plus de deux mille deux cents ans n'ont donc pu suffire ici à changer la couleur de la -chevelure* .

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