‹ Précis d'économie politiqueChapitre 17 sur 113 · LK CAPITAL · texte numérisé non relu

LK CAPITAL

avantages présents des avantages futurs, incertains il e§t vrai, mais, selon toutes les vraisemblances, plus considérables; c'est un sacrifice des jouissances et des consommations actuelles à des jouissances ou à des consommations différées. L'origine du capital est dans la pensée et le souci de l'avenir, dans le goût de l'amélioration durable dé son sort, au prix d'un surcroît d'efforts et de privations momentanées.

La prévoyance n'étant pas une vertu d'un jour et l'habitude finissant par transformer en seconde nature les dispositions que l'homme a entretenues, il arrive que ceux qui ont commencé à créer du capital et qui en ont reconnu l'utilité et les bienfaits, ne cessent, pour ainsi dire, jamais de capitaliser. Ils transmettent souvent ce goût soft à leurs enfants, soit à leur entourage. Ainsi les capitaux, c'est-à-dire les approvisionnements et les instruments perfectionnés de travail, vont en se transmettant et en s'accroissant incessamment d'une génération à l'autre.

L'accroissement indéfini des capitaux est l'un des traits caractéristiques d'une nation civilisée.

Si l'on pouvait démêler l'inextricable enchevêtrement des faits sociaux, on verrait qu'il n'est pas un capital, dans notre société si riche en machines et en réserves de toutes sortes, qui ne remonte à l'âge de pierre. La hache de silex grossièrement taillée, la flèche du premier chasseur, le filet ou le canot du premier pêcheur, la bêche, la pioche ou la charrue de bois du premier homme qui ensemença la terre, se sont, sans aucune interruption et par des perfectionnements successifs, transformés en ces machines si ingénieuses et si compliquées que nous admirons : le marteau-pilon, la locomotive, le navire à hélice, la moissonneuse ou la batteuse à vapeur.

La production des richesses.

On a souvent déflni le capital du travail accumulé, la formule n'est pas mauvaise, elle n'est qu'incomplète, il faut y ajouter deux mots et dire : du travail accu» mule en vue d'une production ultérieure.

Productivité du capital. — Quelques esprits repu tés subtiles ont nié que le capital fût productif; il est cer tain que pour entrer en production, il a besoin des bra de l'homme, c'est-à-dire du travail. Mais qui peut niei qu'une charrue soit productive, puisque l'homme qui en est armé, fait huit ou dix fois plus de travail que celui qui en est dessaisi ; il en est de même d'une brouette, d'un canot, d'une machine à coudre et de tous les ustensiles.

La nature abonde en objets qui ne sont pas productifs isolément, à commencer par les sexes chez les animaux. Il en est ainsi du capital; pouç engendrer des utilités au profit du genre humain, il faut que le capital soit uni au travail actuel ; mais le travail actuel serait présomptueux s'il prétendait que lui seul produit tout ce qu'il fait avec des machines et avec des approvisionnements, et s'il contestait aux capitaux d'être pour beaucoup dans la production, si considérablement accrue, du genre humain.

Le capital représente la solidarité du passé, du présent et de l'avenir : il plonge très profondément ses racines dans le passé, il étend ses branches indéfiniment dans l'avenir.

Façon dont se forme le capital dans les société? modernes. — On a vu comment les capitaux se formen dans les sociétés primitives; leur constitution n'est pa^. autre en réalité dans les sociétés perfectionnées; seulement elle présente au premier abord, à cause de la complication des phénomènes, des caractères moins nets.

GrÀce à la division du travail dans les sociétés mo-

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