‹ Précis d'économie politiqueChapitre 59 sur 113 · L. B. — £co«. PoL · texte numérisé non relu

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/aire restreint et qu'ils affectent tout le surcroît daj /eurs gains à l'accroissement de leur capital, ils peuvent] avec beaucoup de temps réussir, surtout dans la petite! industrie.

Il est, néanmoins, fort difficile à ces associations d'arriver à un succès durable : ce qui les fait échouer, d'ordinaire, c'est la jalousie, l'indiscipline, la difficulté de rencontrer un bon gérant, et aussi, mais ce n'est encore que la moindre cause, le manque de capitaux.^ Celles de ces sociétés coopératives de production qui réussissent ont en général effectué chez elles une grande concentration du pouvoir de direction ; elles ont peu à peu réduit le nombre de leurs membres effectifs et emploient un certain nombre d'ouvriers non associés qu'elles rémunèrent avec le salaire habituel; enfin, la plupart de ces petites sociétés heureuses finissent par devenir, comme dans l'industrie du coton en Angleterre, de simples sociétés anonymes, c'est-à-dire des associations de capitaux qui n'emploient plus guère que des ouvriers salariés et non intéressés. Si l'on se leporte au chapitre où nous traitons du rôle de l'entrepreneur, on ne s'étonnera pas que le nombre des sociétés coopératives de production qui prospèrent soit si borné. (Voir aussi plus loin, p. 269 à 274, les renseignements statistiques sur la coopération de toute nature en France et à l'étranger.)

Pour résumer tous ces développements relatifs à rassociation ouvrière, le grand et délicat problème, c'est de concilier l'association avec la liberté individuelle. Aussi faut-il bannir toute association ayant un rôle officiel, comme les anciennes corporations, et ne constituer que l'association libre qui n'a de pouvoir que sur ses membres et dont chacun peut sortir à son gré.

APPENDICE A LA TREIZIÈME ÉDITION

L'essor des syndicats profkssioiNNEls de patrons, d'ouvriers et mixtes; les bourses du travail; la confédération générale do travail; l'activité nuisible et l'activité bienfaisante des syndicats. — La loi de 1884 en France sur les syndicats professionnels, dont nous parlons plus haut(page 191), n'est pas restée lettre morte. On a vu immédiatement les syndicats éclore en nombre croissant chaque année. Au 1" janvier 1892, huit ans après la loi les autorisant, les publications officielles-recensaient, en France, 3,811 de ces syndicats et, au 1" janvier 1907, 12,971, à savoir, à cette dernière date : 3,612 syndicats industriels et commerciaux de patrons, 5,322 syndicats ouvriers, 154 syndicats mixtes et 3,888 syndicats agricoles. Le mouvement tend de plus en plus à s'accentuer : dans l'année 1906, le nombre des syndicats de patron^ s'est accru de 321, celui des syndicats ouvriers de 465, les syndicats agricoles ont augmenté de 330, les syndicats mixtes seulement de 14. Le document officiel, à ce sujet, fait remarquer que c'est la première fois, depuis la mise en application de ia loi du 31 mars 1884, qu'il est permis de constater, au cours d'une année, une augmentation aussi considérable de groupements syndicaux. Il est regrettable que les syndicats mixtes soient si peu nombreux. Le nombre total des syndiqués était évalué au 1" janvier 1907 à 1,958,000, dont environ 850,000 membres de syndicats agricoles, 840,000 syndiqués ouvriers, 260,000 syndiqués patrons. ïl ne faut pas oublier que l'on estime à 6 millions le nombre des ouvriers industriels, a autant au moins celui des ouvriers agricoles et des propriétaires ruraux et à 1,500,000 celui des patrons industriels ou commerçants.

Au mouvement syndical se rattache la fondation de Bourses de travail. Depuis 1887 on en a vu se constituer dans les principaux centres industriels. Si elles étaient dirigées dans un esprit uniquement philanthropique et en conformité des lois économiques, elles pourraient rendre de sérieux services, notamment pour répartir la main d'œuvre suivant les besoins variables des diverses localités et des diverses industries. Elles ofTrent ou peuvent offrir aux associations ouvrières un lieu de réunion commun pour centraliser les services de renseignements, dô* placement, les bibliothèques, les cours professionnels, les ateliers d'apprentissage. Au 1" janvier 1907, on en comptait 131, avec 2,586 syndicats adhérents et 455,790 syndiqués. Beaucoup de ces

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