‹ Précis d'économie politiqueChapitre 65 sur 113 · L. B. — ÉCON.POL. Ij · texte numérisé non relu

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monnaies, dans leur outillage et leur fonds de roulement. S'il en était autrement, ce serait une altération des monnaies.

Il est certaines natures de pièces qui servent, d'ordinaire, d'appoint seulement dans les payements et qui n'ont un pouvoir libératoire que pour les petites sommes, c'est-à-dire qui ne peuvent être imposées par le débiteur au créancier que pour de petites quantités, ce sont les monnaies de cuivre et les petites monnaies d'argent, celles de 20 et 50 centimes, de 1 franc et de 2 francs. En France toutes ces pièces ne contiennent pas la quantité de métal qu'elles devraient contenir pour répondre à leur dénomination légale : ainsi les pièces d'argent de 20 et 50 centimes et de 1 et 2 francs ne renferment que 835 millièmes d'argent, tandis que pour répondre aux exigences de la monnaie parfaite, elles devraient en contenir 900 millièmes. Elles ont donc une valeur moindre que celle que la loi leur attribue. Il en est de même dans une plus forte mesure des monnaies de cuivre, qui ne valent guère que le tiers de leur valeur nominale ou légale. Ces différentes pièces sont ce que l'on appelle du billon, de l'appoint. Elles ne sont pas de la monnaie réelle et complète, parce qu'elles ne contiennent pas le poids de métal qui répond à leur désignation. Aussi ne peut-on être contraint d'accepter pour plus de 5 francs de monnaie de cuivre et pour plus de 50 francs de pièces de 20 centimes, 50 centimes, 4 franc et 2 francs d'argent, dites monnaies divisionnaires. Toutes ces pièces ne constituent pas la monnaie normale; c'est une sorte de monnaie fiduciaire, c'est-à-dire de confiance. L'État ne doit en frapper que des quantités très restreintes.

L'étalon monétaire. L'étalon unique et le double étalon. — Les exigences des transactions qui lei

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unes sont tr^s importantes, les autres très niodiques, ont obligé la plupart des États à recourir à la fois à dillé» rents métaux pour leur système monétaire : l'or, l'argent, le cuivre ou le nickel. L'or ne conviendrait pas aux très petites transactions ; l'argent ne s'adapterait pas aux échanges considérables. Tous les peuples civilisés ont donc en circulation à la fois des pièces de trois métaux.

Ici surgit une question très délicate et très controversée. Un État doit-il, tout en ayant dans son système monétaire des pièces des divers métaux, choisir un seul métal pour en faire la base unique de son système monétaire, conférer à un seul métal le pouvoir libératoire dans les payements de toute étendue, et n'admettre les autres métaux que comme une monnaie facultative, qu'on reçoit par commodité, mais sans y être obligé, du moins au delà d'une certaine somme. Ce système a reçu le nom de système de l'étalon unique. Cet étalon unique peut être soit l'or, comme en Angleterre, soit l'argent, comme dans les Indes anglaises. En Angleterre, un homme qui doit à un autre 4,000 livres sterling ou 100,000 francs ne peut se libérer valablement qu'en or; il ne peut imposer à son créancier de la monriaie d'argent, sinon pour une très faible somme, tout à fait insignifiante. Aux Indes, au contraire, qui ont aussi l'étalon unique, mais l'étalon unique d'argent, un débiteur peut valablement s'acquitter des 400,000 francs qu'il doit à son créancier en lui remettant ces 400,000 francs en monnaie d'argent ; le créancier n'a pas le droit de demander de l'or et il pourrait refuser aussi le payement en or.

Le système de l'étalon unique a été baptisé récemment du nom inexact de monométallisme.

En face de lui se dresse le système du double étalon.

Il n'est question nulle part du triple étalon, parce que tous les Etats modernes ont refusé au cuivre la plénitude de la fonction monétaire, et ne considèrent ce dernier métal que comme du billon, pouvant servir seulement aux petits appoints. Mais un certain nombre d'États ont voulu que l'or et l'argent eussent exactement la même puissance libératoire dans les payements de toute importance; il en résulfe que dans ces États un .débiteur peut valablement se libérer d'une somme do 1100,000 francs ou de 1 million soit uniquement en pièces 'd'argent, soit uniquement en pièces d'or, à son choix. Dans ce système qui a reçu récemment le nom de bimétallismey l'or et l'argent ont donc des droits absolument égaux dans la circulation monétaire. D'autre part, le créancier ne sait jamais d'avance en quel métal il sera payé, si ce sera en or ou en argent; il n'a aucun droit de réclamer l'un plutôt que l'autre.

