LES MODIFICATIONS DU PLAN
neaux de zinc; l’édifice gothique est conçu dans le même esprit : les ogives, les doubleaux, les formerets, les piles, les arcs-boutants, les contreforts sont le squelette; les autres maçonneries peuvent être assimilées à des tentures, qui concourent à clore le vaisseau, mais non pas à en assurer la stabilité. Libre au constructeur de les percer, de les supprimer même, de remplacer les murs par îles verrières et d’obtenir, à la place des sombres nefs, de véritables cages de verre, où les vitraux versent à profusion leur lumière colorée.
Tel est le principe de la construction gothique. Nous allons passer en revue les principales parmi les innovations qui découlent de ce principe.
Les modifications du plan. — En plan, trois ou quatre changements nous frappent surtout.
D’abord, le nouveau système de voûte permet d’accroître les dimensions de l’édifice, et l’église gothique est plus vaste que l'église romane.
En second lieu, les pleins sont considérablement réduits au profit des vides. Si Ton réfléchit un instant au prix des transports pendant le Moyen \ge, on saisira que cette légèreté de la construction gothique fut l une des causes principales de son succès.
En troisième lieu, les absides et les absidioles prennent de plus en plus la forme polygonale, commandée par l’emploi des formerets et par la largeur des fenêtres, qu’il était difficile de faire sur plan courbe.
Enfin, les intervalles entre les piles d’arcs-boutants sont des emplacements tout désignes pour des chapelles; aussi les chapelles absidales forment-elles de bonne heure une couronne ininterrompue autour du déambulatoire, et même, depuis i3oo environ, des chapelles latérales s’alignent le long des bas-côtés de la nef.
Il devient de mode, vers le quatorzième siècle, de faire plus profonde la chapelle placée au fond, dans Taxe, laquelle était généralement dédiée à la Vierge.
l’architecture religieuse gothique.
Dans les grandes églises, le chœur destiné au clergé, entre l’abside et le transept, atteint des dimensions inusitées, au dé- I riment de la nef, où se tenait le peuple. Cela suffirait à prouver l’erreur que Adollet-le-Duc a commise quand il a soutenu (pie la cathédrale gothique était une réaction de l’esprit laïque contre l’inspiration monastique de l'église romane.
Ce chœur, depuis la seconde moitié du treizième siècle, est fermé, du côté de l’ouest, par le jubé et sur les lianes par des clôtures plus ou moins légères, qui, dans les églises à bascôtés, relient les piliers.
Le jubé est couronné, sur toute sa longueur, par une galerie qui servait pour certains chants liturgiques, pour la prédication, pour la lecture de l’Epître et de l’Evangile. Delà lui vient, d’ailleurs, son nom, emprunté à la formule que le diacre adresse au célébrant avant l’Évangile : Jubé, Domne , benedicere.
Les jubés étaient encombrants : ils ont presque partout disparu .
Les cryptes deviennent Irès rares depuis la fin du douzième siècle.
L’architecture gothique n’a pas produit seulement de vastes cathédrales à trois et cinq vaisseaux, mais aussi un très grand nombre d’églises de plan moins compliqué : quelques églises à deux nefs, qui appartiennent surtout à l’ordre de saint Dominique et quantité d’églises à une nef. Parmi ces églises à une seule nef, il faut citer toute une famille de Saintes-Chapelles, élevées dans les palais des grands personnages et qui comprennent assez ordinairement, jusqu’au quatorzième siècle, deux églises superposées, deux étages.
La voûte. — Le maître d’œuvre ne larda pas à dominer les formules nouvelles, à les plier au gré de ses calculs ( fuj . 79). S’il avait adopté pour les diverses nervures des tracés semblables, par exemple le plein-cintre, la flèche de ces nervures aurait varié suivant leur corde, et les clefs. auraient été, dans le cas d’une voûte barlongue, à des niveaux très différents : plus élevées pour la croisée d’ogives, plus basses pour les doubleaux, beau-