La théorie de la rente foncière. — Un économiste
anglais, Ricardo, qui écrivait au commencement du xix** siècle, a attaché son nom à la théorie de la rente que d'autres avaient entrevue avant lui. « La rente, dit-il, est cette portion du produit de la terre que l'on paye au propriétaire pour avoir le droit d'exploiter les facultés productives el impérissables du sol : » voilà sa définition.
Voici sa théorie. Les hommes ont dû commencer par cultiver les terrains les plus productifs, et, tant que ces terrains ont été en assez grande quantité pour suffire à toute la consommation, il n'y a pas eu de rente. Quand Taecroissement de la population les a rendus insuffisants, il a fallu que des cultivateurs défrichassent des terrains moins productifs et que les consommateurs payassent le blé au prix que coûtait la production sur ces derniers terrains; le prix du blé a haussé et les cultivateurs des premiers terrains ont eu un excédent de revenu qui est précisément la rente. Quand Faccroissement de la population a fait mettre en culture les terrains de troisième qualité, le prix a encore haussé ; la rente a commencé pour les terrains de seconde qualité, el celle des terrains de première qualité a augmenté. Et ainsi de suite, de sorte qu'on peut dresser le tableau suivant :
TERRBS
1»^ qualité.
PREMIÈRE ép OQUE
Seules
cultivées,
rente = 0.
Non cultivées .
Idem.
Idem.