La liberté et la responsabilité. — L'homme produit
par son travail ; l'homme capitalise par son épargne ; l'homme, en un mot, fait la richesse et, dans Jes limites des forces que la nature met à sa disposition et des circonstances sociales
OU accidentelles qui le secondent ou le gênent, il est l'artisan de sa destinée matérielle. Plus la force productive qu'il possède par ses facultés personnelles ou par ses capitaux est puissante et libre, meilleure en général est cette destinée. C'est pourquoi r économie politique conclut au développement le plus complet de la valeur intrinsèque de r homme ei à la formation de son activité, de son intelligence^ de sa moralité et, conséquemment , de sa liberté par laquelle il met en œuvre son activité et son intelligence. La liberté individuelle, dans une société bien pondérée, doit grandir avec la civilisation ; mais avec la liberté doit grandir parallèlement la responsabilité qu'ail est Juste de faire toujours proportionnelle à la liberté.
Plus, d'une part, est entière la liberté de produire, de louer ses services, de vendre, d'acheter, plus, d'autre part, la responsabilité doit être sérieuse; c'est ainsi que la justice règne dans les intérêts matériels. Nul, en effet, n'a droit de se croire ni de se dire opprimé quand chacun, passant ses contrats d^échange quand il veut, comme il veut, avec qui il veut, subit seulement les nécessités inhérentes à la nature des choses, mais ne subit pas de gêne provenant des règlements sociaux. La supériorité économique des hommes les uns sur les autres ne peut alors être attribuée qu'à une plus grande force de production, naturelle ou acquise : or on sait que, dans tintéret général, il ny a jamais trop de forces productives et de telles supériorités sont avantageuses à la fois à celui qui les possède et à la société.
Tout par le travail et par l'épargne est la maxime que doit avoir devant les yeux tout homme entrant dans la carrière ; il doit savoir qu'en parcourant celte carrière il sera probablement récompensé par la bonne ou par la mauvaise fortune, selon qu'il aura été laborieux, intelligent, persévérant, économe ou paresseux, capricieux, prodigue, c'est-àdire selon qu'il aura, au profit de ses semblables comme au sien, créé ou manqué à créer ou même détruit des utilités : A chacun selon ses œuvres.