LES PLANS NON BASILTCAUX
côté tournant qui enveloppe le chœur et l’abside et sur lequel s’ouvrent de petites chapelles rayonantes : c’est ce- que certains archéologues nomment le chevet en carote. Ce plan permit de faciliter la circulation autour du sanctuaire et de la crypte, où étaient les reliques; il permit aussi de répartir dans les chapelles desservies par le déambulatoire les autels secondaires qui encombraient les nefs et peut-être les tribunes. Quelques églises dépourvues de déambulatoire avaient néanmoins des absidioles rayonnantes, qui s’ouvraient directement sur l’abside; d’autres, fort rares, ont, au contraire, un déambulatoire et pas de chapelles rayonnantes.
Il est permis de chercher un rudiment de déambulatoire dans de très vieilles cryptes ; mais les conditions d’équilibre des cryptes sont particulières, et les vrais déambulatoires apparaissent à l’extrême fin du dixième siècle.
Souvent, l’abside est flanquée, sur chaque côté, d'une absidiole, ou même de deux ou trois. On obtenait ainsi un front de trois, cinq ou sept absides, dont la saillie allait en décroissant de l’axe vers les ailes.
Le constructeur roman, plus généralement que le constructeur latin, donna aux cryptes des dispositions monumentales; il délaissa le type archaïque des confessions. Des cryptes furent de véritables églises souterraines. Il en est même qui sont aussi vastes que l’église supérieure.
À l’extrémité ouest de la nef, le porche prit une importance inusitée. Il est des avant-nefs grandes comme des cathédrales.
Les plans non basilicaux. — Ainsi que pendant l’époque précédente, les maîtres d'œuvre s’écartèrent fréquemment du plan basilical : quantité d’églises de peu d’importance furent à une seule nef rectangulaire, laquelle était, ou non, munie d’une abside et d’un transept Des transepts à bras arrondis se combinèrent avec l'abside en un plan tréllé, ou bien un dessin spécial du plan exprima tantôt une réminiscence d’un monument fameux et tantôt un symbole : on fit des rotondes simples ou à bas-côtés annulaires, en souvenir de l’église du
l’architecture religieuse romane.
Saint-Sépulcre; dans des églises dédiées à la Sainte Croix, les murs sont conduits suivant une croix grecque; il nous reste même, à Planés (Pyrénées-Orientales), une église bizarre, vaguement triangulaire, qui doit avoir pour but de rappeler le mystère de la Sainte Trinité.
Lorsque s’ouvrit l’époque romane, on avait abandonné, en même temps que le baptême par immersion, la construction d’édifices spécialement affectés à l’administration de ce sacrement. Au lieu d’une piscine, on faisait une cuve baptismale, logée dans une partie de l’église.
Les arcs. — Pour franchir les vides, le constructeur roman ne recourt jamais à l’architrave. Tout au plus se sert-il, dans
les portes, du linteau, habituellement protégé par un arcet soulagé par des corbeaux.
L’arc en fer-à-cheval persiste à titre d’exception. La forme normale est le plein-cintre; mais dès l’époque romane, — ce fait est important, — dès l’époque romane, dès la fin du onzième siècle, l’arc brisé fait son apparition, surtout dans certaines provinces, comme la Bourgogne.
L’arc brisé {fie/. 3b) est cet arc en pointe auquel certains