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LES VOUTES EN BERCÈAU

pas pour cela des ciments assez tenaces. Les berceaux n’étaient pas toujours, non plus, composés de voussoirs exactement taillés. Bien souvent, les voûtes romanes, quel qu’en fût le genre, berceau, voûte d’arêtes ou coupole, étaient maçonnées de moellons plus ou moins dégrossis, disposés à peu près suivant les rayons de la courbe et pris entre des lits très épais de mortier. Pour construire de pareilles voûtes, on faisait des cintrages, des formes de madriers et de planches ou couchis, véritables moules en relief; sur ces moules on étendait d’abord une couche de mortier, destinée à devenir l'enduit de l’intrados. Il faut, en présence de ces voûtes, se rappeler que les empreintes des couchis sur cet enduit donnent l’illusion d’un appareil à peu près régulier et se défendre contre cette illusion.

Comme bien l’on pense, tout cet empirisme entraînait dans les tracés des irrégularités, dans les maçonneries des tassements et des déchirures. Pour dissimuler les unes et les autres, pour les localiser, pour les prévenir, peut-être aussi pour simplifier les cintres provisoires en charpente, on bandait d’abord des arcs transversaux, des doubleaux, qui, après l’achèvement de la voûte, constituaient autant de nervures saillantes sous l’intrados. Le doubleau prit donc, à l’époque romane, un rôle plus considérable dans l’économie de la construction : dans les monuments romains, il paraît avoir eu pour principale raison d’être de donner au berceau un aspect de vigueur, de briser la perspective et d’atténuer à l’œil les déformations qu’il n’avait pas empêchées; dans les édifices romans, il forma vraiment, avec les piles et les contreforts, une ossature destinée à soulager la voûte en régularisant le tassement et en arrêtant les mouvements accidentels.

Sur les bas-côtés on jeta souvent des demi-berceaux, dont le galbe rampant s’adapte mieux à la toiture en appentis qui les couvre. Certains maîtres d’œuvre eurent-ils l’idée d’utiliser ces demi-berceaux à la façon d’arcs-boutants continus, pour épauler le berceau de la nef P C’est probable, surtout dans les derniers temps. 11 ne faut pas oublier toutefois que souvent ces demi-berceaux sont mal placés pour contrebuler la maîtresse

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE ROMANE

voûte; que, plus souvent encore, sous les demi-berceaux, les doubleaux, qui forment la partie la plus active de la construction, sont en plein-cintre ou en arc brisé.

Dans les berceaux, comme, au surplus, dans les divers genres de voûtes qui couvrent les églises du Moyen Age, des orifices sont quelquefois ménagés : ils ont servi notamment à jeter des étoupes enflammées qui représentaient, le jour de la Pentecôte, l’Esprit-Saint descendant sur les Apôtres.

Les voûtes d’arêtes. — Les grandes voûtes d’arêtes exigent ou une coupe de pierres très difficile, nous l’avons vu, ou des mortiers excellents. En dehors de la Lombardie, des provinces rhénanes ou de la Bourgogne, les constructeurs romans n’élevèrent que des voûtes d’arêtes de faibles dimensions.

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