‹ Précis d'économie politiqueChapitre 34 sur 113 · LA LIBERTR ET LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTR ET LA PROPRIÉTÉ

sidenl à leur fonctionnement et à leur développement la liberté et la propriété.

Ce qui caractérise les sociétés contewiporaines, c'es l'extension jusqu'à la limite la plus extrême de la libert individuelle et de la propriété individuelle; c'est par 1 q u elles se distinguent des anciennes sociétés. La libert et ia propriété forment, pour ainsi dire, l'atmosphère l'air libre, le milieu élastique où, sans aucun obstacle agissent les lois naturelles sur la répartition des ri chesses.

Les progrès constants de la liberté et de la propriétt ont été, en quelque sorte, simultanés, parallèles, dans l'histoire de l'humanité. L'humanité est allée graduellement, par un travail de plusieurs dizaines de siècles, du régime de la contrainte, du servage ou de la servitude, au régime de la liberté individuelle, et du régime de la communauté primitive à celui de la propriété privée.

Des sociétés qui s'ignoraient les unes les autres, qir étaient séparées par les espaces, les religions, les lan gués, les coutunaes, ont suivi une marche assez analo gue. Ce n'est pas l'œuvre réfléchie, la conception àprior de quelques philosophes ou de quelques parlements c'est le développement instinctif de l'humanité qui l'a fait évoluer, partout où l'on trouve une civilisation un peu avancée, vers la liberté et vers la propriété privée* On constate cette évolution en Chine, au Japon, aux Indes, aussi bien que dans l'Europe occidentale ou er Amérique.

Ce développement parallèle de la liberté individuelle et de la propriété personnelle a eu pour conséquence d'accroître la responsabilité de chacun, de faire bénéficier davantage les individus de leurs efforts et de leurs talents, de les faire souffrir aussi de leurs fautes et de leurs vices, de rendre les sociétés* en stimulant toutes

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les énergies qu'elles contiennent, plus prospères et plus progressives.

Développement continu de la liberté individuelle. — Ce qui a aidé à affranchir le travail humain, i supprimer d'abord l'esclavage, puis le servage, puis la corvée, puis le compagnonnage obligatoire, rapprentis-j sage obligatoire, les examens pour l'exercice d'un mé« lier, ce qui a aidé 'aussi à obtenir la liberté du domicile, ce ne sont pas seulement les idées philanthropique? ou chrétiennes, quoiqu'elles y aient sans doute contribué; ce sont encore les inventions, les découvertes, les voies de transport, les améliorations industrielles el techniques qui ne comportaient plus la rigidité des anciens cadres.

Aujourd'hui la liberté civile peut être considérée comme presque absolue dans l'Europe occidentale. L'esclavage fut aboli de fait dans le vieux monde par l'invasion des barbares et parle christianisme 11 a disparu en 1833 des colonies anglaises, en 1848 des colonies françaises, en 1865 des États-Unis d'Amérique, puis successivement des Antilles espagnoles et du Brésil, où il ne subsiste plus qu'à l'état transitoire, tous les noirs aujourd'hui venant au monde libres.

Les États musulmans et les petites tribus fétichiste du centre de l'Afrique restent seuls à méconnaître ) liberté individuelle, de môme que la propriété privé

Dès 1256, on commence à abolir le servage en Italie, Bologne; dès 1298 on s'y met en France; et au di> septième siècle il ne restait plus guère de serfs daii notre pays; la Révolution de 1789 n'avait plus qu'à ei affranchir quelques milliers. En Angleterre^ sous Elisabeth, c'est-à-dire à la fin du seizième siècle, l'émancipation des serfs était achevée. En Russie le servage fut aboli il y a une trentaine d'années. Quant aux entraves

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