ÉCOLES RÉGIONALES ET ÉCOLES MONASTIQUES. IOI
ques. Le rôle le plus actif est dévolu aux facteurs matériels, intensité des communications journalières, nature et degré de dureté des pierres, etc.
Écoles régionales et écoles monastiques. — Nous venons de voir quelles forces travaillaient au groupement des types d’architecture, à la constitution des styles locaux. Supposons ces forces en activité vers la fin du onzième siècle : les cloisons entre écoles limitrophes n’étaient pas rigoureusement étanches, et les écoles régionales en voie de cristallisation étaient traversées de courants divers, qui apportaient de pays plus ou moins éloignés des procédés et des formes.
Les grandes voies de commerce et de pèlerinages charriaient, avec d’autres ferments de progrès, des manières de construire, des légendes où s’alimentait l’ iconographie. Il existe en France une église qui est presque arabe : elle se trouve à L’Ilôpital- Saint-Blaise (Basses-Pyrénées), sur un chemin de Saint-Jacques. On peut ainsi, le long des vieilles voies, noter des traînées d’influences.
Les architectes se déplaçaient et pouvaient aller édifier à distance une église plus ou moins pareille à celles de leur pays d’origine. Les Lombards, de même qu’aujourd’hui les Limousins, envoyaient au loin des équipes d’ouvriers. L’influence des Lombards est indéniable, notamment sur le littoral méditerranéen, dans les bassins du Rhône et du Rhin et vraisemblablement eu Normandie; mais les Lombards n’irnporlaienl pas un type d’église; ils appliquaient leur méthode à réaliser le type local. Les particularités des églises élevées par eux, bandes lombardes, galerie extérieure ceignant le haut de l’abside, extrados non concentrique à l’intrados, mais tracé d’un centre plus élevé, ne suffisent pas à différencier une école.
Au contraire, certains grands ordres monastiques possédaient, à travers la chrétienté, des églises formant des groupes plus ou moins homogènes. Dans une contrée, on reconnaît aisément les constructions de certains ordres religieux : en Bordelais, les églises des Hospitaliers sont bâties suivant une don-
l’architecture religieuse romane.
née originale et à peu près constante, à une nef sans abside.
Viollet-le-Duc a beaucoup exagéré l’influence de l’ordre de Cluny. Citeaux a une architecture où se réllète l’austérité que saint Bernard avait prônée; assurément toutes les églises des Cisterciens ne sont pas uniformes; mais ils faisaient volontiers
( jig . 6f)des chevets carrés, des transepts développés sur lesquels s’ouvraient des chapelles également carrées, des piliers simples ou armés de colonnes engagées qui, au lieu de partir