‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 57 sur 135 · LES CONTREFORTS ET LES ARCS-BOUTANTS · texte numérisé non relu

LES CONTREFORTS ET LES ARCS-BOUTANTS

l'organe qui décèle le plus d'observation et de subtile ingéniosité.

Parmi les plus anciens édifices gothiques à bas-côtés, certains paraissent avoir reçu, dès l’origine, des arcs-boutants; on a conjecturé qu’il en fut ainsi dans l’église bA lie à Saint-Denis par Suger. D’autres, par exemple, l’abside de Saint-Germaindes-Prés, furent d’abord équilibrés sans arcs-boutants et furent après coup dotés de ce renforcement. Dans d’autres enfin, la nef centrale est épaulée par des murs de refend bâtis sur les doubleaux des voûtes latérales; ces murs, qui étaient de vrais contreforts très saillants, étaient quelquefois évidés par un arc plus ou moins largement percé; on a émis l’idée que cet arc aurait conduit à l’arc-boutant.

Tous les arcs-boutants ne travaillent pas de même façon : les uns (fig. D'i), tracés en quart de cercle et pesamment construits, développent une contre-poussée qui annule en partie la poussée de la voûte et transmettent le surplus au massif de butée; c’est le cas de ces prestigieux arcs boutants (pie l'on

Kig. f)5. — Arc-boutant compris comme un étai.

1 5/* l’architecture religieuse gothique.

construisit, au treizième siècle, en restaurant le chevet de Notre- Dame de Pa ris et qui font l’admiration des hommes du métier. D’autres arcs-boutants, à la cathédrale de Bourges, par exemple, décrivent un arc de moins de 90° et leur silhouette se rapproche de la verticale ; ils semblent reporter sur la culée, en même temps que les poussées, une partie du poids des voûtes. D’autres enfin ( fig . 95) sont compris comme des étais : l'arc proprement dit, très léger, ne sert qu’à soutenir des pièces armées

posées obliquement et qui acheminent la poussée vers la culée, à la manière d’un étançon de bois.

L’établissement d’un arc-boutant donne lieu à plusieurs problèmes intéressants.

En premier lieu, il s’agit d’appliquer l’arc au droit de la

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