LES ENCORBELLEMENTS
forme que de leur anatomie, du rapport entre les éléments dont lesdits organes sont composés.
Les constructeurs ont fait, dès l’époque préhistorique, des arcs en tas-cle-charge, formés d’assises horizontales dont chacune surplombe l'assise inférieure : ces pierres ne travaillent pas
comme les claveaux, elles pèsent verticalement. Des architectes ont découpé dans de grandes pierres des arcs monolithes (Jig. 8) : il est évident que ces pseudo-arcs, ces lin/eaux échancrés se comportent comme de vrais linteaux ou comme des architraves. D’autres constructeurs, enfin, n’ayant pas de pierres de dimensions suffisantes pour faire des linteaux ou des architraves, ont fait des plates-bandes appareillées (Jig. 9), c’est-à-dire de faux linteaux ou de fausses architraves, en ajuslanl plusieurs blocs taillés en coin, dont les effets ne sont pas sans analogie avec ceux des claveaux d’un arc. Pour donner à ces architraves factices plus de rigidité, on découpait sur les joints des crosselles ou bien des tenons et des mortaises.
L' encorbellement est une saillie résultant de la superposition
l8 LES DONNÉES DIT PROBLÈME ARCHEOLOGIQUE.
d’assises horizontales qui se surplombent l’une l’autre. Le corbeau ( fig . 9) est un bloc horizontal en saillie sur le plan du mur et destiné à porter une charge. On l’empêche de basculer en
t ig. 9. — Linteau appareillé, corbeaux, are de décharge, tympan.
lestant la queue du corbeau, el par 1;\ on entend la partie de la pierre qui plonge le plus avant dans la construction.
Les corbeaux ont souvent servi à soutenir les extrémités d’un linteau ou d’une poutre. Quand il porte une poutre, le corbeau répond à une double préoccupation : il supplée à l'insuffisance de longueur de la poutre et il dispense d’engager les bouts dans les murs, où les bois, privés d’air, s’échauffent et tombent en poussière.