LE PAYSAGE
Le paysage peut se ramener à quatre tons :
Le jaune qui est la lumière ;
Le bleu, base des ciels ;
Le vert pour les arbres ;
Les gris qui servent partout.
Les jaunes.
L’ocre jaune pure est la base de la lumière : exemple, une route en plein soleil. On rendrait le même effet avec un mélange très liquide de jaune indien additionné d’une pointe de terre de Sienne brûlée.
Les demi-teintes seront d’ocre jaune et de terre de Sienne brûlée.
Les ombres du même ton additionné d’outremer ou de sépia.
Si nous imaginons cette même route sablonneuse sous un ciel gris et voilé, tous les tons, lumière, demi-teintes et ombres, seront assourdis par un glacis de cobalt et de laque carminée.
Les jaunes servent encore dans les effets d’automne ; voici comment on les obtient.
Jaune verdâtre : laque jaune et bleu minéral.
Jaune plus prononcé : laque jaune et terre de Sienne brûlée.
Jaune roux : terre de sienne brûlée presque pure additionnée d’une pointe de laque carminée.
Jaune roux au soleil : même ton et une pointe de vermillon .
Ombre de tous ces jaunes : mêmes tons additionnés d’outremer et de noir d’ivoire.
appendice
Les bleus du ciel : outremer pur et cobalt.
L’emploi en est dif : -ile et se fait à grande eau et à plein pinceau. A mi-teinte, on se sert de cobalt pur; vers l’horizon, on ajoute à la teinte une pointe de bleu minéral presque insensible, mais suffisante cependant pour verdir un peu le ton.
Les reflets : tous les objets reflétés du ciel sont glacés de ces mêmes tons de ciel, selon les plans où ils se trouvent, mais en plus foncé.
Des verts.
Les verts frais peuvent être obtenus de plusieurs mélanges : laque jaune et bleu minéral ; cadmium clair et bleu minéral ; vert Véronèse et jaune indien, etc., soit le bleu minéral additionné d’un jaune transparent, employés à quantité presque égale, soit les verts composés, vert émeraude et vert minéral, pour base, dans la proportion de deux tiers pour un tiers de l’un de ces jaunes. L’ombre des verts est produite, en général, par l’addition d’un bleu.
Exemple ; une prairie au soleil sera rendue par un mélange de cadmium clair et de bleu minéral ; l’ombre produite, par exemple, par le passage d’un nuage dans le ciel sera rendue par le même ton additionné d’outremer. Le vert frais des sous-bois peut s’obtenir avec la laque jaune et le bleu minéral ou le bleu minéral et le jaune indien. L’ombre en sera faite de bleu minéral, terre de Sienne naturelle, au besoin noir d'ivoire dans les grandes vigueurs.
Les feuilles vertes en transparence sous le soleil : vert Véronèse et cadmium. Enfin, il est une gamme de verts
PRÉCIS d’aquarelle
gris nécessaires pour l’exécution de certains arbres, le saule, le platane, le bouleau. On les obtient en remplaçant le bleu minéral par le cobalt ou l’outremer.
Exemple, pour le saule : cobalt et ocre jaune, une pointe de laque jaune, si le saule est d’un gris très clair et en plein soleil.
Le platane et le bouleau seront à base d’outremer : toutefois il faut observer pour ces arbres que l’envers des feuilles est extrêmement gris ; s’ils forment masse, vue en ce sens, ce qui arrive fréquemment, on doit y employer le cobalt et la laque.
Les gris servent un peu partout. La teinte neutre ou gris de payne est la base d’un excellent gris, mais il faut toujours additionner cette couleur soit d’une pointe de laque carminée, soit de vert émeraude, soit de cobalt pour en modifier l’aspect froid et dur.
Enfin les tons foncés, bruns, roux et noirs, trouvent leurs interprètes dans le noir d’ivoire, la terre de Sienne brûlée, la garance foncée, mêlés avec le ton local de l’objet qu’ils représentent. Ainsi, dans un noir intense, produit par un creux dans une masse de verdure, on aura la vigueur voulue par un mélange de noir et de bleu minéral : quelquefois même une touche de bleu minéral pur, placée au centre du ton vigoureux de l’ombre, ainsi que le faisait Daabigny , lui donnera plus de profondeur encore.