Origine de Vliomme et de» sociétés, 1869, chap. m
d'A. GaudryS de Cari Vogt'; c'est vers elle qu'inclinait Broca^. Les observations de paléontologie et d'anatomie comparée semblent de plus en plus la faire prévaloir sur le transformisme monogénique professé en Allemagne par Haeckel, G. Jaeger, Bûchner, etc. Presque toutes les difficultés auxquelles s'est notamment heurté le transformisme, quand il a dû rendre compte de la formation des races humaines, disparaissent, si Ton admet que les grandes divisions naturelles de l'humanité se sont développées isolément, en des centres géographiques séparés, à plusieurs époques, et qu'elles descendent d'espèces ou de genres différents. Gomme les conditions de ces évolutions locales n'étaient point identiques, les types qui en sont résultés ne pouvaient l'être davantage. Les croisements et la sélection, intervenant ensuite, ont agi sur ces types primitifs, pour donner naissance aux sous-divisions du genre humain ou races proprement dites.
Cela posé, comment peut-on se représenter la généalogie de l'homme, dans l'état actuel de nos connaissances? 11 est évident, tout d'abord, que nous ne saurions faire à ce sujet que des hypothèses plus ou moins fondées. AfBrmer que cette évolution a suivi telle ligne et non telle autre serait contraire à la prudence scientifique. Toutefois, et malgré les lacunes des documents paléonlologiques, spécialement en ce qui concerne les ascendants immédiats de l'homme, nous possédons aujourd'hui assez de faits positifs, pour tenter du moins, dans cette voie, une reconstitution provisoire.
Sans remonter plus haut que les âges tertiaires, nous voyons, dans l'éocène, à côté de marsupiaux, des mammifères
1. Les Enchaînements du monde animal {Foss. primaires)^ p. 292.
2. Leçons sur l'homme^ 16* leç.; Compi. rendus de VAcad. des Sciences, 2 juillet 1883, p. 26; Les Mammifères, introd. (p. xx), p. 293.