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LES TOITURES, LES LUCARNES, CRUTES, ETC

La Renaissance et l’art classique ont négligé l’hygiène et la propreté; le Moyen Age, au contraire, s’en est largement préoccupé. Ainsi les sièges de latrines étaient nombreux, beaucoup plus que de nos jours : dans certains établissements, on en comptait autant que de lits. Ces traditions se sont maintenues dans quelques maisons religieuses : au Montserrat, par exemple, dans le logis des hôtes, chaque clef de chambre ouvre un cabinet.

Les matières tombaient, soit dans une fosse, soit dans un cours d'eau, soit, à la campagne, sur le sol.

Les latrines des châteaux étaient souvent de petites logettes accrochées au parement extérieur de l'enceinte et s’ouvrant du bas sur le fossé.

Les toitures, les lucarnes, crêtes, etc. — Les combles prirent un développement important au treizième siècle; leur coupe, dans les provinces du Nord, dessina un triangle équilatéral ou même un angle plus aigu.

Il fallut, de ce jour, utiliser pour le logement partie de la hauteur des combles. C’est ainsi qu’on fut amené à percer des lucarnes dans les toitures. Lorsque les lucarnes sont posées dans le plan du mur, elles peuvent être en pierre; elles sont en bois quand elles sont en arrière de la façade et qu'elles portent sur la charpente, ou quand il s’agit d’une maison de bois.

L’encadrement de la lucarne est vertical, le toit est oblique; la lucarne se détache donc du toit et, de plus, il lui faut une assiette suffisante pour résister aux diverses forces qui la poussent. C’est pourquoi certaines lucarnes sont d’architecture assez compliquée, empattements, contreforts, clochetons et même arcs-boutants.

Les toits présenteraient sur la ligne de faîte, à la rencontre des versants, une fissure par où la pluie ou la neige pénétreraient, si on ne recouvrait pas l’extrémité supérieure des cours de tuiles de l’un et de l’autre rampant par des tuiles faîtières. Dans les constructions importantes, ces tuiles faîtières peuvent être remplacées par des pièces de pierre, de poterie ou de métal,

ARCHITECTURE CIVILE ET MILITAIRE

à peu près semblables à des luiles creuses portant un ornement. L’ensemble constitue une crête.

Le dessin des crêtes varie suivant les époques. Le gothique a laissé des crêtes de plomb travaillé au marteau et soutenu par une armature de fer; certaines affectent une forme simple, dont la vigueur nerveuse est remarquable.

Aux angles du toit s’élèvent les épis. De même que la crête, l’épi a une origine utilitaire : il accuse, en vue du décor, un moyen de construction. Supposons un comble dont l’extrémité, au lieu d’être arrêtée verticalement par un pignon, tombe obliquement : c’est ce qu’on appelle une croupe. Dans les croupes, la tête du poinçon reçoit, au même niveau, l’assemblage de plusieurs arbalétriers, d’où la nécessité de ne pas le scier immédiatement au-dessus de ces assemblages; le poinçon perce donc le toit et une aiguille apparaît plus haut que le faîte. Au lieu de laisser le poinçon nu, misérable et exposé à la pluie, on l’habille d’un motif de poterie ou de métal, on le continue en une tige portant des Heurs ou une girouette. C’est l’épi; il peut être vivement colorié et, comme la crête, il est parfois de très joli style.

Enfin, les toits sont encore agrémentés par les tuyaux de cheminée. Ces tuyaux sont souvent étudiés avec plus de soin que de nos jours; ils sont plus originaux et plus variés. On en conserve depuis le douzième siècle, qui sont des œuvres personnelles, d’une valeur très appréciable.

Les plans de villes. • — Les vieilles maisons déjetées et ventrues, titubant et se bousculant au-dessus des ruelles sombres, donnent l’impression d’un désordre achevé. Une erreur trop répandue fait de cette irrégularité une caractéristique du Moyen Age : on ne comprend pas celui-ci sans celle-là. Il est vrai que la modicité des budgets ne permettait pas de percer à travers ces pâtés d’immeubles des voies droites et larges, claires et saines. Il est vrai encore que les maîtres d’œuvres, sacrifiant la symétrie des façades aux convenances du programme, préféraient à une architecture plus solennelle une architecture plus commode

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