Dans ce système du « double étalon » ou du « bim^ tallisme », les deux métaux ayant exactement le mêmt pouvoir libératoire, il a fallu établir entre eux un rapport fixe et inaltérable de valeur. On a adopté en France, au commencement du siècle, par la loi de l'an XI, le rapport de 1 à 15 1/2, c'est-à-dire que 1 gramme d'or dans nos lois monétaires a exactement la môme valeur que 15 grammes 1/2 d'argent.

I De ces deux systèmes opposés « l'étalon unique » ou « monométallisme », et « le double étalon » ou « bimétallisme », lequel est dans la vérité scientifique et offre Je plus d'avantages ^ "a tiques?

Le « double étalon » ou « bimétallisme » offre un inconvénient fondamental qui doit le faire repousser : il est contraire à la nature des choses. Il repose sur l'hypothèse que le rapport de valeur des deux métaux peut rester toujours identique. Gela est contraire à la nature.

Décréter que, à tout jamais, 1 gramme d'or ne vaudra ni plus ni moins que 15 grammes i/2 d'argent, c'est à peu près comme si l'on décrétait que 1 hectolitre de blé vaudra toujours exactement 2 hectolitres d'avoine, ou qu'une livre de laine s'échangera toujours exactement contre 2 livres de coton. La production de l'or et la production de l'argent sont influencées par des circonstances très diverses : l'abondance des mines, les progrès techniques dans l'extraction, enfin la demande de ces métaux, soit pour les usages industriels, soit pour la monjiaie. Or, ces influences n'agissent jamais dans le même sens et avec la même intensité, au même moment, sur chacun des deux métaux, de sorte que le rapport de valeur entre eux est toujours variable.

Dans les pays à double étalon, quand le rapport de valeur entre les deux métaux en lingots devient autre que le rapport légal entre les deux métaux à l'état de monnaie, celui des deux métaux dont la valeur réelle a monté, tend à quitter le pays; on l'exporte. Si, par suite de diverses circonstances, 1 gramme d'or arrive à valoir 20 grammes d'argent, au lieu des 15 grammes 1/2 qu'ont fixées nos lois monétaires, l'on apportera aux hôtels de monnaie beaucoup de lingots d'argent pour les transformer en pièces d'argent de 5 francs que l'on échangera ensuite, autant que possible, contre des pièces d'or de 20 francs et l'on fera fondre ces dernières ou on les exportera, puisque, à l'état de lingots ou à l'étranger, elles s'échangeront contre un poids beaucoup plus considérable d'argent qu'elles ne le faisaient suiis la forme de pièces. Un État à double étalon est donc toujours menacé de perdre sa monnaie la plus précieuse, c'est-à-dire celle dont la valeur est en hausse sur le marché des lingots. Il ne peut éviter cette perte qu'en [armant ses hôtels de monnaie et en refusant, dans les

230 LA CIRCULATION DES HlCfiËSSËS.

banques, de livrer celle des monnaies dont la valeur a haussé.

Aussi le système du double étalon ou bimétallisme est-il contraire à la nature des choses et à l'utilité pratique. Un contractant pour une échéance soit prochaine, soit lointaine, ne sait jamais en quelle monnaie il sera payé. En France, par exemple, on ne peut jamais être assuré de pouvoir se procurer, sans payer une prime, pour 100,000 francs ou pour 1 million d'or, parce; que la France est un pays à double étalon. En Angleterre, au contraire, on est certain de pouvoir se procurer de l'or à tout moment, parce que c'est un pays à étalon d'or et que l'or y est la seule monnaie légale dans laquelle doivent être acquittés tous les engagements; c'est là pour le commerce anglais un avantage précieux.

