‹ Précis d'économie politiqueChapitre 50 sur 113 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BU PROFIT DE L'ENTREPRENEUR D'INDUSTRIE. — ï>fiS CAUSES ET DES ÉLÉMENTS DE CE PROFIT

Le rôle de l'entreprenetir. — La nature et les él<5ment8 du profit. — L'élément particulier de» grands profits industriels et commerciaux. — Les bénéfices exceptionnels de certains entreprenurs sont la preuve et le résultat d'un gain considérable pour l'ensemble de la société. — Absurdité des explications socialistes du rôle de l'entrepreneur. — Tendance à la baisse des profits.

Le rôle de Pentrepreneur. — La fonction de Tentrepreneur d'industrie, de commerce ou dejculture est, de toutes les fonctions de l'économie sociale, la plus élevée. C'est une profession libre, qu'aucune disposition légale n'entrave ; chacun y entre et s'y classe suivant ses aptitudes. L'entrepreneur est Tâme de la production : il en a la responsabilité totale et déflnitive; tout le résultat net lui en incombe en gain ou en perte matérielle, en honneur ou en honte. Le mot de honte peut être ici prononcé; car l'insolvabilité de l'entrepreneur entraîne parfois la faillite, à laquelle les législateurs ont joint jes conséquences qui portent atteinte à la considération personnelle.

Sans nous étendre davantage sur le rôle de l'entrepreneur et en renvoyant à ce sujet le lecteur à la première partie de cet ouvrage (page 64), recherchons en quoi consiste sa rémunération, qui prend dans la langue

nomique le nom de profit^ et que dans la langue ^

Igaire on appelle aussi bénéfice.

La nature et les éléments du profit. — Sur la nature et les éléments du profit de l'entrepreneur, il «'est produit deux théories différentes et incomplètes,, dont l'une a cours surtout en Angleterre et la seconda en Allemagne. La première assimile le profit de l'entrepreneur à l'intérêt du capital ; la seconde confond le profit de l'entrepreneur avec un traitement ou un salaire, ce que Ton appelle le salaire de direction.

On a vu, dans le chapitre précédent, ce qu'est l'intérêt du capital; c'est quelque chose de tout à fait différent du profit de l'entrepreneur. L'intérêt du capital, c'està-dire la rémunération que l'on paye à un prêteur pour l'usage de la somme empruntée, est, à un même moment, pour des entreprises présentant des risques égaux, à peu près uniforme dans un même pays. Elle ne varie que très peu : à peine pourrait- on y constater des différences d'un dixième, rarement d'un cinquième, dans des conditions à peu près analogues de sécurité.

Le profit de l'entrepreneur, au contraire, est excessivement variable : il est double, triple, quadruple, vingtuple pour l'un de ce qu'il est pour l'autre. Il est manifeste que la personne de l'entrepreneur tient une ' grande place dans l'étendue du profit, tandis que la personne du prêteur n'influe que très peu ou pas du tout sur le taux de l'intérêt.

Autant l'intérêt apparaît, dans un temps et dans ul pays déterminé, comme à peu près constant et stable, ne subissant que des fluctuations lentes et graduelles ; autant le profit de l'entrepreneur se montre variable agité et individuel.

Quant à la théorie qui ne veut voir dans le profit de l'entrepreneur qu'une sorte de salaire, plus élevé que

Page 1