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LA PEINTE UE

turale garda une grande importance à l’extérieur et plus encore à l’intérieur : des églises richement sculptées en dehors le sont beaucoup moins en dedans, parce que les murs intérieurs étaient plutôt réservés au peintre.

La polychromie architecturale, l’usage de la couleur pour mettre en valeur les ligues de l’architecture est l'un des points sur lesquels l’esthétique médiévale se rencontre avec l’esthétique grecque. La statuaire du, Moyen Age a aussi recouru à la coloration pour serrer de plus près la vérité.

La peinture romane était un art tout de formules : des traités enseignaient à l’artiste comment il devait composer ses couleurs, où il devait les appliquer.

Peut-être la France romane eut-elle des écoles régionales de peinture, c’est-à-dire que le style variait suivant les contrées. \insiona signalé qu’en Poitou, Berry et Touraine les fonds sont clairs, à bandes horizontales, comme certaines miniatures carolingiennes, tandis que dans les provinces de l’Est et du Sud, les fonds, d’un bleu sombre, seraient plutôt de provenance grecque.

Toutefois, les procédés essentiels et les règles primordiales sont communs aux diverses provinces. Les décorateurs ont obtenu des résultats excellents au point de vue de la durée en peignant à fresque, c’est-à-dire en posant leurs couleurs sur un enduit frais, qu’elles ont pénétré et avec lequel elles ont fait corps.

Le coloris roman estd’unc intensité médiocre; les tons clairs dominent; les ocres jaune et rouge tiennent une grande place. Le mélange des couleurs entre elles et avec le lait de chaux a produit des ensembles harmonieux. On peut faire ces observations dans l’église de Saint-Savin (Vienne), qui renferme les plus importantes peintures murales de l’époque. Dans de nombreuses églises, des traits bruns ou rouges, à pois blancs, accusent les contours des arcs, les encadrements des baies, etc.

Le peintre ne traite pas, comme on le fait aujourd’hui, la peinture murale à la façon d’une peinture de chevalet, et il a raison. Pour considérer un tableau, il n’y a qu’un point uni-

qo l'architecture religieuse romane.

que; une peinture murale, qui est destinée à être vue simultanément par un grand nombre de personnes différemment, placées, doit sacrifier la perspective et le souci de l'imitation. Dans les peintures romanes, même historiées, les teintes sont plates et les tableaux sans profondeur; les tentures sont représentées par un fond sillonné de quelques Iraits qui rappellent les plis sans avoir la prétention de les imiter.

La marqueterie et les incrustations. — On obtenait parfois une décoration polychrome par la combinaison de matériaux diversement colorés. Rentrent dans celte catégorie les appareils décoratifs, ori les blocs sont taillés suivant des dessins de fantaisie et sertis de joints rouges ou noirs. Le Plateau central a fait des marqueteries, quelquefois assez compliquées, en rapprochant sur les parements des pierres de plusieurs teintes. Ailleurs, des claveaux ou des assises alternent, blancs et rouges, blancs et noirs. Des archivoltes d'un gris très foncé encadrent l’arc de quelques fenêtres, que le peuple appelle, paraît-il. fenêtres de Charlemagne.

La mosaïque peut être rattachée à la marqueterie. Elle resta en usage durant l’époque romane et reproduisit les mosaïques romaines, de sorte qu’il est parfois malaisé d’assigner aux unes et aux autres leur date véritable.

Les incrustations sont très variées, .le n’ai pas à parler ici des statues dont les yeux ont un iris en étain. Des chapiteaux étaient relevés d’incrustations métalliques. Des frises, des bandes de pavement comprenaient des dalles gravées, dans le creux desquelles on insérait du plomb, du ciment, du mastic; on pouvait obtenir ainsi de fort jolis dessins.

On fabriquait enfin des carrelages moins coûteux : sur la terre encore molle on appuyait un moule en relief, et l’empreinte ainsi obtenue était remplie d’un eiujobe, d’une terre de couleur différente; on vernissait le tout à l aide d’un sel de plomb et on cuisait. La fusion transformait le sel de plomb en une couverte translucide jaunâtre. Ce procédé donnait, non pas, comme le précédent, un dessin fini, mais des silhouettes

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