LES COMPLICATIONS DE LA VOUTE GOTHIQUE
les nervures; les ogives surtout peuvent être taillées eu cônes effilés et renversés, qui se logent entre les doubleaux. Souvent on éleva ce faisceau par assises horizontales, en tas de charge,
Fig. 84. — Yofilo à liernes cl bercerons.
jusqu’au niveau où les nervures se dégagcn l assez l’une de l’autre pour qu’on puisse donner à chacune son plan de lit normal.
L’architecture du Moyen Age, comme tout ce qui est vivant, n a pas cessé de se transformer. Son évolution, même quand elle paraît inspirée par la fantaisie, est habituellement ration-
L ARCHITECTURE RELIGIEUSE GOTHIQUE
nelle. Ainsi, des voûtes de la fin du gothique ont des clefs pendantes de grandes dimensions, dont Philibert Delorme expose le rôle : quand une voûte esL très élancée et chargée sur les reins,
Fig. 85. — Ossature d’une voûte gothique.
( \ noyau. — lî ogive — C doubleau. — D foi meret. — Iî clef de la croisée d’ogives. E voussoir supérieur du formeret. — G voussoir supérieur du doubleau.)
( D'après Viollet-le Duc.)
elle tend à s’ouvrir du haut; dans ces conditions, une surcharge de la clef « lient la voûte en raison ». Ces grosses et lourdes clefs pendantes ne sont donc pas un caprice de l’imagination, mais le résultat d’un calcul, plus ou moins heureux.
La charpente et la couverture. — Dans quelques pays du Midi, la voûte gothique n’est pas sous charpente; dans cette même région, le toit est généralement très plat. Mais dans l’ensemble de la France, l’organisme délicat de la voûte gothique est abrité par une couverture sur charpente, dont l’acuité va en augmentant jusqu’au début de la Renaissance.
La charpente gothique (fig. S6) est plus légère que la charpente romane. Les types de charpentes gothiques sont très variés. En voici un qui est fort simple et où les fermes romanes massives sont remplacées par des fermettes.
Les fermettes sont des fermes simplifiées, où les chevrons
La charpente et la couverture. i 45
Fig. 86. — Charpente gothique.
l’architecture religieuse gothique.
jouent le rôle des arbalétriers; on ne trouve d'entraits et de poinçons que de loin eu loin; les pannes sont supprimées et les fermettes portent directement le lattis ou le voligeage sur lequel est posée la couverture. Les chevrons, dont la pente est rapide et qui reçoivent le poids des toitures, s’échapperaient s’ils étaient, à la façon des arbalétriers ( fig . 40), le pied libre en avant des goutterots. On les retient en les assujétissant sur des poutrelles diversement combinées et qui prennent place sur l’épaisseur des murs. Ainsi les charpentes contribuent à lester les murs, à les assurer contre le renversement provoqué par les poussées diffuses des quartiers de voûtes.
En principe, un toit doit être aussi simple que possible;
l'idéal est un toit unique à deux versants couvrant la nef et les bas-côtés ou bien un toit à deux versants sur la nef et un toit en appentis sur chaque bas-côté. Les toitures ainsi comprises permettent d’éviter les noues, c’est-à-dire les angles rentrants qui résultent de la rencontre des pans du toit, et les chéneaux
(Extrait, (les Monuments de Toulouse, de Jules (le Eahondès.