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PRÉCIS d’économie politique

LE CREDIT

Le créflil public el privé donne naissance à une grande quantilé de tdres di\ers (|ui se vendent et s'acbclcnt comme toute marchandise; la Bourse est le lieu où se négocient officiellement ces valeurs.

8(». Les effets de eommerce. — Le crédit commercial se présente sous plusieurs formes qui sont les effets de commerce. 11 convient de les examiner.

1° Un fabricant de toiles du Mans est eu relation avec un marchand de nouveautés de Paris. Il lui vend, au prix de 1000 fr., vingt pièces de toile, et l’acheteur, qui n’a pas d’argent comptant, donne un billet simple à peu prés conçu en ces termes :

« A quatre-vingt-dix jours de date, je payerai à M. Pierre Courtois la somme de mille francs, valeur reçue en marchandises. » Il date et il signe.

Première forme du crédit commercial. Cette forme a un inconvénient qui fait qu’elle est peu usitée : elle immobilise un des deux termes de l’échange. Voilà bien les vingt pièces parties; l’acheteur les vendra à d’autres, qui les revendront à leur tour, el elles circuleront. Mais la promesse de payement ne circulera pas; il n’y a qu’un Pierre Courtois, et, comme c’est à lui seul que le débiteur a promis de payer, il faut que, pendant quatre-vingt-dix jours, il garde celte promesse, stérile, dans son portefeuille.

2° « A quatre-vingt-dix jours de date, je payerai au porteur la somme de mille francs, valeur reçue on marchandises, » Avec la date et la signature.

Cette seconde forme est celle du billet au porteur., laquelle est aussi d’un usage peu fréquent, parce qu’elle a d’autres inconvénients. Il est vrai que la susdite promesse peut circuler; que. dès le lendemain du jour où elle a été signée, le fabricant de toiles peut la transmettre au filateur auquel il doit 1000 francs el qui la transmettra peut-être à son tour à son mécanicien, jusqu’à ce qu’entin, au quatre-vingt-dixième jour, elle revienne au souscripteur, c’est-à-dire au débiteur, qui est le premier acheteur. Mais, si ce billet au porteur vient à être perdu ou volé, celui qui l’aura entre les mains pourra, si le débiteur est sans défiance, en loucher le mou-

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tant à l’échéance tout comme s’il en était le légitime propriétaire : premier inconvénient. Le vendeur a accepté le billet parce qu’il a confiance dans l’achcleur; mais qui répond que le filateur, qui ne connaît peut-être pas cet acheteur, aura la même confiance? S’il l’a, le mécanicien et d’autres personnes ne l’auront certainement pas; ils refuseront une promesse de payement qui, pour eux, n’offrira pas une garantie suffisante. Si donc le billet sort du portefeuille du premier vendeur, il s’arrêtera entre les mains de la seconde ou de la troisième personne : second inconvénient qui gêne la circulation d’un des deux termes de l’échange.

3° Il faut trouver à la fois le moyen de faire circuler la promesse et d’inspirer à tous ceux à qui l’on pourrait l’offrir la confiance d'un remboursement à peu près certain. C’est ce que l’on obtiendra en écrivant sur le billet :

« A quatre-vingt-dix jours de date, je payerai à M. Pierre Courtois ou à son ordre la somme de mille francs, valeur reçue en marchandises. » Avec la date et la signature.

k l’aide des mots : « à son ordre, » on constitue le billet à ordre, troisième forme qui lève les difficultés précédentes. En effet, si le manufacturier veut payer son filateur, il lui suffit d’écrire au dos du billet : « Payez à l’ordre de M. Jacques, filateur, » de signer et dater.

Le souscripteur s’est engagé à payer suivant l’ordre qu’il recevrait. Eh bien, l’ordre est de payer ainsi qu’il conviendra à M. Jacijues, auquel sont transmis tous les droits du propriétaire de l’effet; et comme, entre autres droits, il a celui de donner aussi ses ordres pour le payement, il peut passer le billet à son mécanicien, en mellanl :

« Payez à l’ordre de M. Paul, mécanicien, » avec signature et date.

