LA POUSSÉE
poids el la réaction qu’il reçoit des claveaux entre lesquels il esl enserré. Quand on représente graphiquement la résultante de l'une et de l’autre force, on obtient une courbe dite courbe des pressions. A la naissance de l’arc, celte courbe se résout en une ligne oblique, représentative de la poussée ( Jig . 3, à gau-
che). La poussée esl donc une force oblique, laquelle tend à renverser le haut des pieds-droits, à disloquer les maçonneries : elle produit des lézardes qui sont des joints élargis.
Si nous examinons quelle part revient, dans cette poussée, à chacun des claveaux, nous nous rendrons compte qu’à poids égal le bloc est d’autant plus puissamment sollicité par la pesanteur que son lit inférieur se rapproche davantage de la verticale. La clef et les claveaux voisins de la clef sont donc ceux qui agissent le plus. Ainsi, les claveaux qui gagnent en hauteur poussent peu; la poussée vient surtout de ceux qui gagnent en largeur. D’où il suit que moins l’arc est élancé el plus la poussée est considérable.
Prenons pour terme de comparaison l’arc en demi-cercle ou
plein-cintre : l’arc en segment ( Jig . 4) pousse davantage; de même l’arc en anse-de-panier (Jig. 5), lequel est surbaissé et formé de courbes en nombre impair qui se raccordent entre
elles. Dans une série d’arcs brisés (Jig. 98), les plus aigus sont aussi les plus résistants.
Quant à l'arc surhaussé (Jig. 6), c’est en réalité un plein-cin-
Fig. 5. — Arc en anse-de-panier.
tre ; la naissance est dissimulée par un artifice qui abaisse les moulures destinées à marquer la fin du support et le commencement de l’arc. Ce trompe-l’œil ne modifie en rien l’équilibre.
L’arc, pour être solide et pour porter la charge qu’on lui impose, doit avoir une certaine épaisseur. On peut, au lieu d’un arc à claveaux très longs, faire un arc composé de claveaux iné-