‹ Précis d'économie politique [microform]Chapitre 3 sur 47 · LA PRODUCTION ET SES CONDITIONS · texte numérisé non relu

LA PRODUCTION ET SES CONDITIONS

Sommaire, — 10, Les sources de la production. — 11. Les conditions

générales de la production.

10. Les sources de la production. — La production de la richesse exige la coopération de plusieurs éléments. Pour faire som œuvre, l’ouvrier emploie des matières premières, des outils et met en jeu des forces de la nature; ainsi l’agriculteur a besoin de la terre pour produire des récoltes.

La terre, la matière brute, les forces physiques sont du domaine de la nature. Le travail est le résultat immédiat de l’activité de l’homme. L’outil, la matière et la terre appropriées participent à la fois de la nature qui a fourni la substance et de l’homme qui en a fait ou en a augmenté Futilité par son travail; ils constituent un élément particulier, d’origine mixte, qu’on nomme capital.

Donc /'homme et la nature sont les sources premières de la production de toutes les ?âc liesses commerciales.

11. Les conditions générales de la production. — On peut dire aussi par comparaison que l’homme et la nature sont les deux pôles de la production : la nature, réservoir inépuisable des forces physiques et de la matière, étant en quelque sorte le pôle négatif; l’homme, être actif et intelli-

PRÉCIS d’économie politique

genl, étant Je pôle positif. Car c’est lui qui veut et qui agit, qui exerce son activité soit sur lui-même pour conserver et développer sa force productive, soit au proflt de ses semblables auxquels il rend des services, soit sur la nature dont il met en œuvre les forces et les matériaux.

L’Iiomme contribue doublement à la production ; par son travail et par ses capitaux. Nous venons de dire que les capitaux ont une origine mixte; ils sont formés de produits épargnés, cest-à-dire non consommés; ils sont en quelque sorte du travail humain incarné dans la matière et conservé par l’épargne.

Aussi peut-on définir de la manière suivante la production indmtrielley celle qui crée des produits :

/.’homme, par son tTavail, c'est-à-dire par l'effort de ses muscles et desonintelligence , et à V aide de son capital ^c'està-dire à l'aide de produits de son travail épargnés, communique de l'utilité à la matière en employant les forces physiques; autrement dit, /’homme utilise la nature.

La création d utilités qui consiste en seimices peut être

LA PRODUCTION ET SES CONDITIONS il

On peut môme dire, en confondant la définition de la production matérielle et celle des services en une formule plus concise, mais sur laquelle il serait dangereux d’appuyer un raisonnement si l’on ne se rappelait pas toujours que travail impli(|ue ici deux éléments bien distincts, puisqu’il signifie à la fois travail proprement dit et capital :

La production est du travail [travail et capital) créa'»*, de Vutilité.

Tout travail n’est donc pas nécessairement une production, puisque produire ne consiste pas à se donner un mouvement stérile, mais à créer de Vutilité. Le résultat seul trancli ; la question. En travaillant, l’homme consomme des produits, d’abord sa subsistance et son entrelien personnel; en second lieu ses matières premières, ses outils qu’il use; il détruit, par conséquent, des utilités, et il n’a réellement produit que si, tout compte fait, la somme des utilités qu'il a créées est supérieure à lasomme des utilités qu'il a détruites.

Qu’a-t-il produit dans cette hypothèse? Précisément l’excédent de l’utilité créée sur Pulilité consommée. L’utilité créée s’ap[)elie Je produit brut; l’excédent s’appelle Je produit net. Mais, si rutilité créée est moindre que l’utilité consommée, il y a peide de richesse et appauvrissement.

C’est par le produit net que les individus et les sociétés s’enrichissent. Cependant la considération du produit brut, dont vit une grande partie de la population, est très importante pour juger de l’économie générale d’un peuple.

Nous étudierons dans l’ordre suivant les trois éléments de la production : nature, travail, capital.

Page 1