‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 19 sur 135 · LES PÉRIODES DARCHITECTURE DU MOYEN ACE · texte numérisé non relu

LES PÉRIODES DARCHITECTURE DU MOYEN ACE

riode gallo-romaine, au cinquième siècle; l’architecture romane apparaît à la fin du dixième; l’architecture gothique, vers le milieu du douzième.

On voudra bien noter que j’indique la date approximative à laquelle ces diverses formules ont commencé à être appliquées, sans rien dire du moment où elles sont tombées en désuétude. Je dis quand chaque style débute, non pas quand il finit.

On comprend mainlenartt les réserves qui sont formulées plus haut au sujet du mot périodes. Comme tout le monde, nous parlerons, pour plus de commodité, de période latine, de période romane, de période gothique ; mais nous ne perdrons pas de vue que ces prétendues périodes se pénètrent, que les procédés de chacune d’elles n'ont pas été abandonnés dans tous les chantiers le jour où la période suivante s’est ouverte. Nombre de régions n’ont guère voûté les églises aux onzième et douzième siècles. Je ne crois pas que l’on ait jamais cessé, dans certaines provinces, de faire des églises du type roman.

Allons plus loin : il semble que l’architecture latine nous soit surtout connue grâce à des œuvres attardées qui, par leur date effective, appartiennent à l’époque romane, et parmi les beaux édifices sur lesquels nous éludions l’architecture romane, la plupart sont peut-être postérieurs aux premières églises gothiques.

Est-ce à dire que la division dont il s’agit soit dépourvue de raison d’être? Assurément non, et voici pourquoi : il est certain que, dans l’ensemble, les monuments d’une même époque présentent des caractères communs ; aucune église n’est si complètement en retard sur son temps qu’elle ne se ressente des progrès réalisés. Une nef de 1 120 qui n’a pas de voûte présente néanmoins dans la façon des percements, dans l'économie des supports, dans le groupement des pieds-droits, le reflet du style roman ; elle atteste l’influence exercée par la voûte. La voûte domine toute l’histoire monumentale du Moyen Age; aucun caractère 11'est, à beaucoup près, égal en importance à celui-là. Aussi le retenons-nous comme base de; notre division.

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE LATINE

La période latine : les sources d’information. — De l'architecture latine bien peu d’œuvres, en France, sont parvenues jusqu’à nous : le temps, le feu du ciel les renversaient aisément, et les hommes ont parfait cette œuvre de destruction. La Loi Salique vise les incendiaires d’église : De basilica incenduia. Sarrasins, Normands, soudards des guerres anglaises ou des guerres de religion ont jeté bas d’innombrables édifices; les architectes ont eu raison du reste et, sous prétexte de restaurer, ils ont à jamais défiguré les quelques très vieilles églises qui étaient sur notre sol les témoins de l’art pré-roman.

Nous devons donc, pour définir cet art, puiser à toutes les sources : nous l’étudions dans les textes; nous l’éludions, par analogie, dans les édifices de l’étranger, principalement de l’ilalie et de l’Afrique du Nord; nous l’étudions directement, enfin, dans les vestiges qui en subsistent chez nous.

Par malheur, les textes sont rédigés en termes impropres et vagues : la description que Grégoire de Tours donne de la basilique de Saint-Martin a suggéré des interprétations profondément dissemblables. Les édifices étrangers montrent que l’architecture variait suivant les régions : les basiliques de Rome diffèrent des basiliques de l’Afrique ou de la Syrie.

Quelques documents graphiques nous fournissent un apport précieux, notamment une vue de l’église abbatiale bâtie vers 800 à Saint-Riquier (Somme) et le plan d’une abbaye dessiné au commencement du neuvième siècle, dont Mabillon faisait honneur à Éginhard et qui est conservé à Saint-Gall (Suisse).

Nous savons que nombre d’édifices sont attribués à l’époque pré-romane et appartiennent réellement à l’époque romane, notamment en Touraine, où l’on a longtemps conservé les vieux procédés de construction. Parmi les églises authentiquement latines, certaines sont particulièrement célèbres : Saint-Pierre de Vienne en partie, le baptistère Saint-Jean de Poitiers, Saint- Laurent de Grenoble, la crypte de Jouarre sont mérovingiens; Germigny-des-Prés (Loiret), Saint-Géneroux (^Deux-Sèvres), partie de l’ancienne église de Saint-Pliilbert-de-Grandlieu sont carolingiens. La plupart, répétons-le, ont subi des restaurations qui

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