‹ Précis d'économie politiqueChapitre 48 sur 113 · L. B. — EcoN. PoL · texte numérisé non relu

L. B. — EcoN. PoL

ielui qui livrerait le premier. ^;

lu capital est donc légitime, parce C[U€l: ', s'il est intelligent et laborieux, retire un'j

bien présent contre pn identique bien futur serait pré-^ judiciable à celui qui livrerait le premier.

L'intérêt du l'emprunteur,

surcroit de productivité de la somme empruntée ; parce que, d'autre part, le prêteur se prive de la jouissance d^une chose qui éventuellement pourrait lui être utile pendant la durée du prêt, et que, en outre, il court des risques, soit de détérioration, soit de perte, soit de retard dans la restitution.

Le taux de l'intérêt est 'une convention à forfait qui résout, par une somme déterminée et fixée d'avance, la rémunération qui, par les raisons précédentes, est due au prêteur.

Avantages de l'intérêt du capital pour Temprunteur. -^ L'intérêt du capital est, d'ailleurs, avantageux à l'emprunteur ; car, si les possesseurs de capitaux ne devaient retirer aucun avantage de leurs prêts, ils ne se dessaisiraient jamais des sommes qu'ils possèdent; ils ne prêteraient plus que par amitié, par dévouement ou par charité, c'est-à-dire dans des occamons tout à fait exceptionnelles.

On objectera peut-être que certains emprunteurs ne recourent pas à l'emprunt pour se procurer des ins-truments de travail, mais simplement pour accroître ileurs consommations, leurs jouissances, et gaspiller des capitaux, au lieu d'en tirer un parti productif.

Ce cas se rencontre en effet, mais le prêteur en général ne peut entrer dans ces distinctions; il doit supposer que l'emprunteur fait de la somme empruntée un usage raisonnable, c'est-à-dire qu'il accroît la production.

Il existe, toutefois, une catégorie de prêteurs qui loussent les hommes imprévoyants à des dépense»

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excessives et improductives, pour leur faire des prêts à de très gros intérêts. Ces hommes sont ce que l'on appelle des usuriers. L'usure consiste, non pas tant dans le taux très élevé de l'intérêt que dans des manœuvres soit. délictueuses, soit tout au moins immorales, pour pousser des hommes imprévoyants à des emprunts qui les ruineront. L'usure est l'abus et comme la corrup^ tion du prêt à intérêt. Les lois l'ont souvent condamnée ; il n'est pas démontré que leur intervention en cette matière, sauf .quand les manœuvres immorales sont tout à fait prouvées, soit justiflée. Mais tout au moins la morale flétrit avec raison les prêteurs qui, pour accroître le taux de l'intérêt, cherchent uniquement à proûter des passions des hommes faibles.

Circonstances qui influent sur le taux de Tintérèt. — Le taux de l'intérêt, quand on le considère dans un temps donné et dans l'ensemble d'un pays, obéit à certaines lois générales. Il n'est pas fixé par la pure fantaisie; il résulte : 1° de l'abondance des capitaux disponibles; 2° de la productivité que ces capitaux pourront avoir dans les conditions présentes de l'industrie, de l'agriculture et du commerce; 3* de la quantité et de l'ardeur des emprunteurs, surtout des emprunteurs productifs, tels que les industriels, les commerçants et les agriculteurs ; 4* des risques de perte soit partielle soit totale que comportent l'état général du pays et la situation particulière de chaque emprunteur. Plus es risques sont considérables, plus le taux de l'intérêt est élevé, parce qu'il contient alors, outre la rémunél*ation normale du capital, une sorte de prime d'assulance contre Tes pertes possibles.

Le taux de l'intérêt est, en général, plus élevé dans les pays neufs et naturellement fertiles que dans les ▼ieux pays, parce que dans les premiers les capitaux

sont moins abondants; qu'ils peuvent, s'appliquant à des terres vierges et à des contrées où les principale» œuvres de la civilisation sont à peine ébauchées, avoir j une productivité plus grande, et qu'enfin, la société étant moins assise et les entrepreneurs se trouvant à la fois plus audacieux et moins pourvus de ressources, les ris* ques sont supérieurs dans ces jeunes pays.

Au lendemain des grandes découvertes, qui entrai* nent une sorte de rajeunissement du monde et qui exi* gent d'immenses capitaux dont l'emploi sera très productif, le taux de l'intérêt est élevé, comme dans la période qui a accompagné les premières, applications de la vapeur à la locomotion, soit de 1850 à 1865. Quand, au contraire, ces grandes œuvres sont achevées et que l'on n'a plus à faire en quelque sorte, du moins dans les vieux pays, que la besogne courante de l'humanité, comme depuis 1875 en Europe, le taux de l'intérêt devient plus bas.