La promesse circule ainsi de main en main, transmise par des ordres successifs qu’on appelle endossements.

11 n’y a plus à craindre désormais que le billet soit dérobé, puisque le souscripteur ne doit payer que sur l’ordre de la personne nommée par le dernier endosseur. 11 n’y a pas non plus lieu de se défier; car la loi veut que chacune des personnes qui mettent leur signature au dos d’un billet à ordre

PRÉCIS D’kCONOMIE POLITIQUE

r ‘ponde du payement, si, à l’échéance, le souscripteur ne

I acijuilte pas. Cette loi est juste; car il ne faut pas perdre aevue que le papier n’est pas un payement réel, mais une p) omesse , les endosseurs n ont donc transmis successivement à leurs créanciers qu’une promesse; si la promesse ne se rsdise pas, ils n’en restent pas moins débiteurs et il est naturel qu’ils soient tenus d’ac({uitter leur dette. Il s’ensuit que, q lel (|u’ail été le souscripteur, on n’a i^uére besoin de s'inq liéler (jue de la sohabilité de la personne qui transmet il imédiatement 1 effet, solvaliilité dont on ne doute pas plus e, 1 généial que le labricant de toiles du Mans n’a douté du n areband de nouveautés de Paris, puisqu’il y a une opérali )n commerciale et une valeur réelle sous chacune de ces

II ansmissions successives.

Plus un billet au porteur s’éloigne de sa source, plus il devient inconnu et moins il inspire de conliance; plus un billet à ordre circule, plus il reçoit d’endossemimts, autrement dit de cautions du payement, et plus il gagne en solidité. Citte troisième forme du crédit commercial, ([iii permet aux diux termes de l’écliange de circuler aussi lacilement l’un que I autre avant que l’échange ait été rendu complet par le peyemenl définitif, atteint pleinement le but que se propose toit ciédit; elle est par cette raison d’un usage très fréqi ent dans le commerce.

4° On a imaginé une autre forme très usitée aussi dans le conmerce, surtout dans le commerce avec l’étrauger. En ré,, de générale, un débiteur n’a jamais bâte de payer ses de tes, ni de substituer au crédit simple le crédit commercial pa ; lequel il engage sa signature et s’expose à voir saisir ses bi( ns, s il ne s acquitte pas à l’échéance; aussi ne s’empresset-i guère de remettre à son créancier des billets à ordre. De plus, il arrive souvent, comme dans l’exemple précédent, qu3 vendeur et acheteur ne demeurent pas dans le même lie u Le billet à ordre dans ce cas présente un inconvénient, puisque le vendeur ne peut pas l’exiger de la main à la mnn. et que l’acheteur peut le faire attendre longtemps.

D «lillcurs, 1 acheteur peut croire de bonne loi que son ven- ‘ deiii n a pas besoin d urgent; n est-il pas naturel que celui qui

LE CREDIT

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désire être payé réclame le payement et le réclame au moment même où ce payement lui e-t nécessaire? On peut épargner ainsi des a ances inutiles et du temps, lequel est toujours précieux. Or quand le vendeur a-t-il besoin d’être payé? Évidemment, c’est au moment où il a lui-même une dette à payer.

Supposons (jue, le lendemain du jour où le manufacturier a livré ses toiles, sou fournisseur, en lui apportant pour 1000 francs de fils, lui demande immédiatement son payement, ou plutôt, ce qu’on appelle en terme de commerce, un règlement. Il lui remet un billet à peu près conçu en ces termes :

« A quatre-vingt-dix jours de date, veuillez payer par la pré'ente de change, à l’ordre de M. Jacques, filateur, la somme de mille francs, valeur reçue en marchandises. »

Il signe et il date.