Altérations dans le rapport de valeur de l'or et de l'argent. — Le rapport de valeur entre l'or et l'argent s'est altéré à travers l'histoire, en général dans le sens d'une augmentation de la valeur de l'or par rapport à l'argent. Dans l'antiquité, un poids d'or valait, d'ordinaire, avec des variations fréquentes, un poids 8 à 10 fois plus considérable d'argent; le rapport était donc de 1 à 8 ou 10. Il resta de 1 à 10 pendant la plus grande partie du moyen âge. Les mines découvertes en Amérique au XVI* siècle étant surtout des mines d'argent, le rappon de valeur monta delà 15, c'est-à-dire que un poids d'oi s'échangeait contre 15 fois le même poids d'argent. 11 oscilla, depuis le xvi' siècle, entre 1 à 14 et 1 à 15 1/2. Enfin depuis 1873 il s'est élevé graduellement, au point qu'il est, en 1906, de 1 à 30 : 1 gramme d'or en lingot vaut 30 grammes d'argent, ce qui est en contradiction avec nos lois monétaires.

Les causes de ces variations sont diverses; mais voici

les deux principales : les changements dans la production des deux métaux, la production de l'argent s'étant énormément accrue, tandis que celle de l'or a, pendant un temps, diminué (1); en second lieu, et c'est la raison principale, l'or est, pour des sociétés riches où les. sommes distribuées, comme traitements, salaires, bénéfices, sont de plus en^plus considérables, un instrument "d'échange beaucoup plus parfait que l'argent.

Un pays peut avoir une trop grande quantité de monnaie. — Si les métaux précieux sont une marchandise ayant par elle-même une valeur, s'ils entrent dans la composition de la richesse d'une nation, ils sont très loin de composer soit la totalité, soit la plus forte part de cette richesse, La portion la plus importante de la richesse d'un pays, ce sont les fonds de terre productifs, les maisons, les usines, les animaux domestiques utiles, l'outillage de toute nature, les approvisionnements de marchandises de toutes sortes, en un mot, les capitaux qui servent à la production ou les objets que l'humanité consomme directement.

La monnaie est une marchandise utile, mais d'une utilité particulière; elle ne rend aucun service direct, puisqu'on ne la consomme pas et qu'elle ne sert à aucun besoin personnel de l'homme, sinon en s'échangeant contre d'autres marchandises. Elle ne rend donc qu'un service indirect, celui d'être un intermédiaire dans

(l) La part de l'argent dans la production totale desdeux métaux précieux n'était que de 22 0/0 de 1851 à 1855; elle devint de 4H 0/0 de 18"1 à 1880 et de 51 0/0 de 1881 à 1885. A partir de 1802 la production annuelle de l'or, accrue par les mines du Transvaal, a atteint 7 ou 800 millions, puis 1,200 millions en 1897, près de 1,500 en 1898, plus de 1,600 en 1899 et est retombée, à cause de la guerre du Transvaal, à 1,320 millions en 1900; elle est remontée à 1,G87 millions en 1903, 1,813 millions en 1904 et 2,073 millions en 1906, 2,098 en 1907 et 2,200 millions en 1908; la production annuelle de l'argent atteint, en 1908, 1,200 millions d'après le tarif monétaire officiel en France, mais n'a que 550 millions de valeur actuelle réelle.

les échanges. Il est bon qu'une nation ait une certaine abondance de monnaie, pour qu'elle ne se trouve pas, par exemple, dans l'embarras quand elle a des payements à faire au dehors; mais c'est pour une nation un superflu de richesse mal employé que d'avoir trop de monnaie.

Les peuples les plus riches ne sont pas ceux qui possèdent le plus de richesse métallique. L'Angleterre, ne détient que 3 milliards 400 millions de métaux précieux monnayés, dont 2 milliards 800 millions d'or et 600 millions d'argent; les États-Unis, qui ont une prodigieuse richesse et 93 millions d'habitants en 1910, possèdent 11 milliards 600 millions de monnaie d'or et d'argent, dont plus de 8 milliards d'or et 3 milliards 600 millions d'argent. La France, moins peuplée et moins riche que les États-Unis et l'Angleterre, détient relativement beaucoup plus de monnaie, environ 8 milliards, dont 5 milliards 1/2 d'or et 2 milliards 1/2 d'argent.