Ainsi le taux de l'intérêt varie fréquemment, surtout dans les affaires industrielles et commerciales, qui sont les plus mobiles et les plus impressionnables.

Tendance générale de la civilisation en ce qui concerne le taux de Tintérêt. — Il y a néanmoins une tendance générale qui influe sur la civilisation et qui, sauf les oscillations inévitables, porte à la baisse graduelle du taux de l'intérêt.

Les causes de cette tendance à la baisse sont les suivantes :

1** La sécurité des transactions tend à s'accroître par Une justice plus exacte et plus prompte, par les procé* dés de ponctualité qui se généralisent chez les commerçants et les industrielset s'étendent peu à peu à touiei les autres personnes. Les risques généraux, ceux qui provenaient de l'incertitude des lois, de l'arbitraire de

LMNTÉRh'T DU CAPITAL UO

la justice et des fréquents désordres matériels, tendent ainsi à s'atténuer. La partie de l'intérêt qui représente simplement une prime d'assurance contre les risques peut donc, dans la généralité des cas, diminuer.

2* L'augmentation incessante des capitaux par l'épargne s'accentue avec une énergie croissante. La facilité offerte par les sociétés anonymes qui recueillent des quantités de petites sommes pour d'énormes entreprises, les valeurs mobilières, actions et obligations qui se répandent, les banques qui fondent des succursales, les nombreuses caisses d'épargne, les caisses postales, les assurances sur la vie, stimulent le goût de l'épargne, en multipliant les occasions et les modes divers de placement. Il en résulte que toutes les parcelles d'épargne qui autrefois, au moins pendant un certain temps, restaient inutilisées, sont aujourd'hui presque immédiatement apportées, sous une forme ou sous une autre, sur le marché des capitaux. Puis, grâce à l'élévation des salaires, les ouvriers maintenant peuvent plus épargner qu'autrefois. L'éducation, en développant les habitudes de prévoyance, fait pénétrer l'épargne dans des couches 011 elle avait jadis peu de racines. Cette abondance des nouveaux capitaux qui se forment chaque année tend à la longue à réduire le taux de l'intérêt. 3** Cette tendance devient bientôt une réalité dans les ^ périodes oii les inventions et les découvertes sont peu importantes et n'ont que des résultats pratiques médiocres. Tous les temps et tous les états de société ne sont pas également propices à une très grande productivité des capitaux. Ainsi, les capitaux employés de 4850 à 1865 à constituer les grandes lignes de chemins de fer, les entreprises d'eaux et de gaz dans les villes importantes, avaient une productivité considérable; les capitaux employés de 1870 à 1910 à construire des

lîgrnes de cheMins de fer tertiaires jouissa^it de peu de tralic, à créer des entreprises d'eaux et de gaz dans de toutes petites villes, jouissaient d'une moindre productivité. Dans un vieux pays où les principales œuvres de la civilisation sont accomplies, le taux de Tintérêt tend à baisser.

Trois grandes causes générales inclinent donc l'intérêt du capital à la baisse. Par contre, trois causes occasionnelles peuvent, de temps à autre, ralentir ou suspendre ce mouvement de baisse de l'intérêt. Ce sont : 1* de très grandes découvertes ou inventions, susceptibles d'applications pratiques étendues et soudaines; ces inventions et ces découvertes exigent à la fois l'emploi de capitaux considérables et peuvent les ^ largement rémunérer. 2" L'émigration des capitaux vers f^ les pays neufs, où toutes les principales œuvres de la civilisation restent à accomplir : cette émigration peut * i avoir lieu, sans déplacement des personnes, simplement par la souscription à des titres d'actions et d'obligations des compagnies étrangères ou des États étrangers. Celte émigration des capitaux n'est pas un mal. Elle empêche le taux de l'intérêt de trop baisser dans les vieux pays. • Les guerres et les dépenses excessives de luxe, soit 'des États, soit des particuliers; cette troisième cause est un mal, parce qu'elle détruit des capitaux sans aucune compensation.,

A tout considérer, trois causes générales agissant d'une manière à près permanente influent sur l'intérêt du capital dans le sens de la baisse ; trois autres causes accidentelles et temporaires viennent enrayer de temps en temps cette baisse. Mais le résultat de tous ces mouvements, c'est la tendance définitive à une diminution du taux de l'intérêt.

Cette baisse du taux de l'intérêt a des avantages e

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