Ce billet est adressé au marchand de nouveautés, et M. Courtois met au bas, comme on mettrait sur l’enveloppe d’une lettre ; « A M. Charles, marchand do nouveautés, 13, rue du Temple, Paris. »

C’est la quatrième forme du crédit comyiercial, celle qu’on appelle la lettre de change.

La lettre de change est l’inverse du billet à ordre; par celui-ci, c’est l’emprunteur qui promet de payer; par celle-là, c’est le prêteur qui ordonne de payer. Comme le contrat de change consistait jadis à faire livrer dans un lieu une valeur fournie dans un autre lieu, et (jue la lettre de change ne fait que constater le contrat de change, il fallait naguère, d’a|»rès la loi française, que la lettre fût tirée d’un lieu sur un autre. Aujourd’hui, en France, comme dans la plupart des autres pays, celte restriction n’existe plus.

Il est toujours sage, il est même dans certains cas indispensable de prévenir le débiteur (jue l’on vient de tirer sur lui et de lui faire accejiter la lettre de change, c’est-à-dire d’envoyer cette lettre au débiteur, à Charles, qui est tenu d’y mettre sa signature et ces mots : « Accepté pour la somme de mille francs. » C’est la reconnaissance formelle de sa dette.

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PRI'XIS d’écüno.mie domestique

l'aule de celle acceplalion, Chni-les ne sérail tenu à rien et

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eiîieiu, cette leserve est necessaire.

Avant d’avoir circulé, la lelire de chanee accentée a donc

^ solidité. Le filaleiir qui la possède dans son

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nui rénlnden I "esocianls, du tireur et du tiré,

lui reponden du payement. Quand lui-même la pa«se i son

mécanicien il l’endosse et il lui donne encore plus de soli

Pe en y ajoutant une troisième signature et, par cot senne '

"lie irotstctne Korantie. La lettre circule ensuite " :

rnain, oujours par endossement, comme le billet à ordre

Ala.3 elle a sur celui-ci une supériorité : toutes lercLleîr

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ei le manufaclurier devait mille francs au filatcur Si U

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S« 11 e Ln/ t ‘Xémecoup.

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ccepiees parles debiteurs; dans la pratique, elles le sont

en ellet, presque toujours. Mais il y a des cas où la nécessité de I acceptation deviendrait une gène. En voici un, par exemple. Supposez que le marchand de nouveautés ne soit nas nu U, -même acheter les vingt pièces de toile au 1 a.'is mri

la iiniei ail oliei immédiatement à cet ordre. Le leiidernaln

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accepteiait-il une lettre de change de mille francs avant i avoir reçu les toiles et examiné si elles sont bien te l^s 1’ es avait commandées? Évidemment non. Et pouHant îl faut

inlérc%^o/nm^^^^ ^ Jacques. Pour concilier les deux iiUcIs, on modifie en ces fermes la rédaction du billet :

qua re-vinyl-dix jours de date, il vous plaira payer par

LE CREDIT zJD

le préseift mandat, non susceptible d'acceptation, à l’ordre de M. Jacques, filateur, la somme de mille francs, valeur reçue en martdiondises. »

On signe et on date.

La garantie est moindre que dans le cas précédent, puisque le tiré pourrait dire à l’échéance qu’il ne connaît pas celte dette; mais le tireur reste toujours responsable, et, à défaut du tiré, ce serait lui qui serait obligé de payer. Le mandat présente la même sécurité (ju’un billet a ordre souscrit à M. Jac(|ucs et il a sur le billet à ordre l’avantage de liquider deux alïaires.

87. Le Pôle des bamnies. — Nous savons que le crédit ne peut pas être gratuit : tout service doit avoir son salaire.

Quand un négociant fait crédit à un autre et accepte un effet en payement, il a l’avantage de vendre immédiatement sa marchandise et de pouvoir lennuvcler son approvisionnement; mieux vaut prendre un billet à quarante jours de date avec lequel on peut acheter d’autres produits que de garder sa marchandise encore quarante jours en magasin pour attendre un acheteur au comptant. Si l’acbcteur avait [;ayé en espèces sonnantes, on lui aurait fait l’escompte, c’est-à-dire une légère diminution sur le prix de la facture; accepter de lui un effet en payement est une autre manière de consentir à une légère diminution. Le besoin de vendre est la raison d'être du crédit commercial et il est naturel de payer la satisfaction de ce besoin.