C'est une richesse mai employée : il vaudrait mieux qu'elle n'eût que 5 ou 6 milliards d'or et d'argent et qu'elle possédât pour 2 ou 3 milliards de plus d'usines, de machines, d'instruments de travail. Son revenu en serait accru, parce que la monnaie ne produit pas de revenu pour un pays, et que les usines, les machines, les instruments de travail de toutes sortes peuvent en donner un. Un peuple qui conserve trop de monnaie métallique est dans la situation d'un particulier qui garderait une notable partie de sa fortune sous la forme de monnaie entassée dans un coffre-fort; ce particulier se priverait du revenu du capital ainsi immobilisé. Il est donc bon pour un peuple de prendre des habitudes commerciales qui le dispensent d'avoir trop de monnaie. On verra dans le chapitre suivant quelles sont ces habitudes et à quels moyens ingénieux on peut

recourir, pour diminuer, sans jamais pouvoir le supprimer, le rôle de la monnaie d'or et d'argent dans les échanges.

Les variations de valeur des métaux précieux. — Il est une autre erreur courante au sujet de la monnaie. Nous avons dit qu'elle était une mesure de la valeur, un valorimètre; ce'a est vrai dans un sens relatif, mais non d'une façon absolue et mathématique. La monnaie n'est pas, comme le mètre ou le kilogramme, une mesure invariable. La longueur du mètre étalon et le poids du kilogramme étalon ne changent pas ou du moins cette longueur et ce poids ne sont soumis qu'à des influences atmosphériques ou autres qui les modifient dans une proportion si infinitésimale qu'on peut dans la pratique n'en tenir aucun compte.

L'or et l'argent, au contraire, qui servent de valorimètre ou de mesure des valeurs, peuvent subir eux-mêmes dans leur propre valeur des variations plus considérables. Il suflit que la production de ces métaux augmente ou se restreigne dans des proportions notables pour que leur vaisur propre puisse en être affectée; ils ont dans ces deux cas soit un moindre soit un plus grand pouvoii iJ'achat, c'est-à-dire qu'ils peuvent s'échanger contre une plus grande ou une moindre quantité de marchandises. A-insi la découverte des mines d'argent du Pérou et du Mexique au seizième siècle a certainement diminué la ^râleur de ce métal, c'est-à-dire son pouvoir d'achat. De même les découvertes des mines d'or en Australie et en Californie ont pu, dans une certaine proportion, probablement assez légère, réduire la valeur de l'or. De cn^me encore, la découverte de riches mines d'argent depuis 1871 a, dans une certaine mesure, déprécié l'argent.

Ces variations de valeur sont, toutefois, beaucoup

plus rares et moins étendues pour les métaux précieu surtout pour l'or, que pour les autres marchandises^ elles exigent plus de temps pour se produire et ne se manifestent pas avec la même soudaineté. Il faut ajoute que l'or et l'argent produits ne se consommant pas, n disparaissant pa^, mais venant chaque année s'ajoiiler à la quantité considérable de l'or et de l'argent accumulés pendant toute la série des siècles antérieurs, la masse existante de ces métaux précieux est vingt-cinq ài trente fois plus considérable que la production annuelle:^ la plus forte (1). Gela suftit pour donner à la valeur de l'or et de l'argent, surtout de l'or qui est moins répandu dans la nature, une plus grande stabilité relative que celle dont jouit la valeur des autres marchandises.

Aussi, sans être une mesure absolument stable et toujours identique des valeurs, les monnaies de métaux précieux, surtout celle d'or, peuvent être considérées comme les mesures les meilleures que Ton ail pu trouver de la valeur des choses. On peut même dire que, lorsqu'il s'agit de périodes de courte durée, comme celles que comportent les transactions commerciales, ou de périodes de dix, quinze ou vingt ans, comme celles qu'embrasse la généralité des contrats civils, l'or est une mesure suffisamment précise et stable pour qu'il n'y ait pas lieu de s'inquiéter des ' fluctuations légères que l'augmentation ou la restriction \ de sa production peuvent amener dans son pouvoir d'achat.

Ces fluctuations dans la valeur de l'or sont si faibles, si graduelles, si insensibles, quand on embrasse une période de quinze ou vingt ans, que jamais les écrivaine { spécialistes les plus consciencieux et les plus érudili

(1) Voir la note de la page 221.

n'ont pu se mettre d'accord sur la question de sav si, dans un intervalle de cette durée, l'or a par 1 même haussé ou baissé et dans quelles proportions seraient manifestées cette hausse ou cette baisse.

Ainsi, sans être des instruments d'une perfection* absolue, l'argent et surtout l'or ont été dans le passé et resteront dans l'avenir les objets les plus qualiûés par leurs propriétés naturelles pour jouer le rôle de monnaie el de mesure dans les échanges (1).

