‹ Précis d'économie politique [microform]Chapitre 4 sur 47 · RESULTATS · texte numérisé non relu

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De l'action de l’HOMME {principe actif et seul facteur de Ja ri- | chesse) I

RESUME

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ment, v produits.

Définitioii du produit. L’homme, par son travail et son intelligence et à l’aide de son capital, c’est-àdire à l’aide des produits épargnés de son travail, communique do l’utilité à la matière en employant les forces physi<pies.

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18 PRÉCIS d’écünomii-: politique

Sources de la production : l’homme, principe actif, et la nature, principe passif.

Les trois éléments de la production sont ; travail, capital, nature (terre et forces physiques non appropriées).

La production est du travail (travail et capital) créant l’utilité.

SoMNfAiRR. — 12. La nature et les agents naturels. — 13. La terre.

12. La «attire et les agents «atiiiM'ls. — Lü nature comprend la totalité de la matière et de la force qui existe dans le monde; elle est le grand réservoir d’où Tljomme lire les éléments de sa production. Elle lui fournit la m a comme l’air, l’eau, la terre, les plantes, les animaux, et les forces inhérentes à cetle matière, comme la chaleur, l’électricité, le vent, le cours des rivières, la puissance végétative, l’énergie musculaire et même l’intelligence des animaux.

La nature fournit à l’homme cette matière et ces forces tantôt en quantité illimitée ou à peu prés, comme l’air que nous respirons, l’eau de la mer, et même, dans un grand nombre de cas pour les riverains, l’eau des rivières, tantôt en quantité limitée^ comme le diamant ou comme la terre elle-même. Cette distinction est importante, car elle donne lieu à des phénomènes économiques très différents.

Quoi qu’il en soit, ces éléments, matière ou forces, illimités ou limités, ne se présentent pas à l’homme combinés d’avance en vue de la plus grande utilité qu’il en puisse retirer. Il faut, suivant l’expression de la Bible, que l’bomme mange son pain à la sueur de son front. Dans les contrées dont il n'a pas encore pris possession cl où la nature domine

sans partage, les terrains les plus fertiles se couvrent, avec les siècles, de forêts magniliques sans doute, mais où il est presque impossible de pénétrer autrement qu’avec la hache et où les grands carnassiers et les reptiles venimeux régnent en souverains. Dans les vallées où s’est accumulée la terre végétale, les rivières épandent leurs eaux et des marais pestilentiels couvrent l’humus qui pourrait donner les plus riches récoltes. Les fleuves abondent en poissons; mais ici les rives détrempées sont inabordables, là des animaux malfaisants en rendent les abords dangereux. Les torrents descendent des bailleurs en grondant et en dévastant; les richesses minérales sont enfouies dans les entrailles de la terre, déguisées sous diverses combinaisons et cachées d’ordinaire dans les régions les moins accessibles. Aussi n’v a-til rien de plus misérable et de plus [irécaire que l’existence des ueuplades sauvages (jui abandonnent à la nature le soin de r-»gler la production de leur subsislance.

Al point de vue économiipie, les éléments naturels de la (irodu lion se divisent en trois catégories :

1° Les forces non susceptibles d'être appropriées^ parce qu’elles ne s’incarnent jias dans une portion de la matière et qu'elles sont en ijuantilé illimitée, comme l’air, la lumière et la chaleur du soleil. Ne pouvant pas être appropriées, elles ne deviennent pas des valeurs, excepté dans quelques cas exceplionnels, ainsi ijuc nous rex[)li(jucrons plus loin. Mais elles sont des utilités de premier ordre, comme l’air que nous respirons, ou des agents très efficaces dans certaines industries, comme la lumière du soleil pour la photographie, et elles donnent leurs services gratuitement, puisqu’on se les procure sans avoir he.soin de les acheter. On {tout dire en général ([ue les forces de la nature, sans la coopération desquelles l’homme ne saurait rien produire, ne sont pas par elles-mêmes susceptibles d’être apjiropriées, mais que la plupart cependant le sont indirectement par l’appropriation de la portion de matière à laquelle elles sont inhérentes.

