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LES NERVURES ET LES ARCS

temps qu’à l’économie; de plus, il s’inquiète de l’effet à produire.

En règle générale, ces sections des arcs et des nervures s’inscrivent d’abord dans un rectangle et plus tard dans un triangle. L’épannelage rectangulaire est, à l’œil, plus vigoureux et plus franc; en outre, il suppose une taille moins profonde, par conséquent moins de déchet et moins de main-d’œuvre. Néanmoins, depuis le quatorzième siècle surtout, l’épannelage triangulaire tend de plus en plus à prédominer.

Quel que soit le profil d’ensemble, le tailleur de pierre s’est appliqué à éviter les coupes qui amaigrissent la pierre et qui l'affaiblissent; le ciseau, en ménageant, le long des moulures principales, de petits listels, évitait un angle rentrant trop aigu et qui aurait pénétré trop avant dans la masse (Jîg. 115 B, G et fig. 116 A). Ce sont des préoccupations dont il faut tenir compte lorsqu’on entreprend d’expliquer les profils.

La section des arcs et des nervures perd sa simplicité à mesure que l’on avance dans la période gothique. Les tailleurs de pierre éprouvaient le besoin d’étaler leur habileté, et ils se faisaient un jeu d’accumuler les courbes et les contre-courbes. Dans une certaine mesure, ce luxe d’arêtes et de refouillemeuts, ces jeux de lumière et d’ombre avaient leur raison d’être : ils accusaient la moindre irrégularité; en ce sens, ils prévenaient les déformations et les mouvements causés par les négligences dans le dressage des lits. Il convient de dire aussi qu’un profil énergique met en valeur les divers organes, leur donne un aspect de vigueur et de fermeté en rapport avec leurs fonctions. 11 faut bien reconnaître, malgré tout, que l’art gothique ne tarda pas à tomber dans l’excès; les profils du quinzième siècle dits prismatiques (fig- 117), tout en arêtes et en courbes concaves, donnent une impression pénible de sécheresse et de maigreur.

L’évolution du profil des nervures peut être ramené à un petit nombre de remarques assez simples, si l’on admet que ces règles ont souffert de nombreuses dérogations. Les exceptions une fois écartées, voici quelques propositions qui sont vraies dans l’ensemble.

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE GOTHIQUE

Les ogives les plus anciennes (fig. 1 15 B) ont la forme d’un gros tore. A toutes les époques on en trouve de section rectangulaire, très lourdes et partant très archaïques; elles sont d’ha-

Fig. i i 5. — Profits d’ogives du douzième siècle.

bitude sous les clochers, "qu’elles assurent contre la trépidation des sonneries (voy. p. 1 63). Mais l’ogive de section normale projette un tore, qui peut être accompagné d’autres tores plus petits et de moulures diverses. Le tore simple est d’aspect indécis et mou : on fit donc des tores en amande; on les accompagna de

Fig. ii6.

Profils d’ogives des treizième, quatorzième et quinzième siècles.

boudins plus étroits (fig. 116 A;; puis, dans la seconde moitié du treizième siècle et au quatorzième, il devint de règle de remplacer l’arête par un filet méplat (fig. 116 B); enfin, le méplat prit du relief, le tore lui-même se fit piriforme et rejoignit les moulures voisines par des contre-courbes (fig. 116 C). La fin

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