(1) La situation monétaire des pays de l'Europe occidentale est aujourd'hui troublée et incertaine. En 1865 quaifc pays, la France ntalie, la Belgique et la Suisse, formèrent une entente qui reçut Iw Dom d'Union latine. Les monnaies de ces quatre puissances étaient frappées d'après les mêmes types et devaient avoir cours sur le territoire entier des quatre Eia»s contractants. Le système de VUnion 't'^t»" r'T'^*:!»'» "^u^ lo principe do double étalon, avec le rapport d« I à 15 1/2 entre la valeur de l'argent et celle de l'or. La Grèce adhéra postérieurement à cette Union. Depuis 1871 l'argent en lingots ayant considérablement baissé de prix, les banquiers en faisaient frapper d'énormes quantités aux hôtels des monnaies des quatre États et échangeaient les pièces de 5 francs qu'ils obtenaient ainsi contre des pièces d'or qu'ils fondaient ou exportaient. Menacées de perdre tout leur or, lesquatre puissances de VUnion Za/me tinrent plusieurs conférences monétaires. En 1874 on limita pour les quatre États la quantité de monnaie d'argent qu'il serait loisible à chacun d'eux de frapper. On fit de même en 1875; puis on arriva à interdire absolument en 1876 la frappe de toute monnaie d'argent dans ces quatre pays. On a donc abandonné en fait le système du doub'e étalon, sans avoir adopté celui de l'étalon unique d'or. L'Union latine est menacée, en ce moment, de dissolution; plusieurs des États qui la composent, la Suisse et la Belgique, inclinent à adopter l'étalon uni(iue d'or, ce qui serait la meilleure solution pour tous. En 1894, une convention passée entre la France et l'Italie a fait restituer par la première à la seconde, toutes ses pièces d'argent divisionnaires, c'est-à-dire les pièces de 2 francs, I fr., 50 et 20 centimes; toutes ces pièces, à partir de juillet 1894, ont cessé d'avoir cours en France. Depuis une demi-douzaine d'années déjà, tous les pays civilisés, y compris le Japon, ont abandonné, soit en droit, soit en fait, le régime du double étalon et adopte l'étalon d'or. Le Mexique lui-même, le plus grand producteur d'argent du monde, a adopté l'étalon d'or par une loi du mois de décembre 1904.

23o * LA CIRCULATION DES RICHESSES

Après une longue période pendant laquelle les cours du métal argent étaient demeurés en stagnation, ils ont subi de fortes variations pendant et depuis la grande guerre mondiale de 1914-1918, variations dues à la situation économique générale créée par les événements qui se sont fait particulièrement sentir sur les éléments monétaires. I

I Voici quels ont été les cours moyens annuels des années qui ont précédé la guerre en y comprenant les années 1914 et 1915 pendant lesquelles le prix du métal argent n'a pas été influencé. Ces cours sont ceux du marché de Londres. L'unité de poids est l'once, soit 31 gram. 1.

1909. .... 23 ^g de pence 1912 28 g| de pence

Cette moyenne se relève en 1916 à 31 7 de pence

et s'élève à 40,85 pence en 1917, et à 47,52 pence en

1918. Jusque-là, cette hausse paraît normale en raison de l'inflation fiduciaire et de ]'« appréciation » en somme d'un métal précieux, à ce moment relativement rare. Mais en 1919 les cours montent sous l'action, pour une part, de la spéculation. Au début d$

l'année, le cours est de 48 ;{^ pence et il monte rapi»!

dément. Son plus haut prix est coté le.lG décerabri

1919, où il atteint 79 r pence, le prix moyen annuel||

a été cette année-là de 57 pence. Au commencement

le 1920, nouvelle hausse : il arrive au maximum de sa cote, le 15 février, avec le cours de 89 ^ pence.

Mais à partir du mois de juin, la baisse vient, avec le

cours de 45 ^ pence. Au début de la présente année

1921, le cours oscillait autour de 40 pence; en juin, il était aux environs de 34 pence.

Un moment, les partisans du bi-métallisme purent oroire à la possibilité d'un retour à ce système. Cette hausse ne futqu'un incident qui ne porte pas atteinte au principe de l'étalon- d'or unique.

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