LA VALEUR DU STYLE GOTHIQUE. 2II
pas les pieds sur le seuil d'une cathédrale sans que courût en lui un frisson de religieux respect. Combien plus vivement l’église gothique devait émouvoir ces générations croyantes, qui déchiffraient avec une curiosité passionnée les poèmes de pierre des façades et qui croyaient voir les saints des vitraux « descendre dans un rayon de lumière ».
D’ailleurs, la cathédrale du Nord n’est pas tout le gothique : on peut ne pas admirer son élan impétueux vers le ciel ni ses conditions d’équilibre et ses atrcs-boutants, et néanmoins être séduit par le parti plus reposant d’Angers, de Poitiers ou d’Albi.
Ayons l’esprit assez large pour comprendre et pour admirer le beau partout où il se trouve, et, sans nous attarder à rechercher s’il faut mettre l’art grec au-dessus du gothique ou réciproquement, sachons reconnaître que l’un et l’autre méritent de prendre place parmi les créations qui ont le plus honoré le génie humain.