Si le même négociant voulait échanger son billet, non jilus contre une marebandise quelconque, mais contre la somme d’argent que ce billet représente, il ne le pourrait pas au même titre, parce que, dans les conditions ordinaires, nul n’éprouve le besoin d’éclianger une valeur réelle contre la promesse de celle même valeur, c’esl-à-dire plus contre moins. Donner de l'argent contre un billet, c'est prêter de l'argent jusqu’à l'échéance, et ce prêt, comme tout autre, doit produire un intérêt, lequel n’est pas moins légitime dans ce cas que dans les autres et prend le nom particulier ^'escompte.

Voici un exemple. M. Jacques, filateur, auquel a été remise la lettre de change de lOOü francs tirée sur M. Charles, a

besoin d’argeiU pour payer ses ouvriers le lendemain. Or il lui laudrait atlendre encore quafre-viiuïls jours riour être payé lui même par M. Charles. Il va donc Irouver une personne qui possède do l’argent; il lui remet l’elîet qu’il passe à srm ordre et ii eu reçoit, en échange, 1000 francs moins I mleref de 1000 francs pendant qnalre-vingts jours, soit 99:2 fr. :20, en calculant l'intérêl à 4 p. 100.

C’est bi ce qu’on appelle e,vcomp/çe nu Celle dernière translormalion est le complément nécessaire du crédit commercial. Mais les commerçants, qui peuvent dans leur indus- Irie taire produire à leurs capitaux un intérêt supérieur à 4 p. 100, sont en général peu disposés à les céder de cette manière; il laut des établissements spéciaux où l’on fasse prolession d'escCmpter les effets de commerce.

Autre cas. Le manutacturier du Mans a un {layeuient à faire a 31arseille. Comme il est coûteux et embarrassant d envoyer de l’argent, lequel pourrait être perdu ou volé en route, il désire trouver au Mans un établissement qui lui procure contre leur argent comptant une- lettre de cbanfre payable à Marseille, comme Jac([ues désirait tout à l’heure trouver de l’argent comptant en échange d’un effet.

Enfin il y a des gen« (jui désirent, sous une forme ou sous une autre, emprunter de l’argent; il y en a aussi qui désirent prêter de l’argent et qui ne connaissent pas d'emprunteurs ou qui n’osent pas se conlier à ceux qu’ils connaissent. Les uns et les autres ont besoin de trouver quel*

<iue part des bureaux de crédit qui mettent en rannort [u-êteurs et emprunleurs.

Ces établissements, ces bureaux, ce sont les banques qui sont placées en (juelque sorte au sommet du crédit lecevant, d mie part, et rassemblant les capitaux de ceux qui veulent prêter, dispensant, d'autre part, les capitaux a ceux qui veulent emprunter. On pourrait comparer la bamjue, indispensable instrument de la circulation, à un résercuir de capitciux, wmm d’une pompe aspirante et foulante et agissant sur les capitaux comme une pompe agit sur l’eau.

On [lourrait aussi nommer le bawpder un marchand de capital et de crédit.

LE CREDIT

Ceux qui ont de l’argent à placer viennent le lui offrir, et il leur en aL*hète la jouissance en leur [layanl un certain intérêt de cet argent ; c’est bien du crédit qu'il achète, car ces placements ne sont pas autre chose que des avances de la marchandise nommée argent que lui font ses clients.

