‹ Précis d'archéologie du moyen-âge (volume 2)Chapitre 19 sur 36 · II I · texte numérisé non relu

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dinaux, très profonds et nus, sont portés par des piles de même section; les coupoles de ce type sont, dans Fensemble, plus anciennes, bien qu'on en ait élevé jusque vers I200 au moins. Dans l'autre groupe {Jig- Sg), les

FiG. 59. — Eglise à coupoles de type plus récent

arcs, moins profonds et à ressaut, retombent sur des dosserets de saillie médiocre, armés de colonnes engagées. L'école du Périgord n'existe pas en tant qu'école d'art décoratif; du moins, on n'en a pas fait connaître les caractéristiques..

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il2 PRÉCIS D*ARCHÉOLOGIE DU MOYEN-AGE.

L'école bourguignonne. — L'école bourguignonne

FiG. 60. — Eglise bourguignonne : coupe en long.

ijiff' 60 et 61) dut son succès à un concours de circonstances favorables, parmi lesquelles il faut signaler

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PRÉCIS d'archéologie DU MOYEN-AGE. Il3

l'abondance de la bonne pierre et la puissance des deux

biG, 6i. — Eglise bourguignonne : coupe en travers

grands ordres bénédictins de Cluny et de Cîteaux, qui avaient leur maison-mère en Bourgogne. Toujours esl-il

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Il4 PRÉCIS d'archéologie DU MOYEN-AGE.

que recelé bourguig-nonne est Tune de celles qui ont porté rarchitecture romane au plus haut degré de perfection, et ce sont des types d'églises bourguignonnes que Cisterciens et Clunisiens ont répandus dans la chrétienté; aucune école romane n'eut un tel rayonnement.

Le déambulatoire manque souvent au plan, qui par contre peut s'allonger, vers Touest, d'un narthex très important. L'élévation offre la superposition des trois étages de la basilique latine : étage des grandes arcades, étage du triforium, étage des fenêtres. De bonne heure, la nef est voiUée d'un berceau brisé sur doubleaux à ressaut ; quelquefois, au douzième siècle, d'arêtes. Les fenêtres sont petites. Du triforium, il ne subsiste, dans quelques églises importantes, qu'une réminiscence, sous forme d'un placage. Les grandes arcades sont à ressaut, aussi bien que les doubleaux des voûtes d'arêtes établies sur les bas-côtés. Les unes et les autres sont en arc brisé, tandis que les arcs secondaires et les baies sont en plein-cintre. Les piles sont armées de pilastres. L'élévation de la nef centrale a obligé les constructeurs à réduire les poussées; c'est pour ce motif qu'ils ont adopté le tracé en arc brisé; en outre, ils ont diminué le poids et l'épaisseur des voûtes, et cette légèreté des voûtes a entraîné l'usage général des charpentes. A son tour, la charpente en appentis des bas-côtés a contribué à la conservation du triforium. Les églises bourguignonnes, hautes et sveltes, ont grand air; mais la stabilité de la maîtresse voûte est mal assurée; il a fallu, pour sauver de la ruine quelques-uns des plus beaux parmi ces édifices, les étayer plus tard à l'aide d'arcsboutants.

La formule décorative de l'école bourguignonne est

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FiG. 62. — Portail d'Avallon.

Cliché de M. Martin Sabon, d'après le moulage du Trocadéro.

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PRÉCIS D^RCHÉOLOGIE DU MOYEN-AGE. Il5

surtout composée d'éléments lombards, comme les arcatures et les bandes, et romaine, comme les pilastres cannelés, coupés par des moulures horizontales en plusieurs pilastres, dont les proportions rappellent l'antique. Les tympans des portails représentent quelquefois de grandes scènes, dont le faire permet de croire qu'elles sont copiées sur des miniatures. Cette diversité d'origine explique la différence de caractère des deux sculptures : la sculpture ornementale {^fig^ 62), plantureuse et très grasse, contraste étrangement avec la maigreur apocalyptique de la sculpture historiée {fig* 63), aux personnages excessivement allongés.

L'école rhénane. — Pour comprendre l'architecture des bords du Rhin, il faut se rappeler l'impulsion que les Carolingiens donnèrent à l'art de ces contrées et les relations que celles-ci entretinrent avec le nord de l'Italie.

Cette école rhénane [fig* 64 et 65) a fait peu d'absidioles rayonnantes et multiplié les absides : elle a fréquemment terminé en hémicycle les bras du transept et le fond ouest de la nef. Depuis le douzième siècle, des nefs sont couvertes de voûtes d'arêtes très bombées. L'adoption de la voûte d'arêtes a permis d'éclairer directement le vaisseau central par des fenêtres percées dans les murs latéraux. Le triforium est supprimé. Les grandes arcades sont en plein-cintre et sans reprise. Les voûtes des collatéraux sont d'arêtes et à doubleaux. Les piles, épaisses et vigoureuses, sont alternées : une plus forte, une plus faible. Pareil phénomène existe dans l'école normande et aussi dans l'école lombarde, avec laquelle les écoles rhénane et normande ont des affinités historiques.

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PRÉCIS D^ARGHÉOLOGIE DU MOYEN-AGË.

