Une critique du salariat Le Salariat a été amère
ment critiqué, comme étant un mode inique d’exploitation du travail par le capital.
Nous savons que le salariat nest pas une exploitation du travail par le capital, mais une sorte d'association du tiavail et du capitol. Sans le travail, le capital ne peut rien;^ sans le capital, le travail est impuissant, et le travail est d autanli)lus fécond et mieux rémunéré que le capital est
• LA PART DU TRAVAIL SALARIÉ FU
plus abondant : voilà une vérité que nous avons déjà démontrée (voir § 25).
Le salariat n’est ni une exploitation ni un esclavage, mais un contrat libre. L’homme exploite la matière, et, depuis que la liberté individuelle a été proclamée avec l’abolition du servage en 1789 sur la terre de France, avec l’abobtion -Je l’esclavage dans nos colonies en 1848, le Français n’a plus d’autres esclaves que les forces de la nature appropriées par son industrie; il vit avec des bomm.es qui sont ses égaux et il passe avec eux des marchés dans lesquels les parties contractantes défendent leurs intérêts. L’ouvrier ne peut pas plus dire qu’il est exploité par son patron, que le patron ne peut le dire de son banquier, le détaillant du négociant en gros, l’acheteur du marchand.
Sans doute la position du capitaliste s’est trouvée souvent pi us. avantageuse dans le débat du taux du salaire que celle de l’ouvrier. Ce dernier avantage est justice ; car, si le capital est une puissance capable d’accroître la force productive et le revenu d’un individu, il est le résultat d’une vertu, l'épargne, justement récompensée par l’accroissement du bien-être de celui qui a fait l’épargne ou de ceux en vue desquels l’épargne a été faite. Aussi le salarié doit-il s’efforcer de devenir lui-même, par l’épargne, un capitaliste.
Il l’est quelquefois. Ün grand nombre d’employés, de con- Iremaîlres, de domestiques ont des économies qu’ils placent en actions ou autrement. Tout en restant salariés, ils touchent le revenu de leur capital, et ils doivent comprendre qu’ils ne sont ni exploiteurs ni exploités. D’ailleurs, dans l’état actuel de la société française, il s’en faut de beaucoup que l’avantage reste toujours au patron; l’accroissement des salaires et du prix de certains services fait voir qui l’emporte d’ordinaire du maître ou du salarié, du petit artisan à façon ou du consommateur.
Cependant, comme tous les modes de l’activité humaine, le salariat a ses inconvénients, ün des plus graves est le peu de ressort qu’il donne au sentiment de la responsabilité et de l'intérêt personnel. Il arrive que tel ouvrier travaille mollement et ménage mal les matières premières
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