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LES SOUBASSEMENTS, LES CORNICHES

Le contrefort extérieur présente des inconvénients : pour les supprimer, on reportait le contrefort à l’intérieur; en d’autres termes, on subsliluaitaux contreforts des murs de refend, entre lesquels étaient des salles utilisables. De ce dispositif, qui était pratiqué chez les Romains, il est résulté un type d’église à une nef bordée de chapelles latérales, qui a traversé les époques romane et gothique ( fig . 61 et 136).

Les contreforts romans rie sont pas reliés au mur, suivant le système classique, par des blocs coudés, dont l’évidement entraîne des déchets. Ils sont appareillés en besace {fig. 45) : dans chaque angle rentrant, si, à une asssise, le bloc du mur passe derrière le contrefort, à l’assise supérieure et à l’assise inférieure le bloc du contrefort s’enfonce daus le mur.

Certaines contrées, Provence, Auvergne, Poitou ont fait un usage fréquent des grands arcs bandés sur les parements, sinon dans l’épaisseur des maçonneries, et reliant un dosseret à l’autre, un contrefort au contrefort suivant. Ces arcs constituaient parfois avec les piles, intérieures et extérieures, une sorte de

Fig. 46. — Moulure de couronnement.

squelette, qui soutenait les remplissages, un peu comme le squelette de l’animal soutient les chairs ; ils reportaient les pesées sur des points choisis; ils permettaient d’élever des murs minces. Plus souvent leur rôle était surtout ornemental, ou bien ils concouraient à porter la corniche.

■y 4 l’architecture religieuse romane.

Les soubassements; les corniches. — Le mur est généralement plus épais du pied ; cette partie inférieure est le soubassement; elle porte une assise habituellement moulurée, qui fait la transition entre le soubassement et le mur. <

Fig. 47. — Chevet d’église romane.

Or, à l’époque romane et plus encore à l’époque gothique, il est de règle que les membres horizontaux d architecture, moulures de soubassement, impostes, tailloirs, bagues, etc., sont pris dans une hauteur d’assise A B ( Jig . 46); on évite ainsi de gaspiller la matière qui correspond a la hauteur B C .

De plus, les assises qui, dans les maçonneries voisines, correspondent à ces membres d’architecture conservent la même hauteur que ceux-ci (voir Jig. U8, 1 assise correspondant au tailloir des colonnetles). Une dérogation à ces habitudes est un indice de reprise, de réfection.

La corniche, au Moyen Age, peut être comprise de deux laçons : corniche à tablette saillante, corniche à chéneau. La

LES PERCEMENTS : FENETRES, PORTES, TRIFORIUMS. y5

corniche romane consiste en une tablette saillante^ destinée à reporter le plus loin possible des parements l’avancée du toit et la chute des eaux pluviales; la tablette repose sur des corbeaux, sur des colonnes engagées ou des contreforts, sur des arcs, ou sur une combinaison de ces divers supports (fig. 47). La corniche portant chéneau appartient plutôt au gothique; toutefois, le Poitou a fait des corniches de ce type dès l’époque romane : le chéneau court au bas du tpi t, recueillant les eaux et les dirigeant vers les gargouilles, qui les rejettent.

Les percements : fenêtres, portes, triforiums. — Si nous passons aux percements, nous constatons que l’ébrasement des fenêtres, déjà en usage dans certains édifices latins, est de règle constante dans les édifices romans, à moins que le percement ne soit à reprises, à retraites successives, dont les angles rentrants peuvent être garnis de colonnettes {fig. US). En ébrasement ou à ressauts, l’appui de la fenêtre est lui-même en talus : vers le dedans, afin d’introduire plus de lumière; vers le dehors, pour rejeter l’eau de la pluie.

Nombre de fenêtres romanes n’étaient pas vitrées; elles ne présentent pas de feuillure. D’autres, dans le Sud-Ouest, étaient imparfaitement closes de dalles ajourées, découpées.

Les fenêtres sont presque toujours au milieu des travées, à mi-longueur entre les piliers ; dans de rares églises, les fenêtres se trouvent au-dessus des piliers. Lorsque le mur est, à l’intérieur, tapissé de grands arcs aveugles, il peut arriver qu’on ait avantage à percer les baies dans les tympans entre ces arcs.

Les portes sont souvent faites, elles aussi, à reprises. Quand elles sont très larges, un pilier central ou trumeau les divise en deux baies. Ce trumeau, il esta peine besoin de le dire, ne concourt pas à l’équilibré de l’ensemble; il soutient seulement le linteau et le tympan, qui sont d’un usage constant dans la plupart des contrées. Tympan, linteau et trumeau forment un remplage indépendant, qui se loge dans la baie de la porte, à peu près comme nos châssis de menuiserie.

l’architecture religieuse romane.

Ce système des remplages de pierre montés dans les baies reçoit fréquemment une autre application dans les triforiums. Trifo-

Fig. 48- — Fenêtre d’église romane.

rium désigne la série des baies par lesquelles les tribunes surmontant les bas-côtés prenaient jour sur la nef et, par extension, les tribunes elles-mêmes. '

Les clochers. — Le nombre, la forme et l’emplacement des

LES CLOCHERS

clochers sont très variables : les maîtres d œuvre en ont mis sur la croisée du transept, sur les flancs du chœur, sui les bras du transept, sur les dernières travées des bas-côtés, sur la

façade. Il en existe même, dans le Sud-Ouest notamment, qui sont isolés. On a tenté de rattacher, non sans vraisemblance, ces derniers clochers soit aux clochers italiens, également sépa-

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE ROMANE

Fig. 5o

Clocher-arcade,

LES CLOCHERS

rés de l’église, soit aux chapelles funéraires ou aux lanternes des morts élevées dans les cimetières, colonnes creuses sommées d’un lanteruon dans lequel on hissait, la nuit, une lumière.

On trouve dans un élage de certains clochers des autels, souvent dédiés à l’archange Michel.

Le clocher roman primitif est le plus souvent carré, couvert d’un toit à deux ou quatre versants ou d’une flèche de pierre à quatre pans médiocrement aiguë; mais plus on allait et plus fréquente était la flèche octogonale et élancée. Dès le douzième siècle, ou allongea et compliqua la silhouette; ce siècle fit, d’ailleurs, des clochers de types divers répartis sur le territoire de la France : dans le Midi, clochers-donjons, carrés et lourds, et plus rarement clochers ronds; — dans l’Ouest, clochers carrés coiffés d'une flèche conique, ordinairement renflée et couverte d’imbrications qui sont dirigées vers le haut; ladite flèche peut être posée sur la souche carrée ou sur un tambour cylindrique; — dans le Centre et le Nord, clochers carrés à flèche octogonale ( fig . 105), fréquemment précédée d’un ou deux étages octogonaux : flèche ou étages sont plantés de telle sorte que le milieu du carré correspond tantôt à un angle et tantôt à une face de l’octogone. Ces étages supérieurs et le pied de la flèche sont habituellement ajourés de fenêtres à gable et entourés de quatre clochetons {fig. 4.9), que le peuple, en son langage imagé, appelait les filloles. D’autres gables importants surmontent les ouïes de clochers limousins.

Bien des églises rurales, surtout dans les régions du Centre et du Sud-Ouest, eurent un clocher plus modeste, qui pouvait être réduit à un simple mur percé de baies dans lesquelles se balancent les cloches (fig. 50) : c’est ce quon appelle clochermignon, clocher-arcade, clocher-mur, etc.

l’architecture religieuse romane.

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