LES CONSTRUCTIONS EN BOIS
leur ont enlevé leur intérêt. 11 faut, par exemple, étudier Germigny dans la monographie de Bouet et non dans le monument lui-même.
En somme, nous avons de cette architecture latine une connaissance directe insuffisante. Pour compléter ces notions, nous nous aidons de l’induction : l’histoire du style roman nous permet de déterminer dans quel sens l’art de bâtir évoluait et de remonter du connu vers l’inconnu. Il entre dans ce chapitre de notre archéologie une part d’hypothèse.
Les constructions en bois. — La charpenterie suppose une civilisation moins avancée que la maçonnerie et des établissements moins stables, et les Gaulois, aussi bien que les nomades germains ou les Normands, étaient charpentiers plutôt que maçons. Peut-être faut-il attribuer à cette circonstance le nombre des églises en bois ou en torchis que les textes signalent durant les périodes latine et romane. De ces œuvres fragiles, rien n’a survécu que leur souvenir; tout ce que nous en savons ou à peu près, c’est qu’elles ont existé; tout ce que nous pouvons faire, c’est de les mentionner.
Le plan basilical et ses transformations. — Le reste des églises latines doit être ramené à deux groupes principaux : les églises basilicales, les églises non basilicales.
On appelait basiliques, dans la Rome antique, des constructions de formes variées et d’affectations multiples : tribunaux, promenades couvertes. Ce nom fut donné de bonne heure aux édifices du culte chrétien. Il ne faudrait pas croire pour cela que la basilique religieuse a emprunté, avec son nom, toutes ses dispositions à la basilique civile ; elle les a prises un peu de tous les côtés, notamment dans les maisons particulières.
Les très vieilles basiliques chrétiennes ( fig . 24 et 43) comprennent : une nef centrale; deux bas-côtés moins hauts et moins larges que la nef; au bout de la nef centrale, une abside, qui fut généralement, depuis le cinquième siècle, dirigée vers l’orient; entre la nef et les bas-côtés, des colonnes souvent ar-
l’architecture religieuse latine.
Fig. a 4 . — Plans de basiliques chrétiennes
LE PLAN BASILICAL.
rachées aux édifices païens et reliées par des architraves ou par des arcs. A Rome et en Gaule, chaque bas-côté est fréquemment surmonté d’une tribune, qui s’ouvre sur la nef par une série de grandes baies; au-dessus est une bande de mur correspondant à la hauteur du toit en appentis; puis, viennent les fenêtres, en plein-cintre comme les baies de la tribune et assez largement percées; enfin, la nef est couverte par une toiture sur fermes et chaque bas-côté par un toit en appentis. La porte ou les portes sont dans la façade opposéé à l'abside; elles peuvent être précédées, soit d’un portique accolé cà cette façade, soit d’un atrium, cour carrée entourée de portiques.
Ce type primitif reçut des complications et des modifications successives. Les cinquième et sixième siècles, adoptant une disposition à laquelle l'art roman devait revenir en lui donnant une ampleur monumentale, ajourèrent quelquefois le bas de l'abside d’une série d’arcades.
En avant de l’abside, on disposa une nef transversale; c’est le transept, qui comprend les bras et la croisée ou carré du transept; la croisée ou carré correspond à l’intersection de la nef et du transept. L’arc transversal par lequel le carré communique avec la nef s’appelle Y arc triomphal. Le transept déborda l’alignement des murs extérieurs des bas-côtés, de façon que le plan prît la forme d’une croix. Certaines églises possédaient deux absides, une à chaque extrémité de la nef, plus rarement deux transepts; ce plan, élaboré en France, eut un succès durable dans les pays germaniques.
Souvent, on flanqua l’abside de deux petites absides ou absidiales, habituellement placées dans l’axe des bas-côtés et qui s’ouvraient sur les bras du transept.
L’autel se trouvait, suivant les époques, tantôt dans l’abside, tantôt en avant, monté sur une crypte ou sur une confession. La confession est une petite crypte, comme une guérite à moitié enterrée et dont la partie supérieure forme un soubassement à l’autel.
L’abside, enfin, 11’est pas toujours de même forme ; assez fréquemment, la courbe qu’elle décrit dépasse le demi-cercle et
l’ ARCHITECTURE RELIGIEUSE LATINE.
dessine un fer-à-cheval {fig. 25); les absides polygonales à l’intérieur et à l’extérieur, sont assez rares à l’époque latine; cette partie de l’église est plutôt ronde en dedans et en dehors, ou bien ronde en dedans et polygonale ou carrée, en dehors.
Fig. 25. — Plan de l’église Saint Michel d’Fscalada (Espagne).
(Exlrait de la Historia de la arquitcctura cristiana de Lampérez.)
Certaines provinces au moins prolongent de bonne heure l’abside en une travée rectiligne; la Gaule paraît avoir introduit cette disposition dans le plan de ses églises vers le début de l’âge carolingien. L’espace ainsi ménagé entre l’abside et la croisée, moins haut de voûte que la nef, servit à loger les chantres et fut dénommé chœur.
Les plans non basilicaux. — Les églises de plan non basilical sont diverses de forme.
Les unes sont d’humbles églises rurales, des simplifications de la basilique ; une nef sans bas-côté et une abside. Si la nef était étroite et basse et si les murs étaient quelque peu robustes, la construction d’une voûte était un problème de solution assez facile.
Quelquefois, notamment dans de très anciennes chapelles de Rome, le chevet de ces églises à nef unique présente non plus une abside, mais trois absides à peu près égales groupées en trèfle, l’une suivant l’axe de la nef et les deux autres suivant la