Ceux qui ont besoin d’argent viennent lui en acheter, sous forme de prêt direct, de prêt sur gage, d’escompte, de négociation d’effet de commerce; c'est du ci'édit qu'il vend ({uand il avance une valeur qui ne lui sera remboursée (jue plus tard, et, comme tout inarcliand, il \end sa marchandise, c’est-à-dire le capital et le crédit, plus cher qu’il ne l’a achetée.

Il est aisé de comprendre par là l’importance du i\Me que joue la banque dans le mouvement des capitaux.

SS. Le niéeiuiisiiic des banques. — Il faut indiquer le mécanisme par lequel une bamjue opère.

Quand une bampie se constitue, elle possède un certain capital. Mais, quel ijue soit ce capital, il ne figure d’ordinaire que comme une faible fraction dans le total de ses opérations. Une partie, engagée dans les frais de premier établissement, se trouve immobilisée; une- autre partie est (juelquefois convertie en rentes, en actions, en immeubles et sert à donner aux affaires de la maison une garantie. Une partie seulement, que les bénéfices peuvent, il est vrai, accroître chaque année, se trouve en espèces ilans la caisse et peut être employée directement aux opérations de commerce.

1® Beaucoup de gens, qui n’ont pas besoin de leur argent, le portent chez le banquier, avons nous dit : les particuliers font bien de ne pas laisser de l’argent dormir dans leur caisse. La banque rassemble ainsi les épargnes du rentier et du travailleur, l’argent inutile au commerçant, les fonds (jui, ne trouvant pas un emploi immédiat, cherchent un [ilacement qui soit sufrisaminent sûr et d’un dégagement facile. Elle attire et retient ces capitaux en leur payant pres([iie toujours un intérêt d’autant plus élevé qu’ils lui sont prêtés pour un temps plus long. C’est par cette opération (lu'elle achète l’usage des capitaux, autrement dit rinslrument de crédit. Les capitaux prêtés s'appellent les dépôts.

PRÉCIS d’économie politique

Celui qui les a déposés peut, suivant les conventions, les relirer à vue ou eu prévenant un cerîain tenijis d’avaiice, eu totalité ou en partie, directement lui-inéme ou en donnant à ses créanciers des chèques ou mandats sur la banque.

En faisant l'ructitier les petits comme les ^mos capitaux, la bainiue sliniule l’épargne, mère du capital et de la richesse, et l'end ainsi un double service, et par les capitaux qu’elle utilise, et par les capitaux dont elle provoque la formation.

Les banques reçoivent des capitaux autrement qu'à litre de prêt ou de dépôt simple. Un négociant a tous les jours des sommes à recevoir et à paver. Pour se débarrasser des ennuis

d’un mouvement de caisse compliqué, il peut envoyer son argent à la banque. (Lest elle, dès lors, qui reçoit et paye pour lui : il n’a (|u'à donner ses ordres. Mais elle se borne [iresquc toujours dans ce cas au rôle de simple caissiét^e, c’est-à-dire qu’elle ne paye ({u’autant qu’elle a en caisse de l'argeul ap[iartenant au négociant, ce qu’on exprime en disant que la balance doit être en faveur du compte créditeur. Elle ne fait donc pas d’avances au négociant; tout au contraire, c'est le négociant qui lui fait crédit en lui rerneltaut par avance des sommes d’argent dont il ne disposera que plus tard. Mais il ne le fait lui-même que parce qu’il y trouve avantage. Indépendamment des embarras (]u’il s'épargne, il retire des sommes déposées un intérêt que la plupart des baui|ucs ont coutume de payer pour les dépôts de ce genre, et il liijuide ses alfaires avec les négociants qui ont, comme lui, un compte en banque beaucoiqi plus commodément qu’il ne pourrait le faire même à l’aide de la lettre decbange.

