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LES SUPPORTS

piquantes et, ce qui n’est pas à dédaigner, des carrelages très durables.

Les supports. — Nous allons maintenant étudier l'application de ces principes et de ces procédés aux diverses parties de l'église romane.

Les fûts des colonnes pleines, adossées, sont quelquefois galbés, renflés, quelquefois tronc-coniques. C’est une rare exception; la règle presque constante est que les fûts soient cylindriques. Certains sont relevés de menus ornements taillés en faible relief. L’école provençale fait usage de cannelures; l'école bourguignonne en cisèle sur les pilastres. Les colonnes engagées de l’époque romane ressortent de plus de la moitié de leur diamètre. On en a fait qui projettent une arête; les fûts ainsi compris ont un accent que 11’ont pas les fûts ronds.

Dans l’architecture antique, l’astragale fait corps avec le fût; on se rend compte que la nécessité de dégager le congé et l'astragale cause du déchet. Cet usage entraîne un autre inconvénient : c’est, que le bas de la corbeille n’est pas protégé, il repose par des arêtes vives sur son lit. L’art roman supprime le congé, qui, d’ailleurs, aurait pu se casser si la colonne avait basculé sous l’effort des pressions obliques et, sauf dans le bassin du Rhône resté plus fidèle aux traditions classiques, il rattache au chapiteau l’astragale, réduit à un simple tore.

Par contre, la colonne romança toujours une base; cette base transmet au tore, en les étalant, les pesées que reçoit le fût. La base forme transition entre la colonne et le socle, comme le chapiteau forme transition entre le sommier ou le tailloir et la colonne. Or, de même que, dans un chapiteau bien compris, une masse est ménagée sous les angles du tailloir, de même, dans les bases, des griffes sont souvent posées sur les angles du socle.

Le socle est carré. Toutefois, le Sud-Ouest a fait sous des piliers plus ou moins compliqués un large socle circulaire.

Quant à la forme de la base, elle varie beaucoup. Dans les pays comme l’Angoumois, où la colonne est faite au tour, des

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE ROMANE

bases ressemblent à des chapiteaux cubiques renversés, — nous allons voir ce que signifient ces mots. — Des bases sont de type fantaisiste et nous ne pouvons pas nous en occuper. En général, la base romane dérive de la base attique (fig. 122)] mais la scotie peut être remplacée par une gorge plus ou moins haute, plus ou moins sèche. Le profil varie suivant les usages de la contrée, suivant la dureté de la pierre, enfin suivant l'angle sous lequel la base doit être vue : on ne traite pas une base qui sera vue de haut en bas comme une base destinée à être vue de bas en haut; celle-ci ( fig . 52, à dr.) sera de profil plus camus, sans quoi le tore inférieur cacherait à l'œil tout le haut de la base.

Fig. 5a. — Bases romanes.

Les chapiteaux. — Le chapiteau se décompose en corbeille et tailloir. Les chapiteaux sans tailloir sont rares, en dehors d’une région dont le Limousin est le centre; on a fait dans celle région de petites colonnes à chapiteaux dépourvus de tailloir. Le tailloir a, dans l’ensemble, l’épannelage d'un bandeau clianfreiné; il est décoré de motifs sculptés, ce qui est plus spécifiquement roman, ou de moulures. 11 dérive de l’épais tailloir latin. Quanta l’abaque attique, il eu subsiste une réminiscence : le haut de la corbeille est creusé et, seuls, de petits dés cubiques aflleurent le bas du tailloir (fig. 57).

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