‹ Précis d'anthropologieChapitre 94 sur 319 · BuU. de la Soc. d'Anthropologie, 1860, p · texte numérisé non relu

BuU. de la Soc. d'Anthropologie, 1860, p

198 PRÉCIS D*AKTHIIOIK)LOGIE.

En somme, si les individus sont très certainement tributaires des milieux, en ce sens que tout passage brusque du milieu auquel ils sont acclimatés à un milieu très différent retentit sur l'organisme, les modifications qui surviennent alors portent uniquement sur les phénomènes physiologiques S ou touchent tout au plus à certains caractères physiques superficiels, tels que le ton de la coloration cutanée. Il n'y a pas d'exemple que, dans ces conditions, la forme ou la structure des organes aient subijamais aucun changement, n est donc illusoire de chercher dans l'action modificatrice des agents cosmiques, dans la différence des climats, la c^use de diversités qui échappent absolument à cette explication. La répartition des caractères ethniques suivant les altitudes et les latitudes est due exclusivement au hasard des migrations (Topinard) et des croisements. La conclusion qui s'impose est la permanence des types anthropologiques, dans les limites de notre observation.

Le transformisme darwinien, qui a échoué lorsqu'il lui a fallu expliquer par l'action des milieux la formation des races humaines, n'a pas été plus heureux dans l'application an même problème de la loi de sélection naturelle. La sélection naturelle, en effet, ne peut consei-ver et développer que les variations avantageuses, et Darwin reconnaît lui-même € qu'aucune des différences extérieures qui distinguent les races humaines ne rendent à l'homme aucun service direct ou spécial' ». La variabilité même des caractères zoologiques

1. C'est à des troubles organiques dus à la raréfaction de l'atmosphère, non A une modification naturelle, qu'il convient de rapporter Tamplitude de la poitrine et le développement des viscères thoraciques signalés par Forbcs et d'Orbigny chez les Quichuas du Haut-Pérou, par Jourdanet chez les Indiens de l'Ânahuac, par Ber chez les habitants des hauts plateaux de la Bolivie. Ces troubles accompagnent l'anémie spéciale (anoxycmie) dont sont atteintes ces populations.

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