‹ Précis d'économie politiqueChapitre 60 sur 113 · SYNDICATS PROFESSIONNELS; BOURSES DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

SYNDICATS PROFESSIONNELS; BOURSES DU TRAVAIL

établissements sont subventionnés par les municipalités, notamment la célèbre bourse du travail de Paris.

Malheureusement, celle-ci et plusieurs autres en province ont perdu de vue le but économique qui leur était indiqué par la loi et par la nature des choses et sont devenues des instruments d'agitation révolutionnaire, provoquant systématiquement aux grèves et à ce que l'on appelle la lutte de classes.

Les bourses du travail dont celle de Paris, ainsi déviées de leui destination normale, sont tombées dans la dépendance d'une^ association dénommée la Confédération générale du travailA fondée par des ouvriers socialistes en 1895 et qui est devenue l'organe par excellence de la lutte de classes et de la préparation à la révolution sociale.

Il en est résulté des troubles constants et une succession de grèves, souvent sans cause justifiée et marquées par de nombreux excès.

Ces abus et leurs très fâcheuses conséquences ne doivent pas faire perdre de vue que, ramenés et contenus dans la direction pacifique où ils auraient dû se tenir, les syndicats tant d'ouvriersque de patrons, et surtout les syndicats mixtes, s'ils pouvaient éclore plus nombreux, seraient susceptibles d'avoir une influence heureuse.

La loi du 21 mars 1884 a ouvert aux syndicats professionnelg de toute nature un champ d'action très étendu et très varié : elle les autorise, notamment, à constituer entre leurs membres ies caisses spéciales de secours mutuels et de retraites, des offices ou bureaux de renseignements, etc. A un autre point de , vue, elle leur reconnaît le droit d'organiser, en se conformant aux lois spéciales qui peuvent régir ces difi'érentes matières, des sociétés coopératives de production ou de consommation, des sociétés d'assurances mutuelles contre les accidents du travail, contre l'incendie et autres risques, etc., des sociétés de crédit mutuel, de chômage, etc.

Quoique beaucoup de syndicats se soient tenus Ijusqu'ici en (dehors de ces fondations, un certain nombre s'y sont adonnés. Des bibliothèques existaient, au 1" janvier 1905, dans 1,696 syndicats. Quant aux écoles professionnelles ou cours professionnels et conférences, 580 syndicats en avaient institué; 32 avaient créé des concours professionnels et expositions. Un beaucoup plus grand nombre, soit 1,197, avaient fondé des caisses de secours ou de prévoyance; 1,005, des secours de route; 762, des caisses de chômage; 150, des caisses de retraites; 38, des assurances contre xes accidents; 113, des caisses de crédit mutuel; 23 avaient organisé des champs d'expérience; 82, des laboratoires d'analyses ou d'expertises. Les syndicats avaient aussi fondé, à cette date, 157 sociétés coopératives de consommation ou économats. QuanI

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