‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 59 sur 135 · LES PORTES, LES FENETRES ET LES ROSES · texte numérisé non relu

LES PORTES, LES FENETRES ET LES ROSES

c’est une application de cette loi qui augmente dans l’édifice gothique l’ossature, ou partie active, au détriment des maçonneries de remplissage, ou partie inerte.

Les portes, les fenêtres et les roses. — Dans quelques portes et fenêtres romanes, dans quelques baies de clochers de la même époque, l’ouverture extérieure était surmontée d’un

fronton plus ou moins aigu que l’on appelle gable. Ces gables furent en grande vogue depuis la seconde moitié du treizième siècle (Jig. 10 2); ils pouvaient être ajourés, au point (pie parlois les gables du quinzième siècle laissent une impression de témérité, de fragilité inquiétantes.

iGo l’architecture religieuse gothique.

Les fenêtres gothiques, à cause des dimensions qu’elles avaient atteintes, durent être munies de meneaux de pierre, qui servirent à porter les vitraux, en même temps qu’à étrésillonner l’encadrement ou forme de la baie. Ces meneaux furent d’abord, sauf exception, élevés par assises maçonnées {fig. 125); de bonne heure, on les transforma en un châssis indépendant, fait de pierres en délit et dont le dessin fut de plus en plus léger et tourmenté.

Le dessin de la fenêtre gothique à ses diverses époques est le développement d’une combinaison usitée à l’origine du gothique et qui consiste à percer un oculus circulaire au-dessus de deux baies jumelées : d’abord, les deux arcs, franchement indépendants, étaient néanmoins placés dans un encadrement unique {fig. 125); ensuite, on eut un arc double, retombant sur un meneau relativement mince et, au-dessus, un cercle de pierre, dérivé de l’ oculus {fig. 127) ; plus tard encore, le tracé changea et le remplage, plus léger, se compliqua de redents, destinés à renforcer le fragile réseau {fig. 129 et 131).

Des fenêtres, il convient de rapprocher les roses qui ajourent les murs des façades principales et des transepts. Dans les églises importantes, ce sont d’immenses baies — au transept de Notre-Dame de Paris, le vide des roses atteint près de i3 mètres — dont la construction donne lieu à des problèmes ardus de trait et d’exécution.

La rose comprend une bordure circulaire, appareillée en arc, et des meneaux. Dès le treizième siècle, il est assez fréquent que le grand cercle de pierre s’inscrit dans une baie de forme différente : carrée, ou bien en arc brisé, qui est, dans ce dernier cas, le formeret abritant la rose; entre celle-ci et l’encadrement de la baie, les écoinçons sont garnis d’étrésillons légers, notamment de cercles. Dans les derniers temps du gothique, la rose décrit quelquefois un losange à côtés curvilignes, et deux de ces côtés se confondent avec le formeret.

Les murs; larmiers et corniches. — Il était dans la logique de la construction gothique de réduire de plus en plus

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