En clïet, si le marcband de nomeautés et le manufacturier (|ue nous avons pris pour exemple avaient un compte en banque, si le filateur et le mécanicien en avaient aussi, il aurait sufti (jue le marcband de nouveautés eût donné ordre à la banque de retrancher 1000 francs à son avoir et de les

porter au compte du manufacturier, lequel, le lendemain, eût donné le même ordre au profit du lilatcur, qui en aurait fait autant pour son mécanicien. La banque n’aurait pas déplacé un seul écu de sa caisse, et par un si mjile virement

c’est-à-dire par un simple transfert d'écritures sur ses livres,

LE CKEDIT

quatre dettes se seraient trouvées éteintes en moins de temps qu’il n’eu faut pour comjder une pile de 1 000 francs ; et elles seraient bien réellement éteintes, non par une simple promesse de payement, qui peut être proteslée, mais par un payement effectif, tout cela sans risques et à jieu de frais.

Le virement est le plus rapide et un des plus importants modes de liquidation des comptes.

l’els sont les divers avantages du genre de dépôt qu’on (lé.signe sous le nom de comptes courants.

Certaines banques s’adonnent surtout aux opérations de cette nature, comme banques de dépôts. A Londres, à New York, etc., les virements sont d’un grand usage, et il existe un élablissemeul, dit Cledrinq house, où tous les jours les banquiers règlent entre eux les ilett.es et creances de leurs clients par de simples transferts d’écritures pour une valeur de plus de cent milliards par au. A Laris, il existe, dans ce genre, une Chambre de compensation., créée en 187â.

Le capital disponible, les dé[)ôls et les comptes courants forment l’encaisse métallique.

8° Ce ne sont pas seulement des espèces que le négociant, avant un com[)te courant, envoie a la banque, ce sont aussi les effets de commerce (ju’il reçoit en payement et qu’il ne veut pas avoir l'embarras de toucher lui-même a l’échéance, embarras considérable lorsque ces effets sont payables a des centaines de kilomètres de la ville qu’il habite. La banque s’en charge en lui prenant un léger droit de commission. A])i’ès l’échéance, lorsque l’effet a été acquitté, le montant en est porté au crédit du compte courant et commence à , porter intérêt ; avant l’échéance, la hanque n’est que simple dépositaire de ces effets, que l’on nomme effets à rencaissement ou effets en recouvrement .

Jusqu’ici, nous n’avons vu qu’une des deux faces de la banque, celle par laquelle elle opéré comme acheteur de crédit, ou, tout au plus, comme commissionnaire, quand elle garde en })ortefeuille les effets en recouvrement au lieu de les remettre dans la circulation, endossés par elle. Voyons maintenant comment elle opère avec ce crédit acheté et comment elle le revend au commerce.

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¥ Tous les négociants n ont pas de (*omj)le en banque, et ceux qui ont un compte en banque ne sont pas toujours disposés à garder leurs effets jusipTà une époque très voisine de Técliéance. Ils peuvent avoir besoin d’argent comptant, et, pour s’en procurer, ils portent ces effets à l’escompte. Une banque, grâce à son encaisse métallique, peut leur en compler la valeur en espèces, en retenant, comme nous l’avons dit, 1 intérêt de la somme jusqu’au jour de rëchéance.

La banque accepte, eu général, les lettres de change et les billets à ordre dont le payement n’est pas trop éloigné et est gaianti par deux signatures au moins. Car deux signatures sont nécessaires pour constater une opération commerciale, dans laquelle il y a toujours un vendeur et un acheteur, et elles donnent à la banque recours pour le payement sur deux personnes. Une seule signature, qui ne pourrait être que celle

de la personne demandant ce crédit, convertirait l’escompte en un prêt direct.

Les effets escomptés par la banque composent portefeuille. La banque en est propriétaire, puisqu’elle les a achetés argent comptant; elle en touche pour son propre compte le montant, qui, à l’échéance, remplit le vide qu’avait laissé dans sa caisse l’avance faite au négociant. Il lui reste de plus pour bénéfice l'escompte, ou du moins la différence entre le taux de l’escompte et le taux de l’intérêt (jiTelle J3ciye elle-même aux cajiitalistes dépositaires qui avaient lourni l’argent. C’est là une des plus importantes opérations de banque et celle par laquelle elle crédite le plus ordinairement le commerce. Les banques qui s’y adonnent principalement sont dites banques d'escompte.

