LB CAPITAL
Wature du capital. — Les approvisionnements et les outils. — Ôrï* gine du capital et son développement. — Les deux sources qui l'alimentent : l'épargne et l'invention. — Différence entre l'épargne moderne et l'épargne ancienne. — Caractères généraux d'une société où le capital est toujours en formation et en accroissement. — Les différentes formes de capital : le capital fixe et la capital circulant. — Utilité de chacune d'elles.
Nature du capital. — Le capital est, avec la nature cl le travail, l'un des grands agents de la production humaine.
Sans le capital le genre humain serait resté éternellement adonné à la chasse et à la pêche, comme seuls moyens de soutenir son existence. Ces deux occupations primitives senties seules, en effet, qui fournissent à l'homme des produits immédiats, qu'il puisse consommer sans délai; mais ces produits sont incertains, iné^ gaux et limités.
Pour se rendre indépendant de la chasse et de la ^pôche, pour se créer des ressources plus régulières et plus abondantes, l'homme a dû faire des approvisionnements et créer des outils. Approvisionnements et outils sont les deux formes primitives du capital.
Comment le capital a-t-il pu se constituer et se développer? Par la prévoyance et l'esprit d'invention, par l'application du travail, non Das à un objet destiné â
être consommé immédiatement, mais à un objet destiné à faciliter la production ultérieure.
On a remarqué que les diverses périodes de la civilisation sont caractérisées par la nature de leurs outils. Ainsi Ton dit : l'âge de la pierre polie pour désigner cet état tout à fait barbare où l'homme n'avait pour instruments que des pierres grossièrement taillées; puis vient Fâge du fer, où le plus utile et le plus répandu des mé* taux met au service de l'humanité sa force et sa souplesse ; arrive ensuite l'âge des machines, qui sont de', instruments plus compliqués que tantôt meut la main de l'homme, tantôt la force des animaux, plus tard soit le vent, soit l'eau, à un degré ultérieur du développement humain la vapeur, le gaz, l'électricité, etc.
Ces outils n'ont pu naître que par Talliance de l'esprit d'invention et de la prévoyance. Il a fallu un effort de l'esprit humain et de la volonté humaine pour arracher l'homme soit à l'inertie, soit à la simple satisfaction des besoins présents, pour lui donner le souci de l'avenir et lui faire faire des efforts en vue d'aider à la satisfaction, non pas de ses besoins immédiats, mais de ses besoins lointains.
Origine du capital. — Essayons de restituer par la pensée la genèse du capital dans une tribu de peuples pêcheurs. Un de ces sauvages, plus observateur que les autres, a constaté qu'un tronc d'arbre flotte sur l'eau et peut môme supporter un corps sans se submerger. Il se met à couper un arbre, à le tailler, à le disposer de façon qu'il puisse s'y asseoir et le diriger. Pour ce travail il lui faut du temps; il a été obligé de faire des approvisionnements pour vivre pendant qu'il se livre à cette tâche ; il doit ménager ses subsistances, restreindre son appétit présent, aûn de pouvoir aller jusqu'au bout de son œuvre, il y parvient : il est maître d'un canot, il faut qu'il le