L'art lombard joue uii rôle important dans la décoration extérieure : arcatures, bandes, galeries au som-

FiG. 64. — Eçlise rhénane : coupe en long.

met des murs des absides, autant de procédés empruntés à la Lombardie pour garnir des surfaces trop

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nues. La nudité, en effet, et une certaine rudesse caractérisent ces constructions, très robustes, mais plus mas-

FiG. 65. — Eglise rhénane : coupe en travers.

sives et moins nerveuses que les productions des écoles précédentes.

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Il8 PRÉCIS d'archéologie du MOYEN-AGE.

FiG. 66. — E|çlise normande : coupe en long.

L'école normande. — L'école normande {fig. 66, 67 et 68)5 à laquelle ressortit l'Angleterre^ a élevé quantité

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zedbyGoOgk

FiG. 67. — Egalise normande : coupe en travers.

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de vastes églises, élancées et claires. En plan, le chevet ne possède presque jamais de déambulatoire ni de chapelles

Fiu. 68. — Eglise normande : plan.

rayonnantes; le chœur est bordé de bas-côtés qui s'arrêtent à la naissance de Tabside. En élévation, la nef n'est pas voûtée. Au niveau et en avant des fenêtres court fréquemment un passage de service. Plus bas est

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le tritbrium, bien ouvert et à remplace; puis, viennent les grandes arcades, percées à reprises. Les piliers sont souvent alternés. Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes. Sur la croisée s'élève une tour carrée, non pas une tour séparée par une voûte de l'intérieur de Té/çlise, mais une tour-lanterne dont les fenêtres versent la lumière dans le vaisseau. Cette tour-lanterne est fréquemment surmontée d'un étage pour les cloches.

Les maîtres d'oeuvre normands sont moins artistes que constructeurs : dans la décoration, ils abusent des chapiteaux à godrons, des bâtons brisés, en un mot, des ornements géométriques. A ce fonds, qui témoigne d'une fâcheuse pauvreté d'invention, se mêlent quelques motifs de provenance orientale ou Scandinave et des traces de traditions antiques.

L'école française. — L'école de l'Ile-de-France fut Tune des premières après l'école d'Auvergne à exécuter le plan compliqué du chevet en carole^ avec bas-côté tournant et chapelles absidales. En élévation, le parti auquel elle s'arrêta ne diffère pas essentiellement de celui des églises normandes : nef non voûtée avec fenêtres et triforium, bas-côtés voûtés d'arêtes. Françaises ou normandes, ces églises sans voûte étaient parfois de grandes dimensions : la cathédrale que Fulbert fit construire à Chartres après l'incendie de 1020 était aussi large de nef que la cathédrale actuelle.

La sculpture de l'Ile-de-France, moins géométrique, mais guère plus avancée que la sculpture de la Normandie, s'inspire fréquemment de l'orfèvrerie barbare.

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Les diverses écoles : comparaison. — Ici finit la description sommaire des types qui sont sortis dans les provinces françaises, à Tépoque romane, de la combinaison de forces divergentes, dont nous retiendrons les lois de la statique, la nécessité de l'éclairai^e, enfin la tradition. Au Midi et à l'Ouest, la tradition a succombé : le triforium et les fenêtres ont disparu. Sur le plateau central, la tradition a été suffisamment vivace pour faire conserver la galerie de premier étage. En Bourgogne, les fenêtres et les charpentes sont restées et, avec elles, un triforium simulé. Les pays rhénans, sans doute sous l'influence de l'école lombarde, ont sacrifié le triforium. Enfin, la Normandie et l'Ile-de-France, plutôt que de renoncer aux fenêtres et aux tribunes latérales, se sont abstenues de voûter les nefs. Ces deux écoles ont été impuissantes à réaliser, suivant la formule romane, le programme que leur imposait leur climat. Nous verrons qu'elles ont merveilleusement résolu le problème à l'aide de la formule gothique.

La valeur de l'art roman. — On sait, dès maintenant, les faiblesses et les mérites de l'architecture romane : les faiblesses proviennent d'une technique qui fut, jusque vers les débuts du douzième siècle, quelque peu rudimentaire ; les mérites consistent avant tout en deux qualités que rien ne remplace, la sincérité et le bon sens. L'art roman ignorait ces règles de pure convention qui ont faussé d'autres architectures. Dans ses productions, on lit clairement le calcul du maître d'œuvre, les termes du problème et la raison d'être de la solution. Féne- Ion admirait dans je ne sais plus quel monument classique « les proportions,... si justes que rien ne paraît fort

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grand, quoique tout le soit ». Singulière supériorité, quj consiste à effacer de Tâme l'impression de grandeur que pourrait lui causer une œuvre d'art I Au Moyen-Age, formes et dimensions résultent de ces deux facteurs, les moyens et le but. Quelque vaste que soit Tédifice, la hauteur des chapiteaux est commandée par l'épaisseur des assises; la hauteur des portes, des emmarchements, des balustrades reste en rapport avec leur destination. Ces membres donnent l'échelle de la construction ; grâce à eux, l'édifice produit son effet.

Rappelons-nous, en outre, l'originalité puissante de la décoration, et nous comprendrons pourquoi la période romane est comptée à bon droit parmi les grandes époques de Fart.

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