‹ Précis d'économie politique [microform]Chapitre 34 sur 47 · INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

INTELLECTUEL

j Création.

( Entretien.

1 Création.

I Transmission

Et nous pouvons, en nous résumant, dire que la consommation reproductive :

Appliquée à la matière^ corn prend ;

Appliquée aux personnes , comprend :

Les frais de prodiætion ou création de la richesse.

La capitalisation ou accroissement des forces productives matérielles.

Les frais d'entretien des producteurs ou soutien de la vie humaine.

VédiLcation ou accroissement des forces productives morales.

106. l.a de^stiuietiou des eaiiitaiiv daus l'œuvre de la production. — U est de l’essence du capital d’être en activité, puisqu’il n’est productif qu’autant qu’il est engagé dans la production (voir g 23). Il s’y engage pour y être con-

sommé Le fait prochain et certain, c’est sa consommation. Le but, cesl sa reproduction, c’est-à-dire sa régénéralion sous une forme nouvelle et avec une plus-value ; mais ce but est plus ou moins lointain et l’entrepreneur n’a presque jamais la parfaite certitude de l’alteindre. Tout capital est comme la semence que 1 on confie a la terre i c est du giain

perdu si la moisson ne lève pas.

Lu fabricant a des ouvriei’S qui travaillent mal, une installation mauvaise ou un outillage insuffisant ; chacun de ses produits lui revient ù 10 francs et ne se vend communément que 9 francs sur le marché. S’il en a livré pour 100 000 irancs dans l’année, ce sont au moins 10 000 francs de capital qu’il a consommés en pure perte. Il avait entrepris une consommation reproductive; il aboutit à une consommation improductive.

Un marchand s’établit dans une rue. Mais la clientèle est insuffisante. Ce marchand persiste pendant trois ans ; il e't enfin obligé de fermer boutique après avoir dévoré plusieurs milliers de francs qu’il avait économisés dans une autre condition sociale ou (ju’il avait empruntés. C’est encore une consommation en vue de la reproduction qui a dégénéré

en consommation improductive.

En France, les faillites dont la valeur est connue, c’est-àdire à peu près la moitié du total des faillites déclarées, représentaient, en l’an 1884, uii passif de 2b4 millions de francs. Cependant les faillites déclarées ne sont que la moindre partie des pertes industrielles occasionnées chaque année par des opérations agricoles, industrielles ou commerciales que des circonstances défavorables ou une mauvaise gestion font échouer. Les capitaux sont pour ainsi dire toujours sur le champ de bataille, luttant pour la con- (juête de la richesse; il y a des morts, mais la richesse est conquise ou, pour parler plus exactement, elle est créée par une masse énorme d’efïorls au milieu desquels une partie des lutteurs succombe.

11 ne faut ni se résigner trop facilement à ces pertes ni s’en alarmer outre mesure. Il importe de rendre les hommes prévoyants, intelligents, économes, précisément afin de pré-

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LA CONSOMMATION DE LA RICUESSE ’ 275

venir en grande partie de telles pertes : c’est là un des principaux secrets de la richesse des nations. Mais, d’autre jiart, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de capitalisation sans risques et pas de risques incessamment renouvelés sans perles. L’enrichissement d’une nation consiste dans la différence entre la somme des biens de toute nature consommés d’une manière quelconque et la somme des biens créés dans le même temps. Une nation timide qui, arrêtée par la crainte de perdre des capitaux, s’abstiendrait d’engager une notable partie des siens dans la production , s’enrichirait moins qu’une nation entreprenante qui multiplie les emplois du capital cl chez laquelle les succès dus à l’activité intelligente dépassent de beaucoup les échecs causés par la témérité. C’est encore un trait qui met en évidence la supériorité des forces morales sur les forces matérielles.

Quand nous parlons de pertes industrielles, nous n’y comprenons pas la baisse de valeur des marchandises et des litres sur le marché, laquelle est un phénomène d’un autre ordre. Làvaiùahon des valeurs et celle de la quantité des produits sont deux choses distinctes, quoique unies par des liens intimes. Il est toujours désirable que la quantité des produits augmente; il n’est pas désirable toujours que le taux des valeurs s’élève (voir § 75).

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