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LES CHAPITEAUX

ig. 56. — Chapiteau couvert de volutes.

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE ROMAN Ë

riante; ils ont, imaginé ou copié des dessins géométriques (fi g. 55).

Les chapiteaux historiés (fig. 58) sont les plus intéressants, mais non les plus esthétiques.

Les chapiteaux les plus beaux sont les chapiteaux à feuillages : feuilles à refends et côtelées, comme des acanthes (fig. 57), feuilles d’eau pleines et unies. Le feuillage se prête mieux que la figure humaine à des formes logiques : les têtes des feuilles peuvent se recourber en des masses que l'artiste place aux endroits convenables et la décoration des chapiteaux répond à leur fonction.

Il est enfin des pays où le chapiteau déborde sur les murs avoisinants et se poursuit en une frise ornementée.

LES CORNICHES

Les percements. — Les portes varient largement suivant les provinces; toutefois, il est un caractère commun aux diverses régions, c’est la richesse dans la décoration des portes. Le Centre et le Sud-Ouest ont fait des portes et quelques fenêtres polylobées : l’arc est échancré d’une série de concavités semicirculaires.

Les voussures peuvent être ornées de beaux feuillages, ou bien montrer les Vieillards de l’Apocalypse, le combat des Vertus et des Vices, les signes du Zodiaque et les travaux des mois, etc. Sur le tympan, l’imagier roman place le Christ en majesté, accompagné des symboles des Évangélistes, ou encore le Jugement dernier.

Les voussures et les ressauts des pieds-droits sont multipliés, ce qui entraîne une surépaisseur du mur. Le portail forme alors une façon d’édicule en avancée, avec une corniche et un fronton ou un petit toit en talus. Il existe en Provence de ces édicules qui sont des pastiches très réussis de l’antique.

Les corniches. — Dans les corniches, la décoration intéresse les corbeaux, quelquefois les dalles verticales qui sont entre les corbeaux, comme les métopes entre les triglyphes, plus rarement la face inférieure des dalles horizontales. Les corbeaux sont fréquemment historiés, et les histoires en peuvent être des plus risquées : on y voit, entre autres, des péchés capitaux qui sont fort inconvenants, même pour des péchés capitaux. On désigne sous le nom de rnodillon à copeaux ( fig . 59) une sorte de corbeau dans lequel on a figuré des enroulements assez semblables à des copeaux. Ce chapiteau à copeaux, abondant en Auvergne, se rencontre en d’autres régions.

Les corniches couronnent surtout l’abside et les absidioles. C’est, du reste, sur ce point et sur la façade que porte l’effort de la décoration : au chevet et à la façade ouest, on a accumulé les arcades, les archivoltes, les moulures horizontales sous l’appui deâ baies, les fenêtres ouvragées et employé un appareil plus soigné ou même de fantaisie, ondulé, réticulé, imbri-

9§ l’architecture religieuse romane.

qué, etc.; bien des absides sont de moyen appareil, alors que la nef est de petit appareil.

Fig. 59. — ModiJlon à copeaux.

Dans la région poitevine, la façade se présente parfois comme une page immense (fig. 60), où tout un peuple de statues racontait à nos pères les curiosités de la nature et les mystères de la foi. Le plus habituellement, l’ordounance de cette décoration rappelait les dispositions intérieures de l’église, la division en trois nefs.

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