0° Nous pouvons faire une place aux banques populaires banques, peu nombreuses, qui pratiquent le crédit solidaireelles font des prêts directs, escomptent des elïets de commerce et cherchent toute leur clientèle ou leur principale clientèle dans la petite industrie et le petit commerce.

Les banques ne touchent pas toujours par elles-mêmes la valeur des effets escomptés dont elles sont propriétaires ni même celte des effets en recouvrement dont elles sont dépositaires. Nous savons qu’il y a des occasions où, pour faire un

LE CRÉDIT 225

payement lointain, on jiréfêre un effet de commerce aux espèces sonnantes. C’est aux banques que l’on s’adresse. Cellesci ont toujours un choix varié d’effets de commerce ou à vendre qu’elles livrent suivant le cours du change; dans ce cas, elles font simplement l’office de courtiers de change. Quand elles n’en ont pas, elles peuvent fournir des traites qu’elles tirent elles-mêmes sur leurs correspondants; il est rare qu’une banque importante n’ait pas quelque moyen de faire une remise, c’est-à-dire de faire un payement, sur une place de commerce quelconque.

De toute façon, les effets qu'elles fournissent portent leur endossement et acquiérent par ce seul fait une grande solidité. Grâce à cette solidité, les banques peuvent remettre dans la circulation une partie de leur portefeuille et les effets revêlus de leur signature sont acceptés presque avec autant de confiance que l’argent. On a justement comparé ce rôle de la banque à celui d’une assurance. En effet, la banque garantit et assure par son crédit les endosseurs et les preneurs successifs contre le non-payement de l’effet.

7° L’escompte est sans doute une des meilleures opérations de banque, parce que les placements de cette nature sont généralement solides, de courte durée et fréquemment renouvelés. On peut en dire autant des opérations de change et d'arbitrage, qui consistent à échanger d’un pays à un autre de la monnaie contre de la monnaie, des effets contre de l’argent ou de l’argent contre des efl'ets.

8° Mais une banque ne se borne pas toujours aux opérations susdites qui sont essentiellement commerciales. Cherchant un emploi à ses fonds, qui ne doivent jamais

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sont des banques de spéculation-, elles font diverses opéra- 1 lions de ce genre et parliciilièrement elles se chargent de ^ placer des actions et obligations pour le compte de sociétés anonymes et des titres de rente pour les Etats.

Certaines opérations ne sont pas sans danger. Quelque sûrs que puissent paraître les prêts hypothécaires ou autres placements à long terme, ils ont l’inconvénient d’engager pour longtemps le capital, de restreindre, par conséquent, le nombre des affaires, d’exposer la banque à ne pouvoir pas répondre aux demandes de remboursement des dépositaires, d’aboutir parfois à des liquidations onéreuses.

Le placement des actions dans certains cas et les spéculations sur la hausse et la baisse sont plus dangereuses en-

COl’6-

Quelque avantageux que soient les placements en escomptes, ils peuvent surprendre aussi la confiance du banquier; car il y a des gens qui émettent des lettres de change sans avoir de garantie réelle et qui, ne remboursant à l’échéance qu’avec de nouveaux effets qu’ils ont escomptés quelques jours auparavant, payent en réalité la banque avec son propre crédit. Une fois engagée dans de pareilles affaires, une banque, qui se croit souvent obligée de continuer à escompter les nouveaux effets pour ne pas perdre entièrement ceux qu’elle a déjà acceptés, finirait peut-être par composer en grande partie son portefeuille de valeurs fictives : c est par ce chemin qu’on marche à la banqueroute. L’art du banquier escompteur consiste à se mettre en garde contre de tels entraînements et à proportionner toujours le chiffre des escomptes et le mode des crédits qu’il accorde à la quantité

et à la durée des dépôts qu’il reçoit.

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