‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 84 sur 135 · TBACÉ DES FORTIFICATIONS : FLANQUEMENT, TOURS · texte numérisé non relu

TBACÉ DES FORTIFICATIONS : FLANQUEMENT, TOURS

Le tracé des fortifications : le flanquement, les tours. — La

fortification ne doit pas seulement fournir aux défenseurs d’une place un abri passif, des murs assez hauts pour défier l’escalade, assez solides pour résister au choc des projectiles, à la sape ou à la mine; elle doit aussi faire rendre aux projectiles de la défense leur maximum d’effet.

Le tir naturel du défenseur est dirigé perpendiculairement à la portion du mur qui l’abrite; le tir oblique est difficile et peu efficace. L’ingénieur militaire, combine le plan des murailles de telle sorte que le tir normal couvre de ses projectiles tous les abords de la forteresse.

Mais ce tir de face ne peut atteindre le pied même du mur. En outre, il faut prévoir que telle portion de l’enceinte pourra être réduite à l’impuissance. L’ingénieur se préoccupe donc de solidariser les divers points; sur le front, il répartit des saillants suffisamment rapprochés pour s’entr’aider, ayant des vues sur les secteurs privés de projectiles et permettant de prendre de flanc l’assiégeant qui attaque les murailles entre ces saillants. C’est ce qu’on appelle le flanquement.

Le -flanquement est obtenu par des tracés divers : tracé à redents, qui pousse des angles vers l’extérieur, tracé à crémaillère, tracé sinueux, où les parties qui sont le mieux défendues forment saillie et battent les parties rentrantes, qui sonl plus faibles. Le moyen courant d’obtenir le flanquement consiste à construire des tours, qui, de plus, s’élèvent au-dessus des murailles et les dominent. On appelle courtines les murailles entre les tours.

En théorie, l’espacement des tours dépendait de la portée des armes, des arcs. Dans la pratique, on a pu faire les tours plus distantes sur les fronts protégés par des obstacles naturels et on a pu les multiplier sur des points importants ou sensibles. Ainsi, dans une enceinte du Château-Gaillard des Andelys, le mur décrit des festons qui rappellent, en plan, des tours peu saillantes et presque tangentes; c’était un moyen de substituer a une ligne de feux parallèles une série de tirs rayonnants.

Les tours peuvent être en saillie sur les fronts, de toute leur

ARCHITECTURE CIVILE ET MILITAIRE

profondeur, ou à cheval sur les courtines. Quelques-unes sont en arrière des murailles, qu’elles commandent sans les llanquer.

Les tours sont tantôt rondes et tantôt, surtout dans le Midi, rectangulaires ou carrées. Le Nord a délaissé ce plan, pour y revenir au quatorzième siècle. La tour rectangulaire ou carrée offre divers inconvénients : elle donne plus de prise au bélier; elle laisse en avant de ses angles saillants des secteurs privés de

Fig. i48. — Secteurs privés de projectiles.

(Ce sont les aires couvertes de hachures.)

projectiles ( fig . UiS), que son tir normal ne couvre pas, et, de plus, en avant de sa face antérieure, un angle mort {fig. 1^9), peu ou point balayé par le tir oblique des courtines.

Fig. i 4q - — Angle mort.

(C’est l’aire couverte de hachures.)

Les tours rondes présentent plusieurs avantages : elles se défendent mieux contre les chocs; le bélier ou les projectiles lancés par les engins lendent à glisser suivant la tangente et, sous leur action, les blocs de la maçonnerie se coincent au lieu de se disloquer. Avec la tour ronde, le tir peut être dirigé vers tous les points de l’horizon; une tour ronde plantée sur l’angle d’une

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