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LES MAISONS D HABITATION

Les maisons d’habitation. — Pas plus qu’aujourd’hui il n’y avait jadis pour les maisons d’habitation un modèle constant et uniforme : le palais, avec ses grandes pièces d’apparat, et l’hôtel entre cour et jardin, où le seigneur opulent vivait loin des bruits de la rue, ne ressemblaient pas à la maison du marchand on de l’artisan, dont la boutique ou l’atelier s’offrait au passant; dans la partie habitable d’un château fortifié, la disposition, subordonnée aux nécessités de la défense, était bien différente de la disposition d'une ferme, et les fermes elles-mêmes variaient suivant les provinces. 11 est permis néanmoins de formuler à propos de la maison du Moyen Age quelques observations générales, qui s’appliquent particulièrement, il est vrai, aux maisons urbaines de moyenne importance.

La maison antique était fermée sur le dehors et se développait autour de cours intérieures à portiques. Dans les villes du Moyen \ge, la place faisait défaut : on supprima les cours et on éleva étage sur étage. C’est pourquoi, à l’exception des constructions monastiques groupées autour du cloître, la cour intérieure ne tient, dans les habitations urbaines de nos climats tempérés, qu’n'ne place très secondaire; la partie importante de la maison, c’est la salle du premier étage, largement percée sur la rue.

La maison est rarement cariée : elle forme un rectangle plus ou moins allongé. Les fermes de la charpente sont perpendiculaires au grand axe et les petits côtés sont terminés en pignon. Quand la façade répond à l’un des grands côtés, elle est couronnée par un versant du toit; si on a placé un petit côté en bordure de la rue, la maison a pignon sur rue.

Le rez-de-chanssée ( Jïg . l 'il) renferme des boutiques, parfois des celliers. Les portes sont très simplement encadrées, et l’ordonnance sobre et sévère fait valoir les fenestrages plus élégants et plus riants des étages élevés. Ce rez-de-chaussée peut être voûté. Il convient de remarquer à ce propos que, dans les constructions civiles, les voûtes sont plutôt réservées aux greniers et aux caves; aussi ont-elles un aspect plus pauvre et plus rude que les voûtes d’églises. Grâce à la faculté de multiplier les supports, on a continué en pleine période gothique à faire

ARCHITECTURE CIVILE ET MILITAIRE

de petites voûtes d’arêtes; ou bien, si les voûtes sont sur croisées d’ogives, les ogives sont de profil moins compliqué, la décoration en sculptures et moulures est réduite au minimum, et l’ensemble paraît antérieur à sa vraie date.

Fig. i 4 2 . r — Façade avec magasin, à Toulouse.

(Extrait des Monuments de Toulouse, de Jules de Lahondès.)

Quand le rez-de-chaussée est affecté à une boutique, la façade n’est pas pour cela défigurée par la fausse architecture d’un placage, d’une devanture. La boutique s’ouvre sur la rue par une large baie, que ferme en haut soit un arc, soit, dans les maisons en bois, un vigoureux poitrail. Un mur bas clôt la baie, mais s’interrompt (fît 7. 1 2), pour laisser un passage qui permet d’entrer dans la boutique.

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LES FENÊTHES.

Le premier étage est occupé par la salle, habituellement couverte d’un plafond de bois. Les poutres portent sur des corbeaux; corbeaux, poutres, solives sont l'objet d’une décoration, peinture ou sculpture, parfois très luxueuse. Il subsiste des plafonds à caissons du quatorzième siècle. L’usage est moderne de ces plafonds de plâtre, privant le bois de l’air qui est nécessaire à sa conservation.

Le second étage est divisé en chambres.

Ainsi qu’il a été dit, les étages au-dessus du' rez-de-chaussée sont ajourés de fenêtres, qui constituent l’un des motifs principaux de l’architecture des façades.

Les fenêtres. — La différence entre les fenêtres d’églises et les fenêtres d’habitations résulte de diverses circonstances : dans les maisons, les fenêtres sont ordinairement sous plafond et non pas sous voûte; de plus, elles doivent s’ouvrir aisément, pour l’aérage. Or, la position de la fenêtre sous plafond, d’une part, et la nécessité d’ouvrir et de fermer, de l’autre, entraînent à donner aux châssis la forme rectangulaire. En un mot, le dessin propre des fenêtres civiles est un rectangle, l’arc appartenant plutôt aux fenêtres de l’architecture religieuse.

Mais l’absence de blocs assez longs pour faire des linteaux, les idées esthétiques alors en honneur, enfin l’influence de l'architecture religieuse donnèrent lieu à des compromis divers. Quelquefois (fig. Irt3), le percement est fermé du haut par un arc en segment de cercle aussi aplati que possible ; dans ce percement, on a placé vers le dedans des bancs de pierre, qui garnissaient les deux côtés de l'ébrasement et vers le dehors, affleurant le parement extérieur, on a monté un fenestrage léger, Entre ce fenestrage el le sol, il était inutile de maçonner un mur épais; on se contentait d’une allégé, aussi mince que le fenestrage lui-même. Quelquefois, le couronnement du fenestrage consiste, soit en de vrais arcs construits, soit en des arcs simulés sur un linteau.

Une ou deux colonnettes partagent souvent la baie : elles soulagent l’arc ou le linteau et elles réduisent la surface ries

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vitrages. Il importait, en effet, pour que ces vitrages pussent résister au vent, de les ramener à des dimensions médiocres.

Enfin, depuis le treizième siècle, depuis le quatorzième surtout, les architectes, prenant un parti plus frauc, firent des croisées de pierre, où les meneaux verticaux étaient coupés par

Fig. i43. — Fenêtre civile.

(A B G D embrasure. — E allège. — F appui. — G ébrasement. — Il tableau, [ Feuillure. — K linteau. — L tympan. — M arc de décharge).

des traverses. Le linteau de ces croisées était, à l’extérieur, abrité par un larmier.

Les fenêtres pouvaient rester ouvertes ou bien être closes de toile, de papier huilé, de petits carreaux de vitre montés sur plomb, quelquefois de volets de bois. Il est plus ordinaire que les volets accompagnent des châssis vitrés. Châssis et volets

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