2° La madère qui, suscepdblc (l'appropriation, ncsl pas appropriée ou reste ordinairement à l'état de propriété collerlii'e. Tels sont les cours d’eau nollahles et navigables;

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20 PRftCIS d’économie politique

telle est la mer, que certaines nations maritimes ont tenté en vain de s’approprier autrefois, mais qui cependant, dans le voisinage des cotes, est considérée comme propriété de l’État riverain pour des raisons économiques et politiques.

3® La matière qui est appy'opriée et qui, dans une civilisation avancée, a généralement le caractère de propriété individuelle.

Les deux dernières catégories sont le plus souvent réunies sous le nom de terre.

Les forces de la nature ont une telle importance pour la production que la formation des groupes de population et le développement de la civilisation sont en grande partie subordonnés à leur existence. Les zones glaciales sont à peu près désertes. La zone torride est peuplée; mais la continuité de la chaleur et l’exubérance de la végétation y énervent l’énergie de l’homme, excepté sur quelques points favorisés d’un climat meilleur. C’est dans la zone tempérée que toutes les grandes civilisations se sont formées, et, quand on étudie l’histoire des principales contrées de cette zone, on' trouve dans le climat, dans la nature du sol, dans la situation géographique de chacune d’elles des raisons de ^eur richesse et la preuve des rapports intimes qui existent entre le mode et le degré de développement économique des nations, d^une part, et, d'autre part, les conditions physiques de la co7itrée quelles occupent.

■i;î. La terre. — L’expression de terre comprend :

1° La mer, qui appartient à tout le monde et qui sert à la navigation et à la pêche, la portion de mer appropriée dans le voisinage des côtes où se trouvent les pêcheries et les parcs et qui est réservée, comme propriété nationale, aux pêcheurs de la nation ;

2° Les eaux douces, qui sont des propriétés publiques ou des propriétés privées et qui, outre l’eau qu’elles fournissent pour tous les usages de la vie, servent à la navigation, à la pêche et produisent des forces moliiees;

3° La surface du sol, c’est-à-dire la terre proprement dite, qui sert à l’agriculture, aux constructions, aux routes et le sous-sol, où se trouvent les carrières et les mines.

La terre proprement dite, qui est le fonds agricole, est de beaucoup la catégorie la plus importante.

Il est facile de voir tout ce que le cultivateur doit à la terre, puisque c’est la terre qui est labourée, la terre dans laquelle germent les plantes, la terre qui nourrit et qui porte les moissons, les arbres, les fruits. Il est impossible d’imaginer une culture, quelle qu’elle soit, dont la terre ne fournisse pas le fonds; les fleurs que l’on cultive dans un pot, sur une fenêtre, ne poussent que parce qu’on y a mis de la terre, et celles qu’on peut faire venir dans l’eau ne sauraient se passer de. celte eau, laquelle est comprise dans l’expression de terre et est même partout une condition indispensable de la fertilité.

C’est la terre aussi qui nourrit les animaux, puisque les animaux se nourrissent soit de végétaux qui poussent sur la terre ou dans l’eau, soit d’animaux nourris eux-mêmes de végétaux. S’il n’y avait pas de prairies, de foin et de légumes, comment vivraient dans notre pays les vaches dont nous buvons le lait et les "bœufs dont nous mangeons la viande? Gomment vivrait l’homme, puis(|u’il se nourrit uniquement de végétaux et d’animaux terrestres ou aquatiques et que la seule substance minérale dont il fasse un usage ordinaire pour son alimentation, le sel, est un produit de l’eau de mer?

Quand on considère les choses avec attention, on voit que la terre fournit aussi la substance de toutes les industries, comme elle fournit tous les produits de l’agriculture. Entrez dans une grande forge. Qu’est-ce qui en a fourni l’emplacement? Évidemment c’est la terre. Qu’est-ce qui a fourni les matériaux pour la construction des bâtiments? La terre, car c’est de son sein que sont tirés les pierres, les ardoises, les métaux; c’est avec ses matériaux que le verre est fabriqué, c’est grâce à elle que les bois de construction poussent. Qu’est-ce qui a fourni la substance des outils et machines? La terre, puisque ces outils sont de métal ou de bois. Qu’est-ce qui a fourni la matière première que l’on travaille dans l’usine? La terre, puisque cette matière est du minerai.

La terre et les produits de la terre sont donc absolument nécessaires à toute production, 